10 : Fay-sur-Lignon à Bigorre

Dans le patrimoine du monde rural

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-fay-sur-lignon-a-bigorre-par-la-via-gebennensis-adresca-33138197

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Le chemin se rapproche à grands pas du Puy-en-Velay. Aujourd’hui encore, le chemin va jusqu’au bout du grand plateau et ses petites collines de St Agrève, avant de plonger demain sur Puy-en-Velay.

Ici, les organisateurs du Chemin de Compostelle de la Via Gebennensis escamotent le passage à Bigorre, qui est un peu à l’écart du chemin. Sur le chemin de Bigorre, il y a d’abord le très beau village de St Front. Ce dernier comme Bigorre est un vrai bijou, avec et ses ruelles tortueuses, ses maisons de pierre volcanique enchâssées autour de l’église, donnant à l’ensemble un aspect moyenâgeux. Bigorre est encore plus beau, même si ce n’est pas un vrai village. C’est un village de chaumières classé, un ensemble d’une vingtaine de maisons de pierre volcanique, aux toits en pente recouverts de chaume ou, lorsqu’ils sont refaits, de lauzes. La structure des maisons et des toits est faite pour résister aux attaques des rudes hivers de la région. Ici, vous rencontrerez de grands amoureux du patrimoine qui retapent leurs petits chefs-d’œuvre aux périodes de loisir.

 

Difficulté du parcours: Les dénivelés (+346 mètres/-389 mètres) sont aujourd’hui très raisonnables. C’est une étape sans difficulté, et les pentes sont assez douces. Et quand elles augmentent, c’est surtout en descente.

Dans cette étape, les passages sur chemins sont nettement supérieurs aux trajets sur route :

  • Goudron: 4.7 km
  • Chemins: 11.0 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

 

Section 1: Le long du tranquille Lignon.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

C’est assez paradoxal mais dans toute cette région, la Via Adresca est nettement mieux fléchée que tous les GR qui passent ici, le GR7, le GR420 ou le GR430 qui font la grande tournée du Massif du Mézenc et du Gerbier de Jonc. Disons, sans blesser personne, que ces itinéraires sont peu utilisés (on ne rencontre pour ainsi dire aucun promeneur sur le chemin). Les gens doivent aller visiter ces volcans célèbres en voiture, le plus près possible, et faire le reste à pied. La Via Adresca, elle, quitte le village en suivant l’itinéraire intitulé “Entre Pins et Fayards”, descendant sous le village le Chemin du Lignon, une petite route goudronnée.
La route passe devant un camping, où le monde ne se presse pas pour dire que nous sommes en été, et gagne la plaine où coule la rivière.
Le Lignon, qui prend sa source au mont Mézenc, à deux pas d’ici, est une rivière importante de Haute-Loire. Ici, ce n’est encore qu’un gros ruisseau, mais elle grossit en traversant une partie du Velay, pour rejoindre la Loire. Vous la trouvez à Tence, si vous suivez la Via Gebennensis.
La route remonte la rivière jusqu’au pont jeté sur la rivière où passe la départementale D500 qui sort de Fay-sur-Lignon.
Au carrefour, elle prend la petite départementale D26, passe devant un cimetière à voitures, si caractéristique de la France profonde. Elle suit la route jusqu’à trouver sur la gauche une petite route qui monte vers Mont Haut. C’est aussi la direction empruntée par les GR.
La route passe devant les rares mais belles maisons en pierre basaltique de Mont Haut.
La route se termine en impasse et un chemin s’en va le long des sous-bois d’épicéas et de frênes. En dessous, où coule le Lignon, la campagne est juste magnifique.
Le chemin arrive bientôt à Mont Dernier, et un petit tronçon d’asphalte traverse le hameau, avant de retrouver le chemin dans l’herbe. Ici, tous les chemins sont communs, mais, comme dans cette étape, parfois les chemins divergent aussi, comme dans toute la traversée de l’Ardèche, il vaut mieux suivre toujours les coquilles de la Via Adresca.
Le chemin entre dans le Bois de la Bâtie, monte en pente douce entre prés et haies de sous-bois. Même si le basalte est la pierre de choix pour les maisons de la région, le sous-sol est avant tout du granite.
Le chemin baptisé ici “Entre Fayards et Pins” est une ancienne voie romaine, désossée avec le temps. Il y a bien sûr quelques pins, mais surtout des épicéas. Les fayards sont de petits hêtres, mais en plus, on rencontre toujours de nombreux frênes.

Section 2: Entre forêt, pâturages et lac.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème, avec parfois quelques pentes plus soutenues.

Quand le sous-bois s’ouvre la perspective est belle sur les doux vallonnements et sur le Mont Mézenc, qui se détache toujours à l’horizon.
Un peu plus loin, le chemin quitte le Bois de la Bâtie, pour s’aérer dans un paysage que l’on dira de carte postale, mais qui est plus que cela. Il va longer la forêt près des épicéas et des genêts.
Puis, le chemin oscille à nouveau entre sous-bois et clairières…
… avant de sortir dans les prés, dans une très grande clairière.

Le chemin arrive à une bifurcation, visiblement à la fin du chemin intitulé “Entre Pins et Fayards”. Il y a deux chemins de Compostelle ici, un qui évite le lac, l’autre qui y passe. Suivez plutôt la Via Adresca qui même au lac, comme le font aussi les GR.

Le chemin se dirige à nouveau dans les prés vers le Bois de la Bâtie. Assez rapidement, on aperçoit le lac en dessous.
Le chemin remonte alors en pente douce entre les genêts et les murets de granite vers la forêt.
A l’orée du bois, les chemins qui y passent sont plus nombreux que les randonneurs qui transitent par ici. Notre chemin est celui qu’empruntent les randonneurs qui vont vers le mont Mézenc, à 3.8 kilomètres de St Front.
Le chemin descend alors dans le sous-bois vers le lac. Le lac de St Front est en fait une propriété privée. C’est un peu comme dans les Laurentides au Québec, où on pouvait louer à l’année un lac pour la modique somme de 1 dollar. Ici, cela doit être un peu plus cher sans doute.
Le chemin arrive au bord du lac, le cratère d’un ancien volcan. Il y a une colonie de vacances présente, mais les touristes ne se poussent pas au portillon au bord du lac. Le lac est tranquille, charmant. On y pratique la pêche, sans doute avec autorisation du propriétaire.
Une route remonte du lac pendant près d’un kilomètre vers la forêt de Chaudeyrac, jusqu’à trouver sur sa droite le PR61, un chemin qui retourne sur les hauts du lac.
Puis, un large chemin va longer assez longuement la forêt de pins et d’épicéas au dessus du lac.

Section 3: En passant par le beau village de St Front.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Puis, on perd de vue le lac, avec de front le mont Mézenc, qui apparaît un peu plus près, et d’autres petits volcans de Haute-Loire. Le chemin va alors osciller, dans la terre battue souvent ocre, entre prés et petits sous-bois.
Le chemin traverse alors les prés et on aperçoit bientôt St Front devant soi.
Au bout du plateau, un chemin très caillouteux descend en pente assez raide vers le village, qui apparaît uniformément gris.
Au bas du village, la route traverse le petit ruisseau de la Gazelle, qui serpente dans les cailloux.
Au bas du village se trouve aussi un grand gîte d’accueil. En été, vous y trouverez surtout des colonies de vacances. Des ruelles étroites mènent au centre du village.
St Front est un charmant village de 400 habitants, avec tous les commerces. C’est un plaisir de musarder ici dans les étroites ruelles, les petites places et les solides maisons de basalte. Une Vierge veille sur les vieilles pierres en face de l’église.
L’église romane du XIIe siècle est un vrai bijou, en pierres de basalte, même si on lui a accolé une bâtisse en pierre, mais qui, ici, ne dépareille pas. On lui a fait de légères adjonctions par la suite. Elle possède un clocher en peigne, comme souvent les églises en Haute-Loire et un balcon en pierres. L’intérieur est tout en ferveur contenue, comme le sont d’ordinaire les églises romanes.
Près de l’église notez aussi une haute croix du XVIème siècle faite d’une seule pierre
Vous pouvez passer la nuit au village. Mais, si vous décidez d’aller jusqu’à Bigorre, ce qu’on vous encourage de faire, c’est à 5 kilomètres d’ici, si vous n’avez pas les jambes trop lourdes. D’ailleurs, cela vous raccourcira aussi l’étape du lendemain.

A St Front, ce jour-là, les colonies de vacances sont de sortie et la route quitte le village en gagnant un carrefour sur le plateau.

La Via Adresca part un moment sur la départementale D39, la route qui relie St Front au Puy. Ici, nous sommes maintenant sur des PR, hors GR. Considérez donc les coquilles de Compostelle à partir d’ici ou les signes de PR.
Mais rapidement, la Via Adresca prend une route de terre carrossable, qui file sur le plateau le long de la forêt d’épicéas. On a toujours devant soi la ligne des volcans de Haute-Loire que l’on suit depuis hier, bien que les petits volcans du Velay ne soient pas dans cette direction. Il faut suivre la Via Gebennensis pour les voir.
Survient alors un court passage sur le goudron.
Puis, un chemin part dans la forêt. Ici, lors de notre passage, les jeunes du village jouaient au Moyen-âge.
Le chemin ne reste pas longtemps dans le bois. Il en ressort, au bord de ce magnifique haut plateau où dansent à l’horizon les éoliennes et encore, un peu plus loin, le Mont Alambre, voisin du Mont Mézenc. C’est flippant de grandeur et d’air pur.
Dans l’herbe et le long des petits murets de granit, le chemin arrive sur une route de terre battue que l’on suit sous les frênes. On aperçoit devant soi le village de Machabert.

Section 4: Montagnes russes vers Bigorre.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Le chemin de terre battue rejoint alors la D36, au début du village de Machabert.
Une belle croix de granite est plantée au début du village, et rapidement un chemin ressort du village, sans le traverser.
Un large chemin de terre battue repart alors sur un haut plateau, où poussent les pins, les épicéas, les érables et les frênes. Apparemment, le mauvais champignon qui attaque cette espèce n’a pas encore passé par ici, à moins qu’ici, les arbres aient trouvé un antidote à l’infection.
Le chemin entre alors dans le Bois de la Fayolle. La forêt est aérée, belle, comme presque toutes les forêts de la région. Parfois, le granite affleure.
Derrière les conifères, le chemin amorce une descente. Le miel doit être bon ici, loin des pesticides. Au lointain horizon apparaissent, derrière les puys du Velay, les contreforts du Massif Central, le Dévès, la Margeride et l’Aubrac, où passe la Via Podiensis depuis le Puy-en-Velay.
Puis, le chemin, qui est plutôt une route carrossable, descend sur le village de Bournac. La pente n’est pas vertigineuse, n’excédant pas 15%, au milieu des pommes de pin qui jonchent le sol.

C’est à Bournac que se trouve la bifurcation pour Bigorre. Si vous voulez y passer la nuit, c’est à environ à 1 kilomètre d’ici. Il ne faut pas descendre dans le village, mais prendre la route dans l’autre direction. Vous reviendrez à Bournac le lendemain pour continuer le chemin.

Il suffit de suivre la route, qui descend d’abord dans le vallon, puis remonte vers le hameau.

Bigorre, ce sont ces exceptionnelles maisons de basalte jointoyées sous leurs toits de chaume, plus ou moins vieilli. Ici, le chaume est surtout de la paille de seigle. Mais, cela vieillit bien vite, et alors il faut refaire la toiture. Alors, certains envisagent ou l’ont déjà fait de remplacer le chaume par des lauzes, tout aussi élégantes d’ailleurs. Ici, on trouve un musée du patrimoine, mais le hameau est aussi un musée à ciel ouvert.
Bigorre, c’est aussi L’Herminette, un gage de charme et de bonheur simple.