08: La Côte St André à Revel-Tourdan

Sur les galets et les “feytas” de la Bièvre-Valloire

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-la-cote-st-andre-a-revel-tourdan-par-la-via-gebennensis-34274954

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

La Bièvre-Valloire est une très large vallée ouverte, jouxtant la vallée de l’Isère jusqu’à rejoindre le Rhône. A la Côte St André, nous sommes à peu près à mi-chemin de cette vallée qui va de Grenoble à Vienne, au bord du Rhône. Grosso modo, à l’est, c’est la Bièvre, à l’ouest la Valloire. Cette grande vallée à fond plat parle pour une origine glaciaire, ce que corrobore la présence nombreuse de dépôts morainiques.

Il est hors de propos de donner une idée détaillée de la géologie de cette région et des conditions qui en ont façonné la représentation actuelle. Vraisemblablement, toute remonte ici aux dernières époques glaciaires. Des périodes de glaciations et de dégel ont eut lieu tout au long de l’histoire de la terre. Les plus connues sont les dernières, qui ont eu lieu à l’époque dite quartenaire. C’est alors que vit l’homme de Neandertal, qui apparaît 430’000 ans avant nous et disparaît vers 35’000 ans avant notre ère.

Ici, à ces périodes, les glaciers du Rhône et le glacier de l’Isère confluaient sans doute (http://www.geoglaciaire.net).

 

Ce décor, on l’a déjà connu la veille depuis que le chemin est passé au Grand Lemps. L’étape du jour se déroule peu au-dessus de la grande auge de la Bièvre, large de plus de 6 kilomètres, sur les collines morainiques latérales formées par les glaciers qui ont progressivement laminé et rongé la plaine de la Bièvre.
La plaine est ainsi limitée par deux lignes de collines relativement symétriques, constituées par des moraines d’origine fluvio-glaciaire. La Bièvre vient du mot “castor, bever en anglais”. Est-ce que les castors pullulaient ici, après la fonte des glaciers, dans les amas de petits ruisseaux, de rivières et de cailloux charriés auparavant par les glaciers? La plaine et les collines sont par conséquent le fruit du travail de ce bulldozer, de ce véritable rouleau compresseur que l’on appelle glaciation et dégel, qui a laminé, poncé ces milliards de cailloux et de galets qui truffent le sol. Une moraine se forme à la surface, sur les côtés et à l’avant d’un glacier. Elle est faite d’une diversité de blocs de roches de différentes dimensions qui proviennent des versants et du fond de la vallée glaciaire. Les glaciers ont surtout charrié des calcaires et des grès. Quand la glace a fondu, les cailloux sont restés. Vous vous en êtes rendu compte l’étape précédente, et ici cela ne va pas baisser.

Le sol de la région évoque souvent le spectacle d’une grande nécropole de cailloux roulés. Souvent aussi, les alluvions sont recouverts d’une gangue plutôt limoneuse, fauve et rougeâtre. Quoiqu’il en soit, les sols sont faits d’un grand mélange de matériaux d’origine alpine. Les terrasses sont les cimetières des roches étrangères charriées par les glaciers. Elles abritent toute la panoplie des gneiss, des schistes, des grès, et bien entendu tous les calcaires. Alors, la nature transforme tout ce matériel, donnant des nappes de graviers, mais aussi des plages de sable et beaucoup d’argile, dont on s’est servi pendant des siècles pour faire le pisé des maisons du Dauphiné. Evidemment, si la terre végétale recouvre ces structures, le sol est bon pour la culture. Sinon, c’est la pauvreté absolue. Quand les moraines dominent, le sol est avant tout gluant, gras, argileux et profond, de nature souvent imperméable.

Aujourd’hui, l’étape est courte, et se dirige plein ouest.

Difficulté du parcours: Les dénivelés (+241 mètres/-210 mètres) sont insignifiants. En fait, il n’y a que la montée à Pommier-de-Beaurepaire qui vous coûtera un peu d’énergie.

 

Aujourd’hui, on marchera sur le goudron ou sur les chemins, à part égale :

  • Goudron: 10.9 km
  • Chemins: 11.0 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Section 1: Légères montagnes russes sur les collines.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucun problème.

Le GR65 quitte le centre-ville de la Côte St André vers l’ouest en rejoignant le Pôle Emploi, près duquel se dresse un mémorial pour le peintre Johan Barthold Jongkind, considéré comme l’un des précurseurs de l’impressionnisme, un aquarelliste et graveur hollandais, qui passa les dernières de sa vie dans la cité où il est enterré.
La route sort de la cité dans une banlieue ancienne, le long de murs de galets. Dans toute cette région du Bas Dauphiné et de la Bièvre, les murs de galets sont légion. Les galets sont de deux origines. Lors de la mise en place des Alpes, l’érosion a arraché des blocs de pierre, de toutes tailles, aux massifs cristallins et aux Préalpes calcaires. Ce matériel est avant tout des poudingues, des roches constituées d’anciens galets arrondis ou des brèches, avec des pierres anguleuses, cimentées et transportées sur de longues distances et roulées par les rivières. Lorsque ces régions ont été recouvertes de la mer et que les sédiments se sont déposés, les poudingues et les brèches, des grès et des calcaires ont été emprisonnés dans la masse. Puis, quand la mer s’est retirée, les eaux de ruissellement ont libéré ces galets et les ont roulés plus encore. La seconde origine est liée au travail des glaciers de l’Ere Quaternaire. Ces forces de la nature ont véhiculé des galets qui se sont déposés en terrasses formant des moraines et des terrasses le long des vallées glaciaires.
La route sort de la banlieue en longeant le cimetière et quitte la cité sur la petite route goudronnée du Chemin du Pré Soldat, au lieudit La Croix Soulier.
La route part en pente douce dans la campagne.
Bientôt, elle arrive près d’un grand mur. On dirait une enceinte de forteresse. Sans doute, il y avait ici une grande demeure derrière le mur, mais aujourd’hui, ce ne sont plus que des champs de céréales.
Elle va faire le tour de la propriété le long du mur d’enceinte.
Au bout du Chemin du Pré Soldat, la route traverse brièvement une départementale assez passante, la D518A.
La route emprunte alors le Chemin de Fagot, en dessous de la départementale.
Puis, elle puis remonte en pente plus prononcée le Chemin de la Chapelle, où se situe la petite chapelle St Michel près d’un cimetière.

La route rejoint alors le carrefour des Berlandières, près de la départementale.

La route continue alors sur le Chemin de Berlorin dans les maïs.
Après être passé devant un réservoir, la route arrive au bout du Chemin de Berlorin au lieudit La Roberne.
Le GR65 s’engage aussitôt dans un mauvais chemin au milieu des herbes folles.
C’est le genre de chemin de la Bièvre, de gros cailloux arrondis par le temps qui roulent constamment sous le pied. Quand on peut les éviter, trouver un peu de terre durcie, on le fait, mais ce n’est pas toujours ainsi.

Au sommet de la côte, qui n’est pas longue, le chemin pierreux rejoint une petite route près du village de la Poyat.
Au sommet de la côte, qui n’est pas longue, le chemin pierreux rejoint une petite route près du village de la Poyat.

Section 2: Montagnes russes légères avant les marais et la plaine.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucun problème.

On traverse le village d’Ornacieux en passant devant la mairie et l’église, refaite au XIXème siècle, montrant de beaux galets roulés. Ornacieux s’honore d’une bienheureuse chartreuse, Béatrice d’Ornacieux, née au XIIème siècle et béatifiée à la fin du XIXème siècle.
Ces petits villages arborent encore fièrement de belles demeures faites de pisé ou de galets roulés. Mais, la vie sociale a disparu sans doute depuis belle lurette, quand il n’y a plus de bar ou surtout de boulangerie, le coeur des petits villages de France.
Ici, nous sommes à 4 kilomètres de marche de Faramans.

Ici aussi, autrefois, la vie sociale se regroupait devant le lavoir communal. Il ne reste que de beaux murs en galets et l’eau qui y coule est non potable. Des galets, il y a encore en abondance dans le pays. Encore aujourd’hui les champs en sont remplis. On les utilise pour décorer le jardin, en faire des allées. Les ancêtres les utilisaient à foison pour décorer les façades de leurs maisons de pisé, les églises, et les murets. Aujourd’hui, on recommence à bâtir des murs avec ce matériau qui a l’avantage d’être, disons-le gratuit, et que l’on associe souvent à la brique rouge.

La route quitte le village, transite devant une belle croix de pierre. Dans le pays, ce ne sont pas les petits cailloux qui manquent pour les dévotions que déposent les pèlerins au pied des croix.

En-dessous, s’étale la plaine de Bièvre, ses prés et ses cultures.

La route descend entre prés et bouquets d’arbres jusqu’à un carrefour.

Au lieudit Malatra, près d’une grande croix de pierre, le GR65 abandonne la route pour un chemin de terre et d’herbe.

Le chemin descend le long des haies d’herbes folles, des chênes et des châtaigniers.
Plus bas, il rejoint une petite route à l’entrée du hameau de Le Goure.
Un petit passage sur le goudron et le GR65 descend dans la forêt de feuillus de Penol.
Presque tous les chemins en pente dans la région sont des couloirs de galets. Ici, la pente oscille entre 10% et 15%, mais le pied roule sans cesse sur les pierres. Attention aux chevilles!
Au bas de la descente, le chemin passe à Moulin Pion Gaud, un site charmant au bord des marais, où coule le ruisseau des Eydoches.
Ici, nous sommes à 2 km de Farmans et toute cette région s’appelle Le Marais. Si vous passez ici par temps pluvieux, l’alternative est de suivre la route vers le Moulin/Penol, et de rejoindre un peu plus loin le GR en tournant à droite à la sortie de Le Moulin.
Sur le GR65, le chemin n’est pas long à gagner les nombreux bras du ruisseau des Eydoches dans le marais. Vous allez évoluer sur près d’un kilomètre dans un paysage où l’eau abonde. Les herbes folles aussi, et les maïs qui ne sont heureux que quand ils se trempent leurs pieds dans l’eau.
A la sortie du marais, le GR65 rejoint une petite route au lieudit Le Clapier, tout à côté d’un lavoir. Il est étonnant de noter que le lavoir est à sec, avec toute l’eau qui ruisselle ici. C’est aussi ici, au lavoir de Penol, que vous arriverez si vous avez fait le crochet de Le Moulin.

Section 3: En passant près des magnifiques étangs de Faramans.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: de la vraie balade.

Au lavoir de Penol, nous sommes à deux pas des étangs de Famarans, et le chemin repart dans l’herbe, le long des maïs et des sous-bois, le long du ruisseau des Eydoches.
Rapidement, le chemin herbeux rejoint le complexe sportif de Faramans, et gagne aussitôt les étangs.

Il y a comme un secret ici. On croirait le paradis retourné sur terre. L’étang s’étire, calme, presque sage. Dans cet univers presque immobile, éternel, comme laissé à l’abandon, parfois un passage de canards dérive et vient troubler l’eau verte stagnante, qui frissonne à peine. Les reflets du ciel jouent à cache-cache dans l’onde verdâtre et l’ombre des arbres donne des tâches plus sombres sur l’eau dormante. On devine que jamais ce lieu ne doit être tout à fait pareil et qu’au fil des saisons ou des caprices du temps, qui fait changer les couleurs, la lueur, la magie ici peut être ici soit bienveillante ou alors plus sombre.

Qu’il fait bon s’asseoir ici tout au bord de l’étang, dans cette quiétude et cette tendresse, sur les bancs de bois pour rêver, écouter la douce chanson des petits chênes qui frémissent sous la brise et se perdent au fil de l’eau… ou alors, plus trivialement pour un pique-nique. Les familles se dispersent et se délassent ici, mais la baignade est interdite. Parfois un pêcheur vient taquiner le poisson.
Plus loin, au-delà de l’étang, c’est la balade des petits ponts qui enjambent le ruisseau.
Le chemin tourne avec délice dans ce paradis.
C’est le murmure du ruisseau des Eydoches, qui ruisselle paisiblement et se faufile entre les arbres, entre ombre et lumière. Ici, les arbres se penchent au-dessus de l’eau jusqu’à la frôler. Il y a même de gigantesques aulnes qui touchent le ciel. A la sortie du parc, le ruisseau, de coutume si sage, se permet quelques frasques, cascadant, presque sauvage, dans les mousses et les feuillages.
Et toute cette eau s’écoule dans le lavoir communal de Famarans, à l’entrée du village. On y pousse la porte pour entrer. Hélas, les lavandières ont disparu, à jamais.
Qu’elles sont fraîches ces eaux qui bouillonnent dans le lavoir! Il est des lieux magiques sur le Chemin de Compostelle, et ils ne sont pas présents tous les jours. Peu de pèlerins n’oublieront à jamais le passage ici des étangs de Famarans.
Le GR65 monte alors dans le village.

Le galet est un matériau disponible et les gisements se renouvellent tous les jours. Il n’y a qu’à creuser ou ramasser à la surface. Mais attention, rien n’est aussi simple qu’il y paraît. Il faut le manipuler, le calibrer, trier les couleurs, les types de pierre. On épierre donc les champs et les fonds de vallée. Les galets de rivière dans les alluvions sont en général assez arrondis, polis qu’ils ont été par le courant. Quant aux galets de moraines, ils sont souvent plus longs, plus plats, et de plus grande dimension. C’est souvent ce matériau qui est idéal à la construction de ces murs en épis que l’on trouve sur les murs et sur les maisons. Monter un mur de galets est un travail de maçon. On ne retouche que rarement le galet et on les enfonce dans d’épais rubans avec du mortier de sable et de chaux, en y incorporant aussi de gros gravillons ou des morceaux de brique rouge. Du grand art!

Le GR65 ne va pas au centre du village, dont on voit au loin l’église. Il se contente de passer près des petits commerces et de gagner la banlieue.
Il quitte alors la banlieue et ces maisons qui arborent parfois fièrement un soubassement de galets, pour gagner la campagne ouverte.
Vous aurez apprécié la fraîcheur des étangs, si vous passez ici un jour de beau temps. Mais à partir d’ici, rien de tout cela. Il n’y a qu’une morne plaine, qui peut être encore plus morne sous la canicule. Pas un arbre ou presque, entre maïs et colza. Et la traversée de la plaine est longue, très longue, trop longue. D’autant plus, que devant vous se dresse la colline de Pommier-de-Beaurepaire. Si vous avez étudié la carte, vous savez aussi que le chemin y passe.
Et le chemin s’éternise sur des kilomètres. Parfois, le soja remplace le colza. Mais, la colline de Beaurepaire ne semble pas forcément grandir à vue d’œil.
A mi-parcours dans la plaine, le chemin de terre remplace le goudron, près du lieudit Le Ronjay, où un complexe de fermes et de maisons se cache derrière la haute haie de thuyas. Ici, les céréales prennent le pas sur les autres cultures.

Section 4: La montée à Pommier-de-Beaurepaire, la seule sueur de la journée.

 

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours: sur l’étape du jour, il y a tout de même la montée vers Pommier-de-Beaurepaire à effectuer, mais toujours moins que 15% de pente.

 

On se rapproche à grandes enjambées de la colline de Beaurepaire, dont on distingue bien le village et l’église. Ici, on a éliminé, avec les siècles, les galets de la plaine et le chemin est peu caillouteux.
Mais voilà que le chemin semble vouloir ignorer la colline, part à angle droit, et revient un peu sur ses pas, en se dirigeant vers un sous-bois.

Nous sommes au lieudit Le Ronjay, à près de 2 kilomètres de Pommier-de-Beaurepaire.

Ici on le village sur la colline droit devant les yeux.
Le chemin de terre se rapproche alors d’un sous-bois.
Il faut dire ici qu’après avoir marché peut-être sous la canicule durant trois bons kilomètres, il est fort agréable de retrouver la fraîcheur du sous-bois.
Le chemin traverse alors le Suzon, un ruisseau très discret.
Il poursuit sa route au milieu des bois où dominent les chênes et les frênes.
Dans ce coin de pays, on s’adonne le plus souvent à l’élevage, sous les chênes.

Au sortir du sous-bois, le chemin rejoint bientôt une petite route de campagne au lieudit Maison Poncet. Nous sommes alors au pied de la colline de Beaurepaire.

La montée vers Pommier de Beaurepaire se mérite. Elle n’est pas éternelle, mais les pentes sont souvent près de 15%. Allez! c’est le seul effort sérieux de l’étape. Au départ, le chemin monte sur l’herbe au milieu des herbes folles.
Le chemin atteint un premier palier lorsqu’il croise la petite route qui monte à Pommier. Alors, les délicieux petits galets lisses de la Bièvre font leur réapparition de manière plus conséquente.
Et le chemin continue son ascension dans les sous-bois de chênes et d’herbes folles.
Au lieudit Les Barrières, nous sommes à mi ascension et le chemin repart à angle droit dans l’herbe sous les chênes.
Le chemin ne tarde pas à rejoindre les bas du village, où se dresse avec bonheur une demeure qui marie le pisé aux galets.

Le galet est souvent utilisé en fondation pour servir de base à des murs de terre, le pisé. Comment met-on en œuvre tout cela? On enfonce chaque galet dans un bandeau de mortier. Ils sont alors scellés en surface par du mortier pour recevoir le bandeau suivant. On favorise souvent la structure en épis ou en arête de poisson. Et on aime aussi y intercaler des morceaux de tuile, des briques ou des moellons. On serre alors les joints à la truelle. Parfois, on les surligne pour donner un effet de damage et mieux faire ressortir la chaux claire. De l’art, oui c’est de l’art.

Au bas du village, au lieudit Le Calvaire, se dresse une splendide croix de fer.

Le GR65 prend alors une petite route pour monter au village.
Pommier-de-Beaurepaire est un petit village tranquille. Il y avait ici autrefois un restaurant, comme le témoigne une ancienne enseigne. Où trouve-t-on du pain ici? A consulter Internet, la boulangerie a définitivement mis la clef sous le paillasson. Le chemin passe devant la mairie et devant l’église St Romain, une église du XIXème siècle, dont les galets ornent les façades.
Le GR65 quitte Pommier en montant sur le goudron jusqu’à un petit réservoir dans les hauts du village.
Un large chemin de terre descend alors vers la Croix des Rampeaux, un simple croisement de chemins, au départ de la forêt du Bois Favan. Ici, nous sommes à 6 km de Revel-Tourdan, le terme de l’étape.
A partir d’ci, nous allons traverser la “feytas”, jusqu’au terme de l’étape. On appelle “feytas” dans la région ces lignes de crête entre les plateaux. En fait, c’est une sorte de haut plateau, qui domine sur la gauche la plaine de la Bièvre-Valloire, et sur la droite, une autre plaine, celle du Bièvre-Liers. Le chemin entre alors en forêt.

Section 5: Sur les “feytas“ de la Valloire.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucun problème.

Un grand cortège de feuillus hante ces forêts. Les chênes et les châtaigniers dominent les autres essences. Les châtaigniers sont de grands arbres en lisière de forêt. Mais dès qu’ils sont serrés dans les forêts, ils poussent souvent en sortes de touffes, regroupés sur de minces fûts, droits et élancés. Alors, ils peuvent ressembler à de petits charmes, mais il n’est qu’à regarder leurs longues feuilles à dents pointues, et on s’aperçoit vite que ce sont des châtaigniers. Les chênes ici sont représentés par les grands chênes pédonculés ou les chênes rouvres. Les chênes pubescents, ceux que l’on retrouve en majorité dans les Causses, sont moins nombreux ici.
Souvent, comme le sol est peu perméable ici, l’eau stagne dans les grandes ornières créées par les tracteurs des forestiers.
La forêt n’est pas toujours dense, et parfois elle s’ouvre sur de grandes clairières. Dans ces zones où le sol est pauvre et où les brouillards s’accrochent en automne, figurent aussi des bouleaux et des érables. Les frênes, que l’on ne rencontre pour ainsi dire jamais en pleine forêt, mais surtout en lisière, sont quasi inexistants ici. Ont-ils disparu en partie à cause du mauvais champignon qui les attaque ? Parfois les résineux s’attardent dans la région, des pins notamment. Les buissons aiment aussi à se développer sur les talus. Genévriers, prunelliers, acacias font bon ménage avec les fougères et les genêts.
Comme ici à Croix Giraud. La forêt est magnifique ici.
Ici, on trouve de grands châtaigniers, ce qui change de l’ordinaire. Parfois, on a rasé les bois pour donner un peu d’air.
Le chemin sort un peu plus loin de la forêt, dans les prés et les cultures de céréales. Le blé ne doit guère pousser par ici, sur ces terres pauvres.
Il passe près des petites maisons du lieudit Le Cumer.
Mais, le chemin retourne rapidement dans les bois. Ici, on n’a bien sûr pas pris grand soin à épierrer le chemin.
Un peu plus loin, le chemin quitte le bois Favan et s’en va le long du bois.
Puis, il gagne les prés. Sur la “feytas”, même la vigne pousse parfois.

Section 6: Le chemin redescend des “feytas”.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucun problème.

Le chemin quitte alors les prés pour se retrouver sur une petite route goudronnée.
Ici, il prend la direction de la Feytaz de Pisieu.
Le long de la route qui ondule sur la “feytas”, dominant les plaines de Bièvre, le colza pousse de bon cœur.
La route traverse la campagne, transite près d’un cimetière.
Un peu plus loin, au lieudit La Feytas de Pisieu, le GR65 quitte le goudron pour un large chemin fait de terre et d’herbe.
Des deux côtés du chemin, derrière le colza, le soja, le tournesol, les prés et les vignes s’étendent en dessous sur les plaines de Bièvre et du Liers.
Ici, nous ne sommes plus très éloignés de Revel-Tourdan.
Au lieudit Barbarin, on aperçoit en dessous le château de Barbarin dominant la plaine de Bièvre-Valloire.
Le chemin passe le long des haies dans les prés et les cultures. L’espace est grand ouvert et le chemin peu caillouteux. Les paysans ont dû épierrer ici à tours de bras et de charrues.
Le chemin descend alors sur Revel-Tourdan, gagne un parc au-dessus du village.
Le chemin passe près de Notre-Dame de Tourdan, un ancien prieuré bénédictin du Xème siècle, restauré constamment au cours des siècles, dont les bâtiments sont privés. Puis, il passe devant la mairie.
Revel-Tourdan (1’000 habitants) est formé de deux villages, Tourdan dans la plaine et Revel sur la colline. Les deux villages possèdent encore des vestiges, presque médiévaux, surtout Revel.

L’église St Jean-Baptiste a été édifiée entre le XIIème et le XVème siècle. Elle mélange les styles roman et gothique. Le musée des traditions rurales est niché dans un pigeonnier du XVIIème adorablement restauré.

Logements