05: Yenne à St Genix-sur-Guiers

Des belvédères incroyables sur le Rhône

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-yenne-a-st-genix-sur-guiers-par-la-via-gebennensis-34098402

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, dans l’arrière automne, le brouillard enveloppe la vallée du Rhône. L’étape du jour est une très belle étape, une des plus belles de tous les chemins de Compostelle, surtout à cause des vues incroyables sur le Rhône. C’est en tout cas sans doute la plus belle de la Via Gebennensis, par beau temps, dans la grande forêt de Recoba au-dessus de la vallée du Rhône, sur une petite montagne qui sépare le cul-de-sac de Yenne et la plaine du Rhône. Au sommet de la montagne passe le petit col du Mont Tournier, dont on ne peut dire que c’est vraiment une voie de passage très fréquentée, sur une route étroite qui se tortille. Une grande partie de l’étape, du moins la première partie, se passe essentiellement dans la forêt, avec des belvédères magiques, où on voit en dessous les méandres du Rhône dans la plaine. Évidemment, il faudrait passer ici par un jour de beau temps, sinon vous perdrez tout de la magie de cette étape. Hélas, le pèlerin n’a pas toujours le choix!

Mais encore ne faut-il pas se tromper au départ de Yenne, car il y a deux chemins qui passent au Mont Tournier. Ne prenez pas la variante qui part du milieu du village. Prenez le GR65, qui part à la sortie du village, vers le cimetière. Attention! Prenez des provisions avec vous. Il n’y a aucune épicerie ni bistrot sur le chemin, seulement quelques points d’eau.

 

Difficulté du parcours: Évidemment, quand on passe un col, les dénivelés augmentent. C’est une étape, disons-le, difficile. Ici les dénivelés (+992 mètres/-987 mètres) montrent une équivalence entre montée et descente. On part du bord du Rhône et on arrive à deux pas du Rhône. Mais, entre deux, il y a le col. Le chemin ne va pas (mais presque) jusqu’au sommet du Mont Tournier, qui n’est pas, à dire vrai, une vraie montagne, mais plutôt une grosse colline arrondie. Vous aurez sans doute le sentiment de n’avoir jamais affronté une montée sévère, à cause des replats, des redescentes même. Pourtant, nous partons tout de même de 230 mètres d’altitude pour monter jusqu’à 850 mètres. Mais sur un long trajet de plus de 12 kilomètres, l’effet se dilue.

La descente est parfois casse-pattes, mais très supportable. Il y a quelques replats pour se refaire ses articulations et ses genoux. Mais pour corser un peu la fin de l’étape, le chemin remonte sèchement sur la colline peu avant la fin de l’étape.

Dans cette étape, une grande partie du trajet se passe sur des chemins en forêt. C’est une des rares étapes du Chemin de Compostelle où le goudron se fait discret :

  • Goudron: 6.9 km
  • Chemins: 17.5 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur ces parecours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

 

Section 1: Sur les premiers lacets du col vers le Belvédère Pierre Châtel.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: paradoxalement, sur cette longue montée vers le col, vous n’aurez pas toujours le sentiment d’une pente importante. Il y a pourtant certains passages à nettement plus de 15%. Il n’est qu’à considérer le profil du tronçon pour se faire une idée de la difficulté proposée.

Du centre de Yenne, il faut traverser le village en allant vers le Rhône, jusqu’au rond-point où se jette le ruisseau du Flon.
Là, un pont enjambe le Rhône, avec tout à côté le cimetière. Avec le brouillard aujourd’hui, il faut presque deviner la route.
La route longe le cimetière et après un virage se transforme en chemin, que l’on va suivre sur plus de 10 kilomètres.
Rapidement, le GR65 atteint la chapelle de Notre Dame de la Montagne, emprisonnée dans le brouillard, avec sa statue encastrée dans le rocher. La Vierge protectrice de Yenne et du fleuve a été érigée en 1860.
A partir d’ici, et pour la plus grande partie de la montée, le calcaire va affleurer à de très nombreux endroits sur un chemin, le plus souvent étroit. Le chemin ici est très particulier. Parfois la pente est rude mais brève. Souvent, il y a des replats, et même des descentes.
Le brouillard permet à peine de deviner un paysage fruste avec des arbres décharnés. Mais, on n’annonce pas un jour de pluie, et le brouillard devrait bien finir de se dissiper.

Apparaît alors le premier belvédère: celui de la tombe de Pierre Boisson. Enfant du pays, né en 1819, dentiste fortuné mais franc maçon, il voulait se faire enterrer au cimetière de Yenne auprès de la Madone de la Montagne, mais on refusa sa demande. Alors, il construisit son propre tombeau de l’autre côté de la vallée. Aujourd’hui, on ne verra que du brouillard, le tombeau se trouvant de l’autre côté du fleuve.

Un peu plus haut, sur les rochers, entre lande et forêt, le chemin passe au lieudit La Prison. Mais la prison aujourd’hui, ce n’est que le brouillard. Nous avons déjà gagné plus de 100 mètres d’altitude depuis Yenne en une demi-heure de marche. On annonce le belvédère de Pierre Châtel, à 40 minutes d’ici.

Puis, le chemin continue à prendre de l’altitude, en pente plus raisonnable. Dans ce brouillard aujourd’hui à couper au couteau, heureusement parfois la coquille est là pour nous montrer le chemin, car il y a de fausses pistes sur toute la montagne.
Plus haut, l’inclinaison se fait plus marquée pour un court tronçon. Les pierres abondent sur le chemin. Bien sûr, les moraines ont charrié du matériel ici lors des glaciations de l’Ère Quaternaire.
Ici, nous passons dans un paysage qui est plus un mélange de lande et de broussailles que de la véritable la forêt. Nous sommes très près de la falaise, mais on ne la voit jamais. Pour notre bonheur du jour, on sent que le brouillard ne va pas tarder à se dissiper. Du moins en partie. Alors le sourire se dessine un peu plus sur les lèvres, malgré la dure pente.
On passe alors dans un de ces instants fugitifs, psychédéliques. Tout promeneur adore ce temps béni où le soleil joue avec le brouillard.

Aujourd’hui, le soleil pointe son nez, lorsque nous arrivons au belvédère de Pierre Châtel. Depuis La Prison, nous sommes passés de 345 mètres à 480 mètres d’altitude.

La forteresse de Pierre Châtel, de l’autre côté du Rhône, fut la résidence secondaire préférée des comtes de Savoie. Érigée d’abord en couvent à la fin du XIVème siècle, les chartreux furent longtemps les gardiens de la Savoie. Elle fut assiégée par les Autrichiens en 1814, du temps de Napoléon, puis perdit son rôle stratégique lorsque la Savoie fut rattachée à la France en 1860.

C’est encore plus fantasmagorique avec le brouillard, et on va jusqu’à imaginer des ennemis escaladant la muraille.

Section 2: Des vues sur le Rhône à couper le souffle.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: paradoxalement, sur cette longue montée vers le col, vous n’aurez pas toujours le sentiment d’une pente importante. Il y a pourtant certains passages à nettement plus de 15%. Il n’est qu’à considérer le profil du tronçon pour se faire une idée de la difficulté proposée.

Pourtant de ce côté de la montagne, le brouillard n’est pas encore disposé à nous quitter pour un jour meilleur.

Mais, juste au-dessus, un autre belvédère, dit Belvédère du Rhône est déjà au soleil.

Il est là en amuse-bouche pour vous faire saliver à ce qui vous attend plus haut. Mais ne faisons pas la fine bouche. Le panorama sur la vallée du Rhône est déjà assez envoutant.
Le chemin continue de monter en pente légère, en retrait de la falaise, sur de gros cailloux de calcaire dans un espace de lande d’arbustes décharnés d’où pend la mousse épaisse.
Après une petite clairière, le chemin repart dans les feuillus sur une sorte de petit plateau. Ici, les petits châtaigniers déplumés commencent à disputer l’espace aux autres feuillus, aux buis et aux herbes folles.
Le chemin passe au-dessus à la Croix de Chevru, à 545 mètres d’altitude. Cette croix de 700 kg est magnifique. Elle date de 1630, comme l’atteste son inscription au bas du fût. Elle faisait partie d’un ensemble de trois croix, objet de dévotion et de pèlerinage. Au début du XXème siècle, il y avait un pâturage ici. Les temps ont bien changé. La forêt et les broussailles ont tout envahi et les dévotions ont bien diminué.
A partir de la Croix de Chevru, le chemin va onduler sans cesse, descendant même de temps en temps, au milieu des feuillus maigres comme des squelettes.

On ne comprend pas pourquoi les arbres sont aussi chétifs ici. Nous sommes sur la fin de l’automne et les feuillus ont perdu leur plumage, laissant des arbres dépouillés et des tapis de feuilles. Si dans le bas de la forêt, ce n’est souvent que broussailles et taillis, à mesure que l’on monte, apparaissent les petits hêtres, la charmille au milieu des chênes pubescents. Mais dans cette immense forêt où les feuillus dominent, on voit poindre en masse les frêles châtaigniers disséminés au milieu de quelques alisiers, bouleaux et érables. Ici, les conifères sont encore portion congrue.

Le chemin passe bientôt au lieudit Les Farnets.

Le chemin ondule alors doucement sur les tapis de feuilles et le calcaire sous les châtaigniers.
Puis, miracle! Le Rhône apparaît en-dessous dans la vallée. A partir d’ici, le chemin va évoluer un moment dans un décor féérique le long de la falaise de Recorba dominant le Rhône. Comme il est extraordinaire et jouissif ce sentiment d’être suspendu au-dessus de l’abîme, entre ciel et eau, avec une vue plongeante et circulaire sur toute la région.
Le joggeur qui passe ici y vient deux fois par semaine. Il ne peut plus se passer de ce spectacle. Hypnotisé, dit-il.
Parfois, le chemin quitte le Rhône pour le retrouver un peu plus loin. C’est magique par ici.
Le spectacle s’achève lorsque le chemin tourne derrière la falaise et revient dans la forêt. Mais, ce n’est que partie remise.
Il y a quelques pins ici. Et même sans prêter grande attention, les arbres ont pris un peu de hauteur.

Le chemin redescend alors un peu pour gagner en pleine forêt le lieudit Puits Bacchus, à 550 mètres d’altitude. Nous n’avons pas gagné 1 mètre en altitude depuis la Croix de Chevru, le chemin n’ayant fait qu’onduler. Mais, nous n’avons pas vu le temps passer.

Section 3: C’est encore plus beau au Belvédère de Recoba.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: seules les dernières pentes menant au col sont vraiment très raides, parfois à près de 25% de pente. Il n’est qu’à considérer le profil du tronçon pour se faire une idée de la difficulté proposée.

Depuis Puits Bacchus, c’est un peu comme si on avait changé de forêt. Ce ne sont plus pour le moment les arbustes chétifs et les broussailles. La forêt paraît nettement plus organisée.

Le chemin passe au lieudit Les Saradins. Ces panneaux sont très utiles, car dans cette forêt passent de nombreux autres chemins qui sillonnent la montagne. Notre direction est toujours St Maurice-de-Rotherens, sur le Chemin de Compostelle.

Plus haut, le chemin musarde un peu, au milieu des hêtres, des chênes et des conifères, dont des pins et des épicéas. Ici apparaissant encore en plus grand nombre les châtaigniers, qui nous n‘abandonneront plus pendant des jours.
Devant soi se dessine alors une grande clairière.
Le chemin rejoint le refuge de Botozel des chasseurs de Loisieux, un petit village en dessous de la forêt.

Ici, il y a un point d’eau et vous aurez peut-être le privilège d’y pénétrer, en période de chasse. Lorsqu’on parle avec eux, ils donnent le sentiment que la forêt leur appartient, mais qu’ils sont aussi désireux d’en faire profiter les badauds qui s’y aventurent. Autrefois, cette région était occupée par des îlots de maquisards résistant à l’Allemagne nazie.

Le chemin pénètre alors dans le domaine de chasse de Loisieux, dans le bois de Glaize, où coexistent les feuillus et les conifères.
Ici, on chasse les cervidés, les sangliers, et même parfois le chamois. En automne la chasse n’est pas ouverte tous les jours. Les chasseurs d’ici nous disent qu’ils sont très attentifs aux randonneurs qui passent ou aux cueilleurs de champignons, dans une forêt très propice. Heureusement, dirons-nous, car ici on ne tire pas à blanc!
Le chemin va prendre alors un peu plus d’altitude, plus de 100 mètres pour trouver le Belvédère de Recorba, mais la pente soutenue est régulière, sous les hêtres dépouillés, les châtaigniers et les broussailles. Parfois on guette pour voir un sanglier dételer. Mais, il n’y a pas le moindre animal présent ici aujourd’hui, pas même un oiseau.
Plus haut, on reprend son souffle sur un replat dans l’enchevêtrement des châtaigniers.

Le chemin arrive alors au Belvédère de Recorba, à 690 mètres d’altitude.

C’est le plus beau. Beau, c’est si peu dire. C’est juste exceptionnel ici, au-dessus de la falaise verticale juste en dessous.

Du belvédère la vue plonge au fond de la vallée et porte si loin, que pour peu on aurait le sentiment de voir Lyon tout au fond de l’horizon. On pourrait rester des heures ici à admirer le Rhône qui d’ici paraît comme un modeste ruisseau bleu, de 300 mètres de large, se tordant comme un vermisseau dans les terres. La seule comparaison est celle que l’on peut avoir d’un gros fleuve comme le Mississipi ou l’Amazone aperçu d’un hublot d’avion. Dieu que la nature peut être belle, quand elle est généreuse!

C’est vraiment seulement ici qu’arrivent alors les pentes les plus importantes de la montée, souvent à plus de 25%, passant de 690 mètres d’altitude au belvédère jusqu’à près de 850 mètres, presqu’au sommet du Mont Tournier. Mais ce n’est pas interminable.
Les cailloux qui écorchent les semelles sont toujours présents en grand nombre. Parfois, le lit de feuilles tombées à cette période de l’année adoucit la marche.

Section 4: En redescendant du Mont Tournier.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: de la descente, avec parfois un replat ou même une remontée. Mais, ce n’est pas de la descente de tout repos, avec parfois de rudes pentes.

Le chemin ne va pas (mais presque) jusqu’au sommet du Mont Tournier, qui n’est pas, à dire vrai, une vraie montagne, mais plutôt une grosse colline arrondie. Vous aurez sans doute le sentiment de n’avoir jamais affronté une montée sévère, à cause des replats, des redescentes même. Pourtant, nous sommes tout de même partis de 230 mètres d’altitude pour monter jusqu’à 850 mètres. Mais sur un long trajet de plus de 12 kilomètres, l’effet se dilue.

Bientôt, le chemin se met à dodeliner sur une sorte de faux plat dans le bois devenu plus dense.

Puis, il descend à nouveau un peu dans le bois. Il veut nous faire profiter de la moindre aspérité et des belvédères.
Il descend jusqu’à rejoindre deux lieudits, celui des Sérus, puis, à deux pas, celui de Pierre Vire, à 820 mètres d’altitude. Ici, on annonce le retour à la civilisation dans moins d’heure. Car il faut bien le dire, vous ne rencontrerez pas foule sur cet axe. Tant mieux! D’autant plus qu’il n’y a aucune raison de se perdre, tant le chemin est bien indiqué.
Une pierre qui vire est juste un autre non pour une pierre branlante. Au site de Pierre Vire, la vue donne sur les douces collines qui surplombent St Genix-sur-Guiers. Le Rhône s’en va vers d’autres cieux. On le retrouvera quelques jours plus tard, près de Vienne lorsqu’il aura fini de faire son crochet sur la ville de Lyon.
Le chemin musarde alors un peu sur le sommet de la colline, en dessous du Mont Tournier.

Le chemin descend alors vers le lieudit La Dronière. Ici, on peut rejoindre le col du Mont Tournier. A deux pas d’ici. L’autre parcours, qui part du centre de Yenne passe par le col. Mais, au col, il n’y a rien à voir, seulement une petite route où ne passe que très rarement un véhicule.

Le chemin descend alors en pente assez régulière (jusqu’à15% parfois) pour sortir de la forêt. De ce côté du col, la végétation est similaire à celle que l’on a observée en montant au col. Les maigres hêtres, les chênes rabougris et les petits châtaigniers dominent encore l’espace, au milieu de conifères plus rares.
Si nous avons eu une légère brume tout au long de la montée, maintenant le jour est devenu ici plus radieux. On voit assez rapidement apparaître les clairières.
Le GR65 hésite alors un peu entre prés et sous-bois, sur une pente douce.
Quand le GR65 quitte la forêt, il trouve une petite route qui traverse près des maisons de pierre le hameau de Le Borgey.
La route passe un peu plus loin au hameau de La Mare, où respire le bonheur de la douce vie.

Le GR65 part alors dans les prés, puis dans le sous-bois jusqu’à la très belle croix des Rives.

Un chemin remonte alors un peu, en pente douce, dans la forêt de la Montagne Nattage. Aujourd’hui, le chemin a tout de même de la peine à délaisser les bois, ce qui réjouit souvent le pèlerin.
Peu après, le chemin redescend, toujours dans la forêt.
A l’approche de St-Maurice de Rotherens, la pente est plus sévère et le GR65 rejoint sur le goudron le haut du village.

Section 5: Descente continue et sévère vers le bas du vallon.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: les pentes à plus de 15% abondent sur le trajet. Il n’est qu’à considérer le profil du tronçon pour se faire une idée de la difficulté proposée.

On apprend ici qu’on est sur le GR65 comme sur le GR9, et qu’on a marché près de 5 heures depuis Yenne.

A St-Maurice de Rotherens (250 habitants), il y a l’église, la mairie, un petit musée dédié à la radio. Mais, il n’y a pas de boulangerie.
Le GR65 descend sous le village pour rejoindre une petite route. Attention ici, car le GR9, qui est commun avec le GR65 depuis Yenne, passe aussi ici. Et c’est justement ici que les deux chemins se séparent. Si vous suivez la route, vous partez sur le GR9, ce qu’il ne faut en aucun cas faire. Pour trouver le GR65, il faut ouvrir les yeux, monter de quelques dizaines de mètres la route et prendre le chemin derrière le bouquet d’arbres. Le GR65 va descendre le long d’un ruisseau.
Le chemin s’enfonce alors dans les sous-bois de Sous La Roche, dans la charmille, les petits châtaigniers et les herbes folles. On entend en dessous le murmure du ruisseau. Ici, la pente est irrégulière, souvent sévère, à plus de 15%.
Après une petite pause dans les prés, il repart avec la même frénésie sous les feuillus.
Plus bas, le chemin sort du bois, mais la pente ne diminue pas pour autant. A l‘horizon, se détache la large vallée du Rhône, qui s’étend de Chambéry à Lyon.
Le chemin va descendre dans les prés, presque jusqu’à atteindre la route du Col du Mont Tournier.
Mais comme le Chemin de Compostelle fuit les routes, et qu’il y a une alternative possible, il va remonter légèrement à la limite du sous-bois.
Il arrive bientôt à Malbuisson, petit hameau blotti sous la colline de Sous La Roche. Ici s’étend une lande de pelouses sèches.

Le pays s’ouvre un peu plus en sortant de Malbuisson, que l’on ne fait qu’effleurer.

Plus bas, on annonce St Genix à 1h 50 d’ici. La porte à côté, non?
Le chemin descend sous Malbuisson dans les prés en direction de Gresin. Ici, autrefois, il y avait des vignes et de gros châtaigniers. Tout cela a disparu au profit des prairies et de quelques cultures de maïs. Devant soi, s’étend la Côte Envers, où le chemin passera bientôt. On voit aussi sur sa gauche la route qui descend du Col Tournier.
En descendant vers l’église, on voit sur sa droite deux fermes fortifiées, appelées ici Grosses Maisons, celle de La Tour, datant du XVIème siècle, et celle de la Maréchale. Ces fermes bourgeoises comprennent de nombreux bâtiments.
L’église, un peu trop lumineuse, est de construction récente (XIXème siècle).
L’école maternelle date de la même époque, bien qu’elle ait été agrandie plus tard. Apparemment, tous les bambins de la vallée s’égayent ici. Par contre, pour ceux qui pensaient trouver un pique-nique en route, c’est raté. Il n’y a rien à se mettre sous la dent entre Yenne et St Rotherens.
Par contre pour épancher sa soif, il y a un point d’eau au refuge des Chasseurs, aux toilettes de St Maurice-de-Rotherens, ici et juste en dessous de Gresin.

Car sur la route qui descend sous Gresin, on trouve une de ces haltes magiques dont raffolent les pèlerins. Presque tous les pèlerins s’arrêtent dans ces lieux, où on peut griffonner quelques pensées sur le livre de bord, boire un café, un sirop ou une boisson fraîche.

A partir d’ici, une étape qui a parcouru des paysages assez exceptionnels devient une étape banale, comme on en rencontre de temps à autre sur le Chemin de Compostelle. Le GR65 rejoint la D916 qui court dans la vallée de la Côte Envers, et remonte la route.
Il remonte la route jusqu’au lieudit Bordet, où il tourne pour Côte Envers.
Une route descend alors en pente douce, d’abord dans les arbres fruitiers, puis dans le sous-bois vers la rivière.

Section 6: Le parcours retrouve la plaine du Rhône.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: encore juste une petite bosse, messieurs, dames!

Après avoir passé le Trison, la route remonte de l‘autre côté du vallon, dans les chênes et les hêtres. Ici, les châtaigniers recommencent à prendre de l’ampleur.
La route remonte jusqu’à trouver la belle maison d’hôtes de Côte Envers, tout en pisé.

Ici, on annonce St Genix-sur-Guiers à 1 heure de marche et le Pas de l’Âne à 15 minutes.

Alors, pendant près d’un kilomètre, la route va partir à plat, à la limite des bois, sur la Côte Envers. La nature est assez bucolique par ici, même si c’est la route.
Peu après, la route repart dans les bois.

Sur la route, vous allez trouver une bifurcation au lieudit Pas de l’Âne. Ici, le GR65 vous invite à remonter dans les bois. Si vous y allez, ne vous attendez pas à trouver un paysage exceptionnel au-dessus. Mais, si le GR65 passe ici, c’est qu’il permet de rejoindre la chapelle de Pigneux au-dessus de St Genix-sur-Guiers. Alors, selon votre état de fatigue, vous pouvez tout aussi bien continuer sur la route qui vous mène directement à St Genix.

Alors pour les courageux ou pour ceux qui croient que l’on ne peut dévier d’un pouce du chemin tracé par les aïeux, ce qui n’est jamais le cas sur aucun Chemin de Compostelle, le chemin attaque la montée dans le bois.
Sur des pentes entre 10% et 15%, le chemin monte dans la forêt sous les grands feuillus et les châtaigniers.

La montée n’est pas éternelle et, à la sortie du bois, le chemin débouche sur un petit plateau au lieudit Le Vuillerot.

Le GR65 traverse alors un petit plateau dans les prés.
Au bout de la crête, il amorce la descente vers la plaine. En dessous, comme on l’a dit plus haut, la vue sur St Genix et la plaine du Rhône n’est pas très excitante.
A la sortie d’un sous-bois, le GR65 rejoint le goudron à l’entrée du hameau de La Tour. La descente est assez pentue.
La route traverse alors Pigneux avant de rejoindre une départementale qui descend sur St Genix.
La chapelle de Pigneux est au bord de la route, à côté du cimetière. Ne soyons pas mesquins vis-à-vis des planificateurs du chemin de Compostelle. Cet oratoire est très beau et attire de nombreux fidèles. Et en plus, il est ouvert…Il aurait été dédié au VIIème siècle à La Vierge, en reconnaissance d’une victoire remportée sur les Maures, mais ce n’est pas certain. La chapelle, en ruines à la fin du XVIIIème siècle, fut agrandie par la suite, jusqu’à une rénovation complète en 2001.
La route descend alors le long du cimetière et arrive sur les hauts de la cité.

St Genix-sur-Guiers (2’500 habitants) a une longue histoire. Étant idéalement placée, elle a connu des querelles constantes durant les siècles entre Savoie et Dauphinois. C’était même, à une époque, une ville fortifiée avec un château et des remparts. Elle a perdu ses fortifications, à l’exception d’une porte et de quelques vestiges des remparts.

Elle est située à la limite de la Savoie, juste avant d’entrer en Isère, en traversant le pont sur le Guiers.
Son centre, autour de l’église, est encore très bien conservé. On y trouve encore de belles maisons en pierre ou en pisé. Le gâteau de St Genix est une spécialité locale très connue, créée par la famille Labully vers 1860. Cette brioche est recouverte de sucre et ornée de pralines. On y trouve aujourd’hui aussi des meringues, confectionnées sur le même principe.
Les églises se sont succédées ici depuis le XIème siècle, avec un monastère. Il n’en reste plus de trace. L’église actuelle date de 1861.

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