03: Frangy à Culoz

Au fil du Rhône

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-frangy-a-culoz-par-la-via-gebennensis-34047617
Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Depuis Genève jusqu’à Vienne, dans le Lyonnais, la première partie de la Via Gebennensis n’est en fait qu’un long chemin pour retrouver le Rhône. Certaines fois, on le frôle, profitant de ses berges douces et généreuses. D’autres fois, on ne peut qu’observer de loin et de haut les méandres époustouflants que fait le fleuve qui se tord avec volupté dans la plaine. D’autres fois encore, on semble le perdre définitivement, pour le rejoindre bien plus tard. Aujourd’hui c’est un peu tout cela à la fois. Le chemin part à sa recherche, sur les collines de la Haute Savoie et de la Savoie, entre bosquets et campagne. Il retrouve le fleuve majestueux dans la plaine lorsque ce dernier mélange ses eaux avec le torrentueux Fier, qui charrie sa fougue dans les gorges, en venant d’Annecy. La suite du programme n’est plus qu’une douce et longue balade sur les berges du fleuve.

Avant le Pont sur le Fier, ne vous attendez pas à trouver de grands espaces. Vous passerez de bosquet à un autre bosquet, avec de petites prairies et peu de cultures. Cette région s’accroche sous les pentes de la Montagne du Prince, derrière laquelle cascade le Fier. Ce n’est qu’après le passage du Fier, que le pays s’ouvre vraiment sur la plaine du Rhône.

Difficulté du parcours: Les dénivelés (+402 mètres/-489 mètres) sont faibles pour une longue étape (30 km). Et encore, ici, on s’arrête à Culoz un peu hors du chemin, car de nombreux pèlerins vont jusqu’à Chanaz, ce qui rallonge encore un peu l’étape. D’autres font aussi une halte à Seyssel aussi hors du GR65, ce qui raccourcit l’étape. Selon le choix que vous ferez, vous visiterez jusqu’à 3 départements: la Haute-Savoie, la Savoie et l‘Ain.

Le chemin côte un peu pour gagner Champagne, en début d’étape. Puis, ce n’est qu’une succession de montagnes russes légères, dont les pentes ne dépassent que rarement les 10%. L’inclinaison se corse un peu, lorsque le GR65 descend à la jonction du Fier et du Rhône. Pour la suite, au niveau de l’effort, ce sont les vacances.

Dans cette étape, vous marcherez autant sur les chemins que sur les routes :

  • Goudron: 15.0 km
  • Chemins: 15.2 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

 

Section 1: Montée constante en direction de la Montagne du Prince.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: quelques pentes un peu prononcées, mais raisonnables au tour de Champagne.

En quittant Frangy, le GR65 traverse les Usses, une rivière assez torrentueuse, réputée aurifère, qui prend sa source au Salève et se jette près de Seyssel dans le Rhône.

Il passe sous la départementale qui contourne le village, croise le Musée de la Vache et des Alpages, installé dans une ancienne écurie restaurée. Le musée montre le savoir-faire des gens de la montagne dans la manufacture des cloches, du beurre et du fromage.
Le GR65 longe une centaine de mètres la départementale avant de s’engager sur la route qui monte vers Champagne.
La route monte en pente légère, croise un petit affluent des Usses.
Puis, la route faisant des zigzags, le GR65 quitte cette dernière pour de petits raccourcis qui grimpent assez sèchement dans les prés.
Plus haut, on peut suivre la route qui mène à Champagne, ou alors continuer par les raccourcis vers le village.
Les raccourcis conduisent au village de Champagne.
Le GR65 traverse un village où apparemment les paysans font le nombre. On peut loger au village, ce que font parfois les pèlerins qui n’ont pas trouvé à se loger à Frangy ou qui veulent raccourcir l’étape du jour.
A la sortie du village, un large chemin caillouteux monte, sans grande difficulté, dans les prés et se rapproche progressivement d’un petit sous-bois. Dans toute cette étape, les prés dominent nettement les champs cultivés. Les troupeaux dominants sont nettement les Montbéliardes.
Un peu plus haut, le chemin se rétrécit, se rapproche des sous-bois.
Il longe alors les haies sauvages. Ici, par temps de pluie, le chemin est presque un vrai torrent.
D’ailleurs, quelques séquelles demeurent de pluies récentes quand le chemin rejoint une petite route goudronnée à l’entrée de Tagny.
La route passe près des rares maisons du hameau.

Section 2: Montagnes russes entre prés, hameaux et sous-bois.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: montagnes russes sans grande conséquence.

Au lieu de suivre la route, le GR65 repart du hameau dans les prés vers le sous-bois…
… sans doute pour vous faire apprécier un escalier en bois en pente qui rejoint la route précédente. Le Chemin de Compostelle est un grand amateur de ces détours, souvent superflus.
La route gagne alors le hameau de Vannecy.
Depuis Vannecy, la route descend pour s’enfoncer un peu dans le petit vallon où coule le Coasse.
Puis la route remonte, de manière assez prononcée vers Desingy. Mais comme on n’aime pas trop voir les pèlerins se balader sur les routes, alors qu’ici un véhicule doit y passer tous les quarts d’heure, et encore, dès qu’une alternative se propose, on y va.
Alors un chemin de terre s’en va dans la campagne sous un sous-bois de chênes, d’érables et de frênes…
… avant de remonter peu après sur de gros galets sur la route.
La route passe alors au village de Desingy, qui est en fait le centre de tous ces petits hameaux que nous traversons sur le coteau, avec sa petite église St Laurent, du XIIème siècle, au bord de la route. Mais, en France, quand il n’y a pas même une boulangerie, peut-on vraiment parler de village? Mais, il y a une église, même si, dans ces petits villages, les églises sont souvent fermées ou que très occasionnellement fréquentées.
Ici, nous sommes à 3 heures de marche du Pont sur le Fier. A la sortie de Desingy, le GR65 quitte l’axe principal pour une plus petite route, la Route de Compostelle.
Il passe un peu plus loin au hameau du Pelly avec ses maisons proprettes au bord de la route.
Il sort du village et s’en va à plat entre prés, sous-bois et quelques maïs. Devant soi s’étend la Montagne du Prince recouverte de forêts. Dans cette étape, vous ne verrez guère de champs cultivés. Ici, les vaches gardent les prés.

Section 3: Sous la Montagne du Prince.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: montagnes russes sans grande conséquence.

Dans toute cette étape, vous allez passer ainsi d’un petit village, disons plutôt d’un hameau à l’autre, le plus souvent sur le goudron, parfois sur les chemins. Ici, la route sillonne les prés et la campagne charmante pour arriver à Moucherin.

En contre-bas de Moucherin, vous allez apercevoir dans la verdure le château de Pelly, un vieux château-fort du Moyen-Age, complètement restauré, où même un gîte romantique est présent.

Le paysage est ouvert en dessous sur la plaine du Rhône, mais là où passe le chemin, on se balade plutôt à la lisière de la forêt sous la Montagne du Prince. En fait, une grande partie de l’étape se déroule sous les contreforts de cette large montagne très boisée, mais de modeste amplitude, qui surplombe la vallée du Rhône et derrière laquelle coule le Fier. De nombreux promeneurs traversent ces lieux tenus autrefois par la Résistance, surtout pour aller admirer les falaises dominant le Val de Fier, sous lesquelles nous passerons tout à l’heure.

Depuis Moucherin, la route rejoint rapidement le petit ruisseau de la Findreuse. Ici, les chênes et les frênes disputent l’espace aux hêtres, et aux charmes. Mais, on y voit aussi de rares châtaigniers ou des érables. Les conifères, surtout des épicéas, sont discrets à cette altitude.

Plus loin, la route remonte un peu jusqu’à rejoindre une plus grande route dans le bois. L’arrière-pays est sillonné de petites routes de ce type qui mènent à de petites fermes ou à des hameaux perdus.
Alors, cette dernière redescend dans le bois vers le lieudit Le Vernay.
Mais, le GR65 quitte à nouveau l’axe de descente et s’engage en montant sur une plus petite route, entre prés et très rares cultures. Devant soi la Montagne du Prince, c’est de la forêt jusqu’au sommet de la montagne.
La route passe au hameau de Curty, devant quelques maisons assez coquettes.
Il passe en musardant un peu près de la croix de pierre du hameau blotti sous les chênes et les feuillus de la forêt.
Depuis Curty, la route monte encore un peu, passe devant une autre croix, ici de pierre. Dans la région, le bois est souvent le premier choix pour ériger les croix.
Puis, la route monte un peu plus, mais de manière raisonnable, dans la forêt de feuillus, croise le petit ruisseau du Martinet. Dans la région, les ruisseaux sont d’une très grande discrétion, les périodes de beau temps. Ils sont par contre très déchaînés sur des périodes de pluie prolongée.

Au sommet de la montée, la route passe au lieudit Chez Cudet. Ici, le panneau indique de nombreuses directions. La nôtre est celle qui va vers Seyssel. Mais, il y a surtout un panneau qui indique les meilleurs moyens de protection contre les tiques, car la forêt ici est connue pour héberger ces charmantes bestioles. Attention tout de même, la maladie de Lyme est une sale maladie chronique, mais toutes les tiques ne sont pas porteuses de Borrelia. Loin s’en faut!

Un large chemin de terre descend longuement, parfois en pente assez soutenue, parfois remontant même un peu. Tout se passe entre les buissons et les feuillus, où les petits hêtres et les petits chênes dominent. Le hêtre que l’on nomme aussi foyard, fayard, fouteau, ou fau, est très présent dans l’est de la France. La forêt est loin d’être un modèle d’élégance ici.

Section 4: A pas comptés pour rejoindre le Rhône.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: en descente constante, avec parfois des passages très en pente.

Le chemin gagne progressivement le bout du sous-bois.
Au bas de la forêt, le GR65 croise une petite route goudronnée.

Mais, il continue sur le chemin de terre pour atteindre le lieudit Sous Les Ralles. C’est ici qu’une variante part vers Seyssel, par le Chemin des Côtes. De nombreux pèlerins, qui n’aiment pas parcourir de très nombreux kilomètres vont à Seyssel. Pour les autres, le pont sur le Fier est à 1 heure 20 de marche.

Le chemin de terre se poursuit, presque à plat dans les prés, sous les frênes, les châtaigniers, les charmes et les chênes.

En bas, on aperçoit le Rhône pour la première fois depuis Genève, dans les environs de Seyssel. Le Rhône aime à faire de longs virages dans la vallée, ayant creusé des roches souvent différentes, accentuant les méandres, à la disparition des glaciers de l’Ère Quaternaire.

La campagne est douce ici. Nous sommes un peu sortis des bois de la Montagne du Prince. Le chemin arrive bientôt au lieudit Romaz, à 3 kilomètres du Pont sur le Fier.
Alors le GR65 prend une petite route qui descend entre villas récentes et campagne vers le village de Prairod.
La route passe à Prairod où on note un peu de cultures et de maraîchage.
Depuis ici, le GR65 suit encore en descendant un peu la route, passe près du ruisseau St Nicolas, que l’on devine à peine.
Plus bas, il quitte la route pour un chemin qui part dans les prés, à la limite du sous-bois.
Au départ de ce chemin, c’est encore de la nature douce, riante.
Mais, plus loin, ce n’est plus un chemin couvert de roses, mais de charmille, de buissons et d’herbes folles qui vous attend ici.
Au fur et à mesure que l’on descend la pente s’accentue. Partout des feuillus, encore des feuillus, toujours des feuillus. De toutes les espèces.
C’est surtout sur la fin que la pente est raide (plus de 35%). On conseille aux amateurs de VTT d’y aller à pied! En effet, le chemin plonge dans la terre et les cailloux sur Vens d’En-Haut. Quand vous êtes dans une magnifique forêt, la pente, on la regarde presque avec curiosité. Mais si vous marchez dans quelque chose qui ressemble à la jungle, c’est plutôt tristounet, non?
Par bonheur, un charme certain règne dans le hameau, ce qui vous fera sans doute passer votre mauvaise humeur, si par hasard vous étiez dans cet état d’esprit.

Ici, nous sommes à 1.4 km du Pont du Fier. Le GR65 rejoint la route qui va à Vens. Attention ici, ne vous trompez pas de chemin! Suivez la route, car un autre chemin monte raide dans les magnifiques falaises et les gorges surplombant le Fier dans la montagne du Prince.

La route descend donc sur Vens d’En-Bas.
La route traverse le village, dont on aperçoit le château, une ancienne maison forte du XIVème siècle.
Après le village, un chemin part un instant dans les prés en descente légère sur une crête. Devant soi, on aperçoit le château d’Anglefort de l’autre côté du Rhône.
De la crête, la vue s’ouvre sur les gorges du Fier sur sa gauche et sur le Rhône sur sa droite. Ce sont deux spectacles fort contrastés. Les gorges paraissent très sévères sous les falaises abruptes.
Au bout de la crête le chemin descend raide (plus de 15%) dans le sous-bois et les herbes folles.
La descente est brève et le chemin rejoint la grande départementale D991 près du pont du Fier. Si vous êtes passé par Seyssel, c’est ici que vous rejoindrez le GR65.

Section 5: Balade le long du Rhône.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Le Pont du Fier est la frontière entre trois départements. On sort de Haute-Savoie pour la Savoie, si on longe le Rhône. Mais, si on continue tout droit après le pont, on entre dans le département de l’Ain.

Le Fier qui naît dans la chaîne de Aravis, passe par Annecy et arrive ici pour se jeter dans le Rhône. Sa puissance et la pente sont telles qu’il pénètre dans le fleuve, peu après le pont dans le sens inverse du courant. Le chemin n’y passe pas. Les eaux du Fier ne sont pas d’un bleu éclatant, mais les canards ne font pas la différence.

Du côté montagne, le Fier est encore plus sauvage, plus terrible.

Jusqu’ici, le parcours s’est montré assez casse-pattes. Mais depuis ici, physiquement, ce sont les vacances programmées. Sitôt après le pont, notre route part sur la droite dans l’Espace Sports et Nature du Fier. C’est un très grand parc, au bord du Fier et d’un étang, sous les arbres, très fréquenté durant la bonne saison et les week-ends. Le site est juste magnifique.
Une large route rejoint bientôt le bord du Vieux Rhône dans cette région que l’on nomme la Chautagne, une vaste plaine alluviale qui va jusqu’au lac du Bourget, où poussent les peupliers et les vignes.
Le Vieux Rhône correspond à l’ancien lit du Rhône, entre un barrage en amont et sa restitution en aval, court-circuité par la mise en place d’aménagements hydroélectriques. On trouve près de 20 tronçons de cette sorte entre le Léman et la mer. Un canal artificiel jouxte le Vieux Rhône pour assurer l’équilibre du système, en fonction des crues.

Nous sommes donc en Chautagne, petit pays de Savoie, peu peuplé avec ses 5’000 habitants, concentrés entre le Rhône, le Fier et le lac du Bourget. La descente en canoë du Vieux Rhône, à travers la Chautagne, de Seyssel à Channaz, sur un trajet de 14 kilomètres a de nombreux adeptes.

La route arrive justement vers un de ces barrages, le barrage de Motz.
Depuis le barrage, la route goudronnée continue un peu pour se transformer bientôt en chemin de terre. Ici, c’est la première fois qu’on apprend que nous marchons vraiment sur le GR65, à 290 kilomètres du Puy-en-Velay.
Alors, le GR65 va quitter les berges du Rhône pour monter dans le sous-bois dense. Vous serez certainement déçus de ne pas pouvoir longer les berges du Rhône tout au long de son cours. Mais, les berges sont souvent marécageuses, donc dangereuses.
Le GR65 traverse le sous-bois sur un chemin couvert de galets, dans la charmille, les buissons de tous genres et les petits aulnes, en très légère montée.
Il arrive sur une sorte de petit plateau dans les prés et suit un court instant une petite route goudronnée.
Puis, il repart en sous-bois sur un large chemin de terre. Ici, les feuillus, dont de nombreux érables, hêtres, chênes et châtaigniers ont de belles hauteurs protectrices.
A la sortie du bois, le chemin monte dans l’herbe vers la grande départementale de la région, la D991.
Quand vous arriverez ici, sur votre droite se situe le hameau de Langefan, où le GR65 n’est pas censé se diriger. Il devrait plutôt emprunter un chemin qui descend en dessous sur le village des Îles. Mais, nous ne l’avons pas trouvé. A vous d’essayer! Mais si vous ne le trouvez pas, ce n’est pas grave. Suivez la départementale et rejoignez le village par la route. C’est une histoire de 300 mètres. Le village des Îles et juste en-dessous de la départementale, à droite.

Section 6: Dans la morne plaine du Rhône.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Nous sommes maintenant au hameau des Îles, juste en dessous de la route. Le chemin part direction Mathy et le Pont de la Loi, à près de deux heures de marche, juste avant d’arriver à Culoz. A partir d’ici, le parcours va vous paraître sans fin. Ce ne seront presque que des lignes droites successives dans la large plaine. Heureusement, le sentier parfois longe le Rhône, très souvent bordé de champs d’ail des ours sauvage au printemps. Par mauvais temps, le fleuve charrie parfois des troncs et des branches.
Le chemin quitte le hameau pour gagner les prés et les champs. Ici, c’est une plaine, des alluvions, donc un pays plus propice aux cultures, avec des arbres fruitiers, des peupliers et des frênes.
Plus loin, le goudron remplae la terre battue. Le GR65 ici louvoie entre les maïs et la zone industrielle.
La zone industrielle, dont on ne sait l’usage, est très dispersée ici. Bientôt, la route se rapproche d’un rond-point. Au rond-point, plus de trace du chemin. Si en Haute-Savoie, les panneaux étaient parfaits, parfois même trop, dans cette région, ce n’est pas le même enthousiasme. On va vous aider à retrouver votre chemin. Il ne va pas devant vous ni à droite vers les usines. Non, il faut prendre à gauche et retourner un peu vers la départementale pour se remettre à l’heure. En fait, un bon Sherlock Homes aurait repéré la petite coquille de Compostelle sur le signal inversé de perte de priorité! C’est très discret comme signalisation, mais mille excuses aux planificateurs du chemin. Mais, ils auraient pu faire mieux.
La petite route continue alors sa progression dans la plaine, le long des champs cultivés, jusqu’à trouver les première maisons de Mathy.
Mathy, ce sont deux ou trois maisons au bord de la route, en ce qui nous concerne. On trouve un abri pour pèlerins au bord du chemin. Belle initiative, hélas, pas une goutte d’eau disponible.

Ici, vous pouvez choisir une variante qui va vers Serrières-en-Chautagne, si vous désirez vous y loger ou vous restaurer.

Dès la sortie du hameau, la terre battue apparaît sur une longue rectiligne dont vous ne voyez pas l’extrémité.
La route s’éternise alors dans la plaine, sur la digue de Serrières, entre blés, maïs et sous-bois. Pas âme qui vive ici. Une de ces mornes plaines chantées par Victor Hugo, traversée de temps à autre par un cycliste courbé sur sa machine.
Les maïs sont les rois. Il n’y a rien de plus compréhensible. Le Rhône est à côté et l’eau doit suinter dans les racines.
Puis la route pénètre dans le sous-bois, plus proche maintenant du Rhône.

Section 7: Retour sur les berges du Rhône.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Le GR65 arrive près du Rhône. Il y a des panneaux d’interdiction partout. On dit que l’eau peut monter à l’improviste, lors des épisodes de régulation des barrages. De temps à autre, une trouée dans les broussailles permet de voir le fleuve derrière la butte. Le Rhône est-il si dangereux que cela, qu’on peut ne peut que le deviner qu’à la dérobée? A aucun endroit du parcours, vous n’aurez le loisir de l’admirer de près. Curieux, non?
Le GR65 s’enfonce alors avec plaisir dans le sous-bois sur la terre battue, sous l’ombre des grands feuillus.
Un peu plus loin, il ressort du bois pour quelques brefs instants avant d’y retourner.
Peu après, le goudron remplace la terre battue, car le GR65 partage la piste cyclable, qui traverse une partie du bois, avec les cyclistes de plus en plus nombreux. Ici, on croise des plantations de peupliers.
L’eau du Rhône parfois pénètre dans les terres, ce qui nécessite l’usage de petits ponts.

Le chemin s’écarte un peu du fleuve pour y revenir bientôt. Ici, nous sommes près des Îles de la Malourdie et les canoéistes sont légion, les week-ends de beau temps. Eux, du moins, ont tout loisir d’admirer le fleuve. Dans cette région, il n’y a que peu de conifères. Des peupleraies y tiennent une place importante, au milieu des chênes, surtout pédonculés, mais aussi des frênes, des hêtres, des charmes, des grands érables, de rares tilleuls. Sur les berges de grands aulnes et robiniers tiennent le sol, pour éviter les crues du fleuve.

Puis, le GR65 s’écarte à nouveau du fleuve, suit un peu la piste cyclable, puis s’en éloigne pour cheminer dans le sous-bois sur l’herbe.

Dans les feuillus, il arrive bientôt au lieudit Les Borsières, à 40 minutes du Pont de la Loi.

Puis, à travers les herbes, le chemin revient à nouveau vers le fleuve.

Nous suivons le Rhône, mais, comme nous l’avons dit plus haut, nous ne l’apercevons pas souvent. Des panneaux incitent d’ailleurs à ne pas s’approcher des berges. Sous les branches des frênes, on aperçoit alors la montagne du Grand Colombier au-dessus de Culoz.

Alors le GR65 continue son petit bonhomme de chemin dans le sous-bois, à deux pas de l’eau. Mais, il se rapproche de la civilisation, les petites maisons du petit village de La Loi.
Le GR65 effleure le village qui, lui non plus, ne trempe pas ses pieds dans l’eau.

Section 8: Une escale à Culoz.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

A la sortie de la Loi, le chemin va longer encore un peu les berges du fleuve, au pied de la montagne du Grand Colombier…
… avant d’arriver sous les piles du pont de La Loi.

Le GR65 continue le long du fleuve vers Chanaz. Mais, c’est à 1 heure 40 d’ici. Alors, une bonne solution est de quitter le GR65 pour prendre le GR9 qui passe à Culoz, juste de l’autre côté du pont. La cité, sise sous la montagne du Gd Colombier, est une gare stratégique sur la ligne TGV Lyon-Genève.

Ici, le Rhône est d’une très grande majesté et le pont traverse aussi un bel étang couvert de nénuphars à l’entrée de la petite cité (3’000 habitants), avec tous les commerces.

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