10: Auberives-sur-Varèze à St Julien-Molin-Molette

Le chemin quitte le Rhône pour les contreforts de la montagne du Pilat

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-auberives-sur-vareze-a-st-julien-molin-molette-par-le-gr65-73677546

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, nous allons voyager jusqu’au bout de cette grande plaine de la Bièvre-Valloire, que nous suivons depuis de si nombreux jours, pour rejoindre le Rhône à Chavanay. A partir de là, le paysage change drastiquement. Nous quittons le département de l’Isère pour celui de la Loire. Nous quittons la plaine pour les collines, voire les petites montagnes et les puys, qui nous conduisent vers Le-Puy-en-Velay. Dans 4 à 5 jours, nous aurons rejoint le Puy, ce que de nombreux pèlerins, la majorité en fait des européens et des français en particulier, considèrent comme le vrai départ du Chemin de Compostelle! Quelle simplification! N’est-ce pas valider cette assertion si franchouillarde que la France est le milieu de l’univers? D’ailleurs, à ce propos, en moyenne 150 pèlerins par jour partent du Puy et parfois 2’000 arrivent à Santiago en Espagne. Alors?

Dans les constructions, le souci de proximité a toujours été la règle dans le choix des pierres à bâtir. Le Pilat et la Haute-Loire sont des socles granitiques et volcaniques, et plus on se dirige vers le Puy-en-Velay, plus la densité des roches volcaniques augmente. Dans les éboulis surtout, mais aussi dans les carrières, on a donc puisé directement des matériaux de construction. Ici, le granite, les gneiss et les schistes affleuraient. Il y avait même un peu de roches volcaniques, comme phonolites grisâtres, les trachytes clairs, qui ressemblent de loin à des calcaires, ou des basaltes noirs. On a aussi abondamment utilisé les lauzes, des dalles plates idéales pour couvrir les toits, issus souvent de phonolite volcanique, qui se débitent aisément.

Dans toute la région, le patrimoine assuré par les anciennes, et même les récentes demeures est remarquable. On ne voit que rarement ces poux que sont les nouveaux lotissements dans le pays. Ici, L’utilisation de pierres de taille granitiques donne aux façades des maisons un aspect élégant et soigné. Dans cette région, les constructions anciennes se singularisent par la grande régularité de la taille des blocs de pierres granitiques de teinte le plus souvent grise. Les murs en pierres granitiques sont le plus souvent liés avec un enduit à la chaux. Quand les toits ne sont pas faits de lauzes, le plus souvent des phonolites volcaniques, on y trouve des tuiles rouges.

 

Difficulté du parcours: Les dénivelés du jour (+710 mètres/-310 mètres) ne paraissent pas si imposants que cela, pour une étape de près de 25 kilomètres. Mais vous ne vous y fiez pas, les 10 premiers kilomètres sont à plat. C’est donc 710 mètres de dénivelé positif pour 15 kilomètres en fait, et le chemin monte presque tout le temps, avant de redescendre sur St Julien-Molin-Molette. Deux passages sont plus pentus que les autres et alors les pentes dépassent les 15%. Ce sont la montée de La Ribaudy, peu après Chavanay et surtout le très exigeant col de Sainte Blandine vers la fin de l’étape. La descente sur St Julien-Molin-Molette mérite ausss toute notre attention.

 

Dans l’étape du jour, vous marcherez un peu plus sur les chemins que sur le goudron :

  • Goudron: 12.7 km
  • Chemins: 15.2 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

 

Section 1: Deux gros bourgs pas si éloignés du Rhône.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Que vous ayez passé la nuit à Auberives ou que vous n’ayez fait que transité en passant par le chemin des Vignes ou remonté la RN7, vous arriverez à un rond-point, à la sortie de la localité, marqué par la présence d’un pressoir.
Ici, vous êtes à la fin de la Route du Château d’Eau, vers le Chemin de la Pêche.
La route quitte alors progressivement la banlieue d’Auberives et pénètre dans les vergers.
Nous allons alors traverser une grande zone de vergers, où poussent les abricotiers, les pêchers, les cerisiers et les pommiers. Ici, les filets de protection prolifèrent, non seulement pour se prémunir contre les oiseaux, mais aussi contre les incidents climatiques, notamment la grêle.
Le GR65 quitte alors définitivement la banlieue d’Auberives.
Peu après, il abandonne le goudron pour un large chemin de terre qui sillonne les vergers et se dirige vers un sous-bois.
Il monte alors dans un petit sous-bois sur un chemin de terre.
Après avoir longé le sous-bois, le chemin retrouve les vergers avant de rejoindre une petite route, non loin de Clonas-sur-Varèze.
La route arrive rapidement sur les hauts de Clonas.
Le GR65 quitte alors à nouveau la route pour un bout de campagne sur les hauts du village.
Un petit passage sur le goudron, et le GR65 descend en pente assez prononcée le Chemin de la Côte, sous les érables, les charmes et les chênes.
Le chemin arrive alors au bas du Chemin de la Côte, au centre du village.
Clonas-sur-Varèze est une petite agglomération de 1’500 habitants. Ici, on retrouve encore ces maisons, dont la mairie, faites de galets de la Bièvre. Ces constructions vont bientôt disparaître du paysage dans la suite du voyage.

Ici se trouvent des mosaïques romaines, au musée de la Villa Lucinius. Si vous y voyez de l’intérêt et que vous êtes dans les bons jours et les bonnes heures d’ouverture, faites-y un passage.

Le GR65 quitte le village de Clonas en descendant la Route de la Varèze. C’est tout de même un paradoxe. Les deux derniers villages traversés portent le nom de la rivière, mais nous ne la verrons pas. Elle passe un peu plus haut, au nord pour se jeter dans le Rhône.

Section 2: Retour vers le Rhône.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

La route quitte le village, transite un peu dans la campagne avant de rejoindre la D4, une départementale très circulante.
De l’autre côté du carrefour, le GR65 emprunte pour une centaine de mètres la route de la Gare.
Ici, le parcours fait de la gymnastique. Un chemin part alors dans l’herbe pour rejoindre une autre départementale, après une petite butte, la D37b, un peu moins circulante que la précédente.
Le GR65 suit alors le bas-côté de la départementale, passant sur la ligne de chemin de fer Lyon-Marseille, jusqu’à rejoindre l’entrée de St Pierre.
Là, le GR65 quitte la départementale et prend une petite route qui traverse le village et se dirige vers St Alban du Rhône, une localité où est implantée une centrale nucléaire. Il n’y a rien de très intéressant ici, suivre des routes et jeter un coup d’œil sur des maisons sans grand caractère.
Près d’un parc où trône un beau pressoir, la route descend vers un pont.
Ce dernier passe sur la D37b qui se prépare à traverser le Rhône vers Chavanay. Une voie de chemin de fer parallèle, est peut-être désaffectée.
Après le pont, la route traverse la périphérie de St Alban sur le Chemin du Ranch.
Au bout du village, une épingle conduit en dessous dans la plaine sur la route du Vieux Pont.
La route file alors dans la plaine, au milieu des maïs, sous la ligne à haute tension.
Peu après, la petite route retrouve une fois de plus la D37b.
Ici, un petit sentier étroit longe la route jusqu’à la rivière.

Section 3: Après le Rhône, le GR65 commence à grimper.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté jusqu’à Chavanay, puis montée exigeante vers la Ribaudy, avec parfois des pentes à près de 20%.

Le chemin et la route arrivent alors sur le grand pont jeté sur le Rhône.

Ici, le Rhône majestueux vous regarde, ondulant au bas des coteaux où les terrasses des vignobles surplombent la rivière. Ici, sur les pentes vertigineuses fleurissent avec bonheur la syrah et le viognier des Côtes Rôties et du Condrieu, parmi les meilleurs vins de la planète, en blanc comme en rouge. Que du bonheur! Mais le chemin n’y passe pas. Depuis notre dernière rencontre à St Genix-sur-Giers avec le fleuve, le Rhône a grossi quelque peu. En route, il a avalé l’Ain, la Saône, plus quelques autres ruisseaux plus ou moins conséquents. Il ne lui manque guère que l’Isère, la Drome, la Durance, la Cèze et l’Ardèche pour l’assouvir un peu plus.

En contrebas, la centrale nucléaire a presque les pieds dans l’eau. Certes, les tsunamis ne sont pas légion en France. Mais un gros problème, comme un séisme, pourrait polluer le pays pour longtemps jusqu’à la Méditerranée.

Au bout du pont, le GR65 arrive à un carrefour, qu’il contourne en partant sur une petite route.
Un petit tunnel passe alors sous la voie de chemin de fer. Mais plus aucun train de voyageurs ne circule plus ici. Quand même! On a supprimé la circulation sur la rive droite du Rhône, une rive assez habitée. Débrouillez-vous.
En fait, toute cette gymnastique depuis le pont est pour ne pas vous faire marcher sur la Route nationale N86, mais ladite route, vous la croisez ici. La RN86 est la très illustre route des vins qui va de Vienne à Valence, en passant par Tournon et Tain l’Hermitage. Ici, les grands crûs sont tous plus célèbres et célébrés les uns que les autres.
Ici serpente la Valencize et le GR65 s’engage sous la N86 au bord de la petite rivière.
Un chemin traverse un parc très agréable, rafraîchissant, sous les grands arbres, avec le ruisseau qui ronronne sur le côté.
Au bout du parc, c’est le square du 11 novembre et les remparts. Ici, on est à deux pas du bourg (3’000 habitants). D’origine gallo-romaine, le bourg a été au Moyen Âge le siège d’une seigneurie. Il a conservé de cette époque une organisation circulaire, des vestiges de tours, et des ruelles tortueuses.

Le GR65 ne va pas au centre du bourg, dont on voit sur sa droite la vielle cité et son église. De nombreux pèlerins font halte ici, où on trouve tous les commerces et aussi à se loger.

Le GR65 sort par les fortifications et traverse la Valencize.
Une route monte alors au-dessus du bourg. On constate tout de suite qu’en Loire les maisons sont plus cossues qu’en Isère. Les pierres réapparaissent dans les maisons.
Le GR65 suit la route jusqu’à trouver la bifurcation qui mène à la Chapelle du Calvaire.
Un chemin avec de gros cailloux parfois anguleux monte dans le sous-bois de feuillus. La pente ici est souvent supérieure à 20%. Ici se plaisent les frênes, les chênes, les hêtres et les châtaigniers.
Plus haut, la pente d’adoucit, ce dont personne ne s’en plaindra, si ce ne sont les grands sportifs.
Le chemin gagne alors presque à plat la chapelle. Cette chapelle du début du XVIIIème siècle appartenait à la Confrérie des Pénitents Blancs. Mais la confrérie fut supprimée et la chapelle laissée à l’abandon. Récemment, les Amis de la chapelle du Calvaire entreprirent la restauration achevée en 2008.
D’ici la vue est plongeante sur Chavanay et le Rhône. C’est sans doute avec beaucoup de nostalgie que les pèlerins venus de Genève quitteront avec regret le fleuve, qui a été leur compagnon, pendant presque 10 jours.
Après le passage à la chapelle, le chemin reprend son ascension sévère entre lande et sous-bois. Les chênes aiment ces terrains pauvres et caillouteux. Mais, on y voit aussi de nombreux frênes, des érables et des châtaigniers. Bientôt, on aperçoit les premières vignes.
Plus haut, le chemin quitte le sous-bois et les cailloux disparaissent un peu du chemin, mais la pente reste soutenue au milieu du vignoble.
On n’est pas loin de Condrieu. On y produit donc du vin blanc issu du célèbre viognier et aussi du vin rouge de syrah, proche du St Joseph et des Côte-rôtie. Mais, là-bas, le sol, c’est plutôt du granit et des roches volcaniques. Ici, c’est du calcaire et des schistes. Le vin est moins côté ici. Est-ce que le sol explique beaucoup ?
Au sommet de la crête, le chemin rejoint une petite route au hameau de La Rabaudy.

Alors un dernier grand salut plein de douceur et de bonheur à ce beau vignoble qui domine le Rhône.

La Ribaudy possède beaucoup de charme avec ses belles maisons de pierre jointoyées.
A la sortie du hameau, un chemin amorce une descente dans un petit vallon dans les vignes.
Ici, les vignes sont étagées en terrasses délimitées par les murets de granite. Le chemin descend alors en pente soutenue vers un sous-bois.
La descente dans le sous-bois où dominent les petits hêtres, les charmes, les chênes et les frênes n’est pas longue jusqu’à trouver le petit ruisseau de Mornieux, qui ne coule pas à un grand niveau.
Depuis le ruisseau le chemin, assez caillouteux, remonte en pente douce dans le sous-bois vers un petit plateau.

Section 4: Dans les sous-bois, les vignes et les vergers.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

A la sortie du bois, le chemin passe au lieudit La Grange du Merle.
A partir d’ici, les vergers, surtout des pommiers, vont disputer le territoire aux vignes.
A l’extrémité du plateau, le chemin passe à Morzelas, un village de vignerons et de cultivateurs.
Il monte alors en pente douce dans une sorte de lande désordonnée entre les vergers et les vignes.
Quand le chemin atteint le lieudit Les Combes, on arrive sur un petit plateau. Il faut souligner ici avec quelle minutie et détails le chemin est signalé dans cette étape. Hélas, cela ne durera pas.
Le chemin coupe bientôt une petite route et continue sur la terre battue sur le haut plateau. On annonce le Saut de l’Agneau à deux pas d’ici. On salive à l’avance.
Le chemin continue entre les vignes et les rares arbres fruitiers.

Juste à côté, le chemin passe au lieudit Le Saut de l’Agneau, où on ne comprend pas vraiment où l’animal aurait pu sauter. Ou alors un tout petit saut…

Et le chemin s’en va à plat dans la morne plaine. A l’horizon se dessinent les monts du Pilat. Derrière la montagne se trouve St Etienne.
La traversée de la plaine dure plus d’un kilomètre, avant que le chemin ne commence à descendre vers le ruisseau de Mouling en pente douce.
Plus loin, le chemin descend doucement dans le sous-bois pour traverser le ruisseau. Faire traverser même un gros filet d’eau à un cheval n’est pas chose aisée.
Le chemin remonte brièvement de l’autre côté du ruisseau. C’est toujours dans ces sous-bois que les cailloux se rencontrent à la pelle et que prolifèrent les petits chênes.
Ici, les vignes ont quasi disparu et un large chemin se dirige dans les prés et les vergers vers le village de Bessey, avec parfois un petit bouquet d’arbres, des frênes surtout.
Le chemin alterne entre terre et cailloux, avec parfois de petits murets.
Bessey est le plus grand village sur le parcours. Il y a une église au milieu de belles maisons de pierre. Il y a un point d’eau, le seul sur le trajet. Ici, on peut se restaurer non loin du centre du village, car les autres villages n’offrent pas de telles possibilités.

Ici les belles pierres éclatent et respirent partout dans le village.

Section 5: Dans les sous-bois et les vergers.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Depuis le village, le chemin musarde dans les vergers, avec parfois un grand bouquet de frênes.
Dans toute la région, les cultures sont rares, avec parfois quelques cultures de maïs. On n’y voit pas de blé, seulement des vergers de pommiers, rarement de pêchers ou d’abricotiers. Les vergers sont presque tous protégés par de grandes tentures.
D’un verger à l’autre, le GR65 rejoint bientôt une petite route au hameau du Mas de Goëly.
Si le Mas de Goëly est fait de lotissements récents, le village de Goëly, qui est adjacent, est encore un vieux village de pierre. Comme les pèlerins sont peu nombreux sur le chemin, les petits cailloux votifs ne s’accumulent guère sur les piédestaux des croix du chemin.
A Goëly subsiste un ancien lavoir, dont l’eau est tarie sans doute depuis longtemps. A côté, seuls les crapauds ont encore droit à l’eau croupie, car les grenouilles disparaissent de plus en plus.
A la sortie du village, le GR65 retrouve la terre battue et les vergers.
Il traverse une petite route et commence à monter en direction d’un camping sur le goudron.
Puis revient la terre battue. La montée se passe d’abord dans les vergers. Puis au niveau du camping, qui paraît assez sauvage, la pente se fait rude dans le sous-bois de feuillus.
A la sortie du sous-bois, la pente se fait moins sévère et le GR65 rejoint une petite route qui mène au hameau dit Le Buisson.
Ici encore de belles maisons de pierre. Dans la région, le matériau de base des moellons est le calcaire.
Depuis le Buisson, la route descend à nouveau dans les vergers et les prés.
Elle gagne rapidement le lieudit Chez Paret, musarde un peu le long des murets un peu au milieu des frênes. Ces arbres sont un peu les rois des bords de route ici, et par bonheur, ils n’ont pas encore été décimés par le mauvais champignon qui cause la chalarose, la mort des arbres, comme dans de nombreuses régions d’Europe.
Le GR65 quitte Chez Paret par la route, puis trouve à nouveau un chemin dans les hautes herbes.
Puis, le GR65 repart sur un chemin étroit entre sous-bois, herbes folles et pommiers.

Section 6: D’un petit hameau à l’autre entre sous-bois et campagne.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Un chemin, souvent très caillouteux serpente alors dans le sous-bois de feuillus. Ici, à côté des frênes et des petits charmes, on voit quelques chênes et même des châtaigniers, des arbres devenus plus discrets par ici. Dès qu’on monte, les châtaigniers ont toujours tendance à se dissiper.
Après avoir passé le minuscule ruisseau du Fayen perdu dans les herbes folles, le chemin sort du bois sur un champ de cailloux. On voit bien qu’ici aussi, les gros galets des moraines de la Bièvre ressortent encore.
Le chemin traverse alors les prés. Devant soi on aperçoit le gros village de St Appolinard et son église. En contre-bas du chemin se dresse une usine appartenant à la marque Justin Bridou, édifiée en 1981. Cette usine de conditionnement de la charcuterie appartient au Groupe Aoste, le leader de la charcuterie française, qui fait partie d’une grande multinationale, le groupe espagnol-mexicain Campofrio Food Group. C’est assez particulier de constater que les rois de la charcuterie française ne sont plus français. Est-ce que tous les cochons sont aussi français ? Car ce groupe est étendu dans toute la planète.
Peu après, le chemin passe au hameau de Bazin.
Puis le chemin repart dans le sous-bois, le long des murets de pierre, au milieu des érables, des chênes et des frênes.
Dans ces bois riches en charmille, les petits chênes pullulent le long des pauvres terres couvertes de gros cailloux. Plus loin, on a peut-être épierré le chemin. Ici, ce ne sont plus les galets ronds de l’Isère, mais des calcaires anguleux.
A la sortie du sous-bois, voici encore un lavoir qui meurt de sa belle mort, à l’entrée du village de Pourzin.
Une route goudronnée traverse le village avec ses belles maisons de pierre construites pour traverser le temps. Il faut dire que l’on ne croise que rarement des gens dans ces hameaux et ces villages, tous, à première vue, dépourvus de centres de vie sociale.
Derrière les gros murs de pierre du village, le GR65 repart sur le goudron.
La route part alors en direction du bourg de St Appolinard, dont on aperçoit l’église derrière les vergers, mais le GR65 n’y va pas.
La route mène au hameau du Curtil, où le GR65 quitte l’axe routier pour se retrouver dans un chemin qui passe à nouveau dans un sous-bois, au milieu des feuillus.
Le passage en sous-bois est bref, et on retrouve le goudron à l’entrée du village de Mérigneux.
Alors, à la sortie du village, une route commence à monter vers la montagne, à plus de 10% de pente, mais ici ce n’est qu’un hors-d’œuvre, pour vous ouvrir l’appétit.
Un peu plus haut, le GR65 quitte la route pour le chemin, sous les noyers, les chênes et les frênes.
Les pèlerins qui préparent les étapes ont bien lu qu’à un moment les vacances se terminaient et qu’ils étaient au devant d’un passage plus pénible. C’est ici sur près d’un kilomètre, avec parfois des pentes supérieures à 25%. Au début, le chemin monte dans l’herbe jusqu’à trouver une petite route.
Le passage sur la route est court, près du lieudit Les Rôtisses. Ici, on voit apparaître les conifères au milieu des feuillus.
Un chemin monte alors d’abord sur l’herbe dans la forêt. La pente est déjà sévère, mais ici encore assez raisonnable.
Puis, la pente s’accentue sérieusement sous les feuillus. Ici, le passage est pénible, non seulement à cause de la pente, mais aussi à cause de l’état du chemin où affleurent de gros cailloux.

Section 7: Tout là-haut, à la Croix de Blandine, avant de plonger dans la vallée.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: la grande difficulté du parcours, la montée à la Croix de Ste Blandine présentant parfois des pentes dépassant 20%; la descente sur St Julien n’est pas facile, non plus.

Plus haut, le chemin passe dans une clairière où les pins se font plus présents. Sur le chemin, une stèle vous annonce Santiago à 1’600 kilomètres. C’est rassurant, quand on sue à grosses gouttes, non?
Au sommet de la montée, le chemin arrive au gîte de Ste Blandine. Une délivrance pour les pèlerins moins sportifs.

Puis le chemin musarde dans les prés, à la limite des bois jusqu’à passer sous la Croix de Ste Blandine.

Combien de pèlerins feront-ils l’effort de monter le talus jusqu’à la croix pour jeter un dernier coup d’œil vers la vallée du Rhône, de voir tous ces vergers couverts de tentures qui ont émaillé le chemin jusqu’ici?

Depuis la croix, le chemin musarde un peu sur le plateau, dans les pâturages, descend même un peu vers la forêt.
Dans la forêt de conifères et de feuillus surtout, le chemin dodeline un peu, descend, puis remonte en pente plus sévère.
Le chemin passe bientôt au hameau de Combe Noire.
Ici le programme du GR65 est simple. Vous voyez le village de Chatagnard en dessous. C’est une descente pénible, parfois dans les cailloux, dans le sous-bois, à plus de 15% sur près d’un kilomètre.
Mais, il y a une alternative bien plus reposante: la route. Certes, cela descend aussi, mais en pente raisonnable, à l’ombre des feuillus, et sans cailloux. Nous avons opté ici pour cette disposition.

Quelque sera votre choix, vous arriverez au village de Chatagnard, qui, par son nom, suggère bien qu’il y a des châtaigniers sur le chemin.

La route descend encore un peu sous le hameau dans les épicéas…
…avant de trouver un chemin, le bien nommé Chemin de Compostelle, qui remonte sur une colline.
Le chemin se transforme plus haut en route qui monte en pente très soutenue jusqu’à un lotissement de villas récentes. A ce point, vous vous trouvez au-dessus de St Julien-Molin-Molette.
Alors, juste pour le plaisir de vos genoux et de vos articulations, mais c’est la fin de l’étape, une descente à plus de 15% vers le bourg.

Le bourg compte 1’250 habitants, bâti dans une cuvette où passe la rivière du Ternay. Le village a une longue histoire. Son nom évoque bien les moulins et les molettes, qui sont des pierres à aiguiser. Les gaulois, puis les romains ont passé par ici. Les romains exploitaient ici les mines de plomb, riches dans la région. Puis le temps passa et au début du XVIIème siècle, des industries vinrent s’implanter à Saint-Julien, en relation d’une part avec l’exploitation des mines de plomb, d’argent et de cuivre, d’autre part avec le moulinage des soies. A cette période, le village était peuplé de nombreux travailleurs étrangers. C’est incontestablement l’industrie des soies qui fut le fleuron du bourg. Ils ont utilisé l’eau du Ternay pour la filature, le moulinage, le tissage des foulards, l’impression des tissus. Tout cela a disparu depuis fort longtemps, la dernière usine ayant fermé dans les années 1970. Mais il reste dans le village des traces de l’industrie de jadis.

Sur la place de l’église où sont érigées de belles fontaines modernes, se dresse l’église. Cette église du XVIème siècle a été construite en l’honneur de l’honneur de saint Julien de Brioude. L’église est sobre, lumineuse. Son ancienne chaire du XVIIème siècle est classée monument historique. Il y a aussi dans le bourg un célèbre calvaire, où nous passerons demain.

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