09 : St Agrève à Fay-sur-Lignon

Du département de l’Ardèche à celui de la Haute-Loire.

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-st-agreve-a-fay-sur-lignon-par-la-via-gebennensis-adresca-33100158

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Le plateau de St-Agrève, à 1000 m d’altitude, alterne les forêts et les prairies, entre vastes paysages et espaces plus restreints. C’est l’image d’une campagne d’altitude, on dirait de pâturages tranquilles. Les sommets et les pentes sont plutôt couverts de prairies, les creux de bosquets, où dominent les conifères, dont les épicéas et les sapins Douglas. Par endroits, les paysages sont vraiment extraordinaires, quand la forêt épouse les pâturages. On avance sur une sorte de belvédère, où le rebord du plateau plonge sur la vallée en dessous et où se détache constamment l’étrange silhouette emblématique du Mont Mézenc, que l’on longe au loin, comme un synonyme d’ouverture, de profondeur, voire de mystère. Les volcans ont toujours fasciné les gens.

Aujourd’hui, on va passer de l’Ardèche à la Haute Loire, sans transition. C’est le même pays, le même paysage. Dans la beauté tout est relatif, mais on peut dire que cette étape traverse sans doute les plus beaux paysages d’Ardèche du nord, car tout y est: les prairies, les forêts et la quiétude des lieux. La région est sillonnée de GR. Ici passent le GR7, le GR420 et le GR430. Jusqu’à Fay-sur-Lignon, la Via Adresca épouse tous ces GR. Vous pouvez donc vous fier autant aux bandes rouge et blanc du GR qu’à la coquille de Compostelle. Il n’y a que deux tronçons où une petite divergence entre les chemins se marque. Ici encore, nous avons coupé la poire en deux. On peut bien sûr aller en une seule étape à St Front, sur 27 kilomètres.

Difficulté du parcours: Les dénivelés (+307 mètres/-205 mètres) sont peu marqués sur l’étape. Ce n’est qu’aux alentours de Fay-sur-Lignon que les pentes sont plus marquées pour descendre dans le trou que fait le Lignon et remonter sur le bourg au sommet de la colline.

 

Dans cette étape, vous marcherez autant sur les routes goudronnées que sur les chemins :

  • Goudron: 8.1 km
  • Chemins: 9.2 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

 

Section 1: Balade sur le plateau de St Agrève.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

La Via Adresca part aujourd’hui de la sortie de St Agrève, près de la gare du Velay Express. Dès le départ, elle est commune avec les GR7, GR420 et GR430. Elle part sur la route vers le Pont.
Au Pont, la route traverse l’Eyrieux, qui n’est ici qu’un gros ruisseau. Cependant, l’Eyrieux est une des rivières majeures de l’Ardèche, une rivière qui rejoint le Rhône, dans une vallée très encaissée, secrète, là où passait autrefois le train et où passe aujourd’hui la Dolce Via des randonneurs. Nous avons frôlé la vallée près de St Julien-Labrousse et Chalencon.
La via Adresca quitte le village au niveau du lavoir communal, un bel ouvrage de pierre scellées.
Un étroit chemin s’en va alors dans les sous-bois, d’abord dans les conifères, puis dans les érables, les frênes et quelques châtaigniers.
Puis, la Via Adresca hésite entre la terre battue, le sable et même le goudron, entre conifères et feuillus. Ici, les frênes prennent souvent de plus en plus d’espace.
Un large chemin de terre traverse le sous-bois. Ici, les signes des GR et de la Via Adesca zèbrent les arbres. On n’a pas le droit de se perdre!

A la sortie du bois, le chemin passe devant une magnifique ferme en pierre sous les arbres. La région repose sur un socle granitique, qui a servi pendant longtemps à la construction locale.

Un peu plus loin, le chemin retrouve un des nombreux affluents de l’Eyrieux.
Puis, à l’entrée d’un sous-bois, prenez bien attention à la signalisation. Vous voyez que la Via Adresca, le chemin de Compostelle marqué par les coquilles, se sépare des GR en rouge et blanc. Chaque traceur de chemins veut conserver son originalité, ce qui, en fait, souvent apporte plus de confusion pour le randonneur. Alors, ici la Via Adresca va suivre le même chemin PR (petite randonnée), marqué de jaune et blanc. Plus loin, tous les chemins se retrouveront!
Un chemin de terre gris traverse le sous-bois, au milieu des fougères sous les pins, puis ressort dans les prés. Le plateau est à plus de 1’000 mètres, une altitude un peu haute pour les châtaigniers, qui survivent difficilement au-dessus de 800 mètres. Mais pourquoi conserve-t-on ses souvenirs de vacances au coin des bois, dans une si belle nature?
Le chemin passe peu après au hameau de Moze caché sous le grand frêne.
Nous avons traversé depuis quelques jours durant des forêts presque compactes de châtaigniers. Ici, les frênes prennent le relais, presque jusqu’au Puy. La campagne est superbe ici.

Section 2: Dans les forêts du plateau de St Agrève.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Le chemin, qui passe un moment dans l’herbe, retrouve plus loin une petite route goudronnée.
La route arrive à un carrefour, qui permet de gagner le Château de Flossac, mais n’y va pas. A l’horizon, derrière les rangées d’épicéas, toujours la ligne de crête des Cévennes et des Puys, où domine le mont Mézenc. Depuis ici, la via Adresca et les GR sont à nouveau confondus.
Alors, un large chemin repart dans les prés, à l’ombre des frênes, des pins et des érables.
C’est de la vraie balade, dans une nature intacte, douce et accueillante. Plus loin, le chemin se termine sur le goudron.
Alors, la petite route part dans les prés en direction du hameau de Le Coin, au milieu des belles Abondances, les vaches de montagne du Reblochon, qui se plaisent aussi ici, en altitude.
La route arrive alors vers la départementale D15, l’axe routier qui va de St Agrève au Puy-en-Velay.
La Via Adresca ne suit pas la D15 mais part entre sous-bois et prés vers la forêt, toujours sous les pins, les épicéas, les frênes et les érables. Devant soi s’étalent les forêts que l’on devine riches de conifères, de pins en particulier.
La route entre alors dans la grande forêt de Maret.
Un petit chemin fait un crochet pour éviter la route, mais rapidement on retrouve la route.
La route continue alors dans la forêt, puis trouve une clairière.
A un petit carrefour de routes, la Via Adresca prend la direction du lieudit Le Gueyt.
Dans la région, il n’y a pas de village, ni même de hameau. Ici, seulement une maison où les ânes prennent le frais sous les frênes.
Sitôt après une ferme sans doute à l’abandon, la route s’arrête et un chemin part à nouveau dans les bois.
Si de loin, la forêt peut paraître compacte, avec des épicéas, en fait, ici la forêt est mixte, avec parfois des hêtres, des frênes, des charmes ou des érables, parfois des épicéas et des pins.
Peu après, le chemin sort un instant de la forêt pour rejoindre une petite route.
A deux pas, la route arrive à un carrefour avec une croix. Ici, on peut gagner le village de St Romain et l’observatoire astronomique de Mars.

A deux pas, la route arrive à un carrefour avec une croix. Ici, on peut gagner le village de St Romain et l’observatoire astronomique de Mars.

La via Adresca rejoue alors avec les GR, et s’en sépare. Un chemin va traverser une forêt d’épicéas et de pins de Douglas, alignés comme dessinés à la règle…
…pour ressortir sur la terre ocre dans une clairière au milieu des frênes et des érables. Ces arbres, pour pousser, préfèrent le grand air et les espaces ouverts. Le chemin alors franchit et continue dans la clairière.

Disons simplement que sur ce haut plateau, le spectacle de la nature est juste grandiose, peut-être le plus beau de toute la Via Adresca, en tout cas le plus reposant. Pas un seul champ cultivé, pas de champs de maïs souvent misérables au regard, mais pas non plus de blés qui se balancent dans le vent. Que des prairies et des forêts.

Section 3: Tout au bout de l’Ardèche.

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Un peu plus loin, le chemin rejoint la petite départementale D151 qui s’en va dans les prés. A l’horizon toujours la ligne de crête, où le Gerbier de Jonc se fait de plus en plus petit et plus lointain et le mont Mézenc plus présent.
La route longe assez longtemps le sous-bois d’épicéas et de sapins Douglas, avec ci et là, un érable, un pin ou un frêne. Ici, l’élevage est la loi, car les champs cultivés ne poussent guère au-dessus de 1’000 mètres d’altitude.
Au lieudit Le Petit Freydier, la Via Adresca quitte la départementale.
Ici, la Via Adresca devient à nouveau commune avec les GR, et se dirige vers le village de Hugons.
Le sol est avant tout granitique sur le plateau et la pierre est souvent utilisée pour les maisons ou pour les murets qui limitent les prés. Mais, il y a aussi du basalte. Apparemment dans le pays, on a choisi en priorité les Abondances. Il faut dire aussi que le climat est rigoureux, et que peu d’obstacles peuvent stopper la burle, le vent d’ici qui souffle violemment la neige en hiver sur le plateau.
La route quitte alors un village fort dispersé.
Un chemin entouré de murets de granite recouverts de mousse s’en va alors sous les frênes et les érables.

Section 4: Bienvenue en Haute-Loire.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Le chemin traverse alors une immense plaine nue, incroyable, si magnifique qu’on se croirait presque au paradis. Du moins le paradis des marcheurs et des randonneurs! C’est ici que nous quittons sans le savoir le département de l’Ardèche pour celui de la Haute-Loire.

On a le sentiment d’approcher un peu plus de la crête des Cévennes et des Puys, mais on n’ira pas jusque-là. Devant vous se dresse le Mont Mézenc, également un haut lieu du tourisme local avec le Gerbier de Jonc. Tout est volcanique là-bas, le mont coupé en deux. Le sommet sud culmine à 1753 mètres d’altitude, étant le plus haut sommet de l’Ardèche. Son voisin, presque aussi haut, le sommet nord, est le plus haut sommet de la Haute-Loire.
On dit que quand souffle le vent dans la plaine, on peut avoir des mètres de neige. Pour le pèlerin, ne vaut-il pas mieux passer en dehors de cette période? Il n’en demeure pas moins que la promenade ici est assez exceptionnelle, avec par endroits une similitude avec l’Aubrac, avec parfois des blocs de granite épars.

Au bout de la plaine, sur la terre ocre, le chemin retrouve un sous-bois peu dense, au milieu des Charolaises et des Blanches d’Aquitaine, des épicéas et des frênes.
Un peu plus loin, les épicéas et les pins de Douglas se serrent les uns contre les autres dans la forêt.
Dans toute cette longue traversée du plateau, le chemin est large, peu caillouteux. Ici, il ressort du bois et le longe pour passer à La Croix de la Vielle Église, égarée ici en pleine nature sauvage. C’est ici qu’aurait été construite au XIIIème siècle une église. L’église fut rasée lors de la Guerre de Cent Ans au XIVème siècle.
Depuis la belle croix de granite, le chemin continue à arpenter la plaine au milieu des prés, le long des haies de genêts. Ici passait dans la plaine une voie romaine. Les romains n’ont sans doute pas connu de difficulté à établir un passage avec une telle géographie.
Le chemin croise une sorte de menhir de basalte monté sur un socle de granite, dont nous ne connaissons pas la symbolique et progresse en direction des Vastres.
Le chemin descend alors sur Les Vastres. L’église Ste Anne, construite au XIVème siècle en utilisant les pierres de la vielle Église, fut remaniée au cours des siècles. Ici, dans la région, la population est aussi divisée entre protestants et catholiques. Les protestants ont leur temple dans un hameau éloigné du village.

Section 5: Vers Fay-sur-Lignon, au sommet de la colline.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: la seule difficulté du parcours, avec une descente sévère sur la plaine du Lignon, et une remontée interminable sur le bourg au sommet de la colline.

Aux Vastres (200 habitants), il faut être attentif, tant de chemins y passent. Le nôtre, marqué de la coquille emprunte le Circuit du Marais.
Comme le GR7/420/430 il prend la départementale D7 à la sortie du village, direction Fay-sur-Lignon. Puis, les chemins quittent la route près d’une croix en pierre.
Une petite route monte alors en pente douce vers les Vastrets.
La route arrive bientôt aux Vastrets sous les frênes et les érables. Notre direction reste le Circuit du Marais.
On trouve de belles maisons taillées dans le basalte et le granite. Attention ici! La tentation est d’aller tout droit sur le chemin à la sortie du hameau et de monter dans les prés. Non, dès la sortie du hameau, le chemin part à droite dans la lande sur la crête.
Le chemin suit alors la crête. Ici, sur un grand frêne, on voit que le GR suit le même chemin que la Via Adresca dans l’herbe.
Au bout de la crête, le chemin arrive dans un sous-bois, où il part alors sur le Chemin de la Douce.
A la sortie du bois, on a devant soi Fay-sur-Lignon, juché sur une colline. On se dit qu’il n’y a qu’à descende un peu d’ici pour atteindre le bourg. Détrompez-vous! Il y a vallon entre deux.
Le chemin descend jusqu’à croiser la départementale D500, qui mène au village. Jusqu’ici le parcours a été généreux, mais ici la pente est parfois à plus de 15%.
Le chemin descend encore jusqu’à trouver un pont dressé sur un affluent du Lignon.
Il y a presque 100 mètres de dénivelé entre le pont et le village. En conséquence, les pentes sont souvent ici nettement supérieures à 10%. Le chemin monte au milieu des frênes vers les maisons en pierre au bas du village.
A l’approche du village, le goudron remplace la terre battue et l’herbe. C’est aussi ici que la montée est la plus exigeante le long des magnifiques bâtisses dans leurs habits de basalte et de granite.
La route passe près de la fontaine St Régis, un saint local qui se serait désaltéré ici au XVIème siècle, en évangélisant le Vivarais passé grandement dans la Réforme. On organise des pèlerinages ici. La route arrive alors sous l’église de St Nicolas, originellement datant du XIIème siècle, modifiée par la suite. Nous n’avons pas vu le pic basaltique près de l’église, n’étant pas au courant de son existence. Alors voici pour vous qui allez passer par ici cette merveille géologique (Wikipedia Commons, auteur: Arnaud-Victor Monteux).
Au début du Xème siècle, la famille de Fay construisit sur le rocher basaltique une forteresse, qui donna par la suite naissance au bourg. Aujourd’hui, c’est un petit village (375 habitants), mais avec tous les commerces. Ici, nous avons parcouru plus de17 kilomètres depuis St Agrève.