07 : Chalencon à Les Nonières

D’un vallon à l’autre dans le Haut Vivarais

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-chalencon-aux-nonieres-sur-la-via-gebennensis-adresca-32958489

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Il y a maintenant bien longtemps un petit train circulait dans le Haut Vivarais et la Haute-Loire, permettant de relier la vallée du Rhône au Puy-en-Velay. A la fin du XIXème siècle, on mit en place progressivement, sur un terrain difficile, une ligne étroite où circulait un train à vapeur, entre tunnels et viaducs pour désenclaver la région. Ce petit train connut un grand succès pour les voyageurs, mais aussi pour le transport des bois, des châtaignes et des produits textiles, un des fleurons de la région. Puis arriva l’essor de la route, signe de la mort des petits trains. En 1968, une décision ministérielle mit fin à l’exploitation de la ligne. Les rails furent enlevés dans les années 70. De cette histoire, ne demeure aujourd’hui qu’une voie, appelée “Dolce Via, la Voie Douce”. Ce chemin, fort utilisé par les randonneurs et les cyclistes sillonne toute la région, et passe notamment à Nonières.

Mais ce n’est pas cette douce voie qu’emprunte le Chemin de Compostelle. Ce dernier utilise une voie moins douce, plus raide. La Via Gebennensis/Adresca suit son propre chemin, qui entre souvent en compétition avec une voie encore plus pentue, qui est le GR420 qui va aussi de Chalencon à Nonières. Ce dernier est un peu plus long que la Via Adresca et présente surtout des dénivelés plus marqués. Mais, si vous aimez l’exercice vous pouvez aussi suivre ce chemin jusqu’à Nonières. Pour notre part, nous resterons sur la Via Adresca, le chemin de Compostelle.

 

Il est tout à fait possible d’aller jusqu’à St Agrève en un jour, mais alors c’est plus de 1000 mètres de dénivelé positif. Aussi avons-nous décidé de couper la poire en deux et de faire halte à Nonières.

 

Difficulté du parcours: Ainsi, sur ce parcours réduit, les dénivelés (+397 mètres/-438 mètres) sont fort raisonnables. Le chemin mont sèchement au-dessus de Chalencon dans l’oppidum romain, puis se tasse en gagnant le Col de Ceyssouan. Du col, c’est une descente sans problème vers un vallon au-dessous de St Julien-Labrousse. Du vallon, il faut remonter de manière assez régulière jusqu’au sommet de la forêt dominant Nonières. La descente ne pose pas de problème.

 

Dans cette étape, vous marcherez un peu plus sur les routes goudronnées que sur les chemins :

  • Goudron: 7.9 km
  • Chemins: 6.0 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

 

Section 1: Montagnes russes dans les forêts et les clairières.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours qui n’est pas de tout repos, avec parfois des pentes marquées, à près ou plus de 15%.

 

Nous partons aujourd’hui de la place du Valla par les escaliers qui conduisent à l’église et à l’Office du Tourisme. Ici, à l’Office du Tourisme, il faut être très attentif. Car, si dans l’étape précédente, le GR420 et le Chemin de Compostelle étaient communs, ici ce n’est pas le cas. Le GR part à gauche du bâtiment, la Via Adresca à droite.
Pour un départ, ce ne sont pas les vacances. Loin de là! Il faut suivre d’abord les escaliers au-dessus de l’église. Les escaliers conduisent à ce qui a d’abord été un oppidum celtique, puis plus tard occupé par les romains.
Le chemin zigzague alors avec volupté dans les ruines de l’oppidum. C’est à la fois magnifique et triste ce capharnaüm de cailloux qui ont perdu leur raison de vivre. Les vestiges ne sont pas très spectaculaires, se présentant surtout sous la forme de murets rongés par les siècles, dans une végétation fruste, souvent envahissante. Mais, on peut encore assez bien délimiter le pourtour.
Au sommet de l’oppidum, le chemin progresse le long de petits murets couverts de mousse dans les broussailles, les pins, la charmille et les châtaigniers.
On croise souvent sur le chemin des châtaigniers plusieurs fois centenaires, mais les chênes ont certainement le même âge. Le chemin avance jusqu’à trouver une route qui monte dans le bois.
La direction est celle de La Blache. Rappelons ici que les blaches sont souvent des terrains récupérés sur des chênaies. Mais, la forêt est très mixte ici, un mélange de feuillus de toutes les espèces et de conifères, dont des pins et des épicéas.
La route goudronnée s’arrête à la Blache. Ces hameaux sont le plus souvent des maisons ou des fermes isolées dans la campagne ou au bord de la forêt.
Un chemin de terre glaise assez pierreux monte alors dans la forêt, trouvant le lieudit Les Parquets juste au-dessus.
Le chemin hésite un peu entre le sous-bois et les prairies dans les clairières, tantôt sur la terre glaise, tantôt sur l’herbe.

La Via Adresca arrive alors au lieudit Pracoulet dans la clairière.

Le chemin monte encore doucement dans les prairies et les sous-bois. Quand on jette un coup d’œil à l’horizon, on ne voit que des forêts qui grimpent à l’assaut des collines, avec parfois en dessous quelques maisons ou un village isolé. Cette partie de l’Ardèche, vide de visiteurs, est aussi belle, mais si différente de la partie sud où les touristes se pressent. La colline à l’horizon, c’est là que passe demain le chemin pour St Agrève.
On musarde ici, avec bonheur. Tiens, voilà un arbuste qu’on aurait bien été en peine de nommer. Avez-vous déjà mangé des nèfles?
Le chemin passe alors dans un doux paysage entre blés, genêts, pins et épicéas.

Le chemin arrive bientôt au lieudit Le Fraysse, dans les blés, sur un petit plateau.

Un beau chemin de terre battue ocre s’en va alors sur le petit plateau entre sous-bois et prés. Devant soi, on aperçoit la petite départementale qui passe au col de Ceyssouan.

Section 2: Montagnes russes dans les châtaigniers.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: de la descente surtout, sans grande difficulté.

 

Le chemin rejoint rapidement le col de Ceyssouan dans les châtaigniers et les frênes. Nous sommes ici à plus de 800 mètres d’altitude et plus haut, les collines sont remplies d’épicéas.
La Via Adresca prend alors la direction de St Julien-Labrousse, en suivant la départementale D241, l’axe du jour, qui va de Chalencon aux Nonières. Devant soi s’étend au loin le village de St Julien sous les collines boisées, et plus loin encore les hautes collines, où il faudra passer demain pour gagner St Agrève.
La petite route s’engage dans une forêt où dominent les épicéas et les châtaigniers avant de trouver un chemin forestier qui part en dessous de la route.
Le chemin descend alors dans une sorte de petite jungle où se dressent encore de vieux châtaigniers.
Puis, le chemin s’élargit dans les châtaigniers et se dirige vers les méandres du ruisseau de Signabourre.
En fait, tout ce petit trajet est pour éviter la départementale. S’il pleut, suivez la route et ne prenez pas le chemin au départ. Ici, la végétation est luxuriante, et l’étroit chemin joue sans cesse avec les petits bras du ruisseau. On devine aisément les problèmes posés par le parcours par temps pluvieux.
Après avoir joué un peu avec le ruisseau, le chemin remonte sur une butte vers la départementale, au milieu des buissons, des feuillus, des pins et des épicéas.
La Via Adresca suit alors à nouveau la D241, atteint un petit carrefour où la route passe sur le ruisseau de Signabourre et continue dans les pins.
Puis, elle sort du bois pour passer au lieudit Le Pontet. Le village de St Julien-Labrousse se rapproche devant vous, à 2 kilomètres d’ici, par la Via Adresca.
La Via Adresca quitte alors la départementale pour un large chemin de sable qui s’en va à plat dans les prés, pour retrouver rapidement une petite route goudronnée.

Section 3: Du charmant site de Boissier, en passant par St Julien-Labrousse.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: quelques talus brefs à affronter.

 

La Via Adresca suit alors la petite route de campagne dans les pins, traverse le ruisseau du Glo.
Elle descend jusqu’à trouver sur sa gauche un large chemin de terre qui descend progressivement vers le ruisseau.
Plus bas, le chemin passe dans l’herbe, sous l’arche d’un pont.
Au bas de la descente, au fond du vallon, le chemin passe à Boissier. Ici, le charme et la magie opèrent vraiment. La lumière joue avec le pont de pierre et le bleu du ruisseau qui gargouille doucement.

Le chemin remonte alors sèchement, mais de manière brève, pour une petite route goudronnée, qui passe juste au-dessus du site.
La Via Adresca suit alors la route, pour rejoindre un peu plus loin la départementale D421. Ici, on est juste en face de St Julien-Labrousse, mais il y a une petite cuvette, dont on va bien sûr profiter pour y faire une escapade.
La Via Adresca va traverser la route et descendre dans le petit vallon, dans les mousses et les herbes folles, pour retrouver un des nombreux bras du Glo.
Le chemin remonte alors sèchement jusqu’à une petite route en dessous du village.
Ici, on devait sans doute profiter du ruisseau pour faire du moulinage, comme l’indique le nom d’une rue du bas du village. Est-ce que la salle des fêtes, toute habillée d’ocre et de rouge, avait aussi une autre vocation? Les 350 habitants le savent sans doute. Toujours est-il que pour arriver au centre du village, la route monte à plus de 15%. Ici, l’église a été modifiée au XVIIème siècle.
C’est aussi ici que passe le GR420, qui va faire quelques centaines de mètres en commun avec la Via Adresca jusqu’à Fialy. La route passe devant le lavoir communal, toujours en état, et un petit chemin goudronné passe au-dessus du village vers le cimetière.
Au niveau du cimetière, la route cède la place à l’herbe.
Quand vous arriverez ici, redoublez d’attention. Vous vous dîtes que le panneau d’interdiction de circuler est pour les véhicules. Oui, mais il est aussi pour vous. Le chemin n’est pas indiqué du tout, mais il longe le dessus du cimetière dans les herbes folles.
Le chemin traverse un petit sous-bois avec de nombreux châtaigniers, et ressort sur la route près des maisons assez récentes de Fialy. Ici, le GR420 repend ses aises et part vers la gauche.
La Via Adresca monte, elle, tout droit en direction des Combes.
La route monte dans une riante prairie jusque vers la forêt d’épicéas, au sommet de la colline. La route monte en continu sur des pentes entre 7% et 15%. On a rarement le sentiment que la pente est insurmontable.
Un gîte faisant aussi chambres d’hôte est disponible, aux Combes, à l’entrée de la forêt.

Section 4: En plongée sur Nonières.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours: descente de près de 200 mètres de dénivelé sur Nonières, avec parfois des pentes très prononcées.

 

Peu au-dessus des Combes, la Via Adresca rejoint la départementale D21 dans les épicéas de la Serre des Portes, la grande forêt au-dessus des Nonières.
Elle descend sur la route en direction des Nonières.
Soyez attentifs dans la descente, car bientôt, un chemin part dans la forêt vers le hameau de Leyrol, bien avant Les Nonières. Si vous descendez sur le côté gauche de la route, comme le préconise la bonne conduite du piéton, pour voir venir les véhicules en face, vous aurez sans doute de la difficulté à trouver le signe de bifurcation du chemin. Mais, ce n’est pas grave, car vous pouvez aussi suivre la route jusqu’au village. Il n’y a que peu de véhicules circulant sur cet axe.

Pourtant, il y a bien un signe de chemin sur la droite marqué sur un arbre. Mais, jamais vous ne le verrez, si vous ne savez pas qu’il existe. Nous sommes là pour vous le dire.

Un large chemin descend dans une très belle forêt. Le signalement des coquilles est très présent ici, car il y a aussi de nombreux autres chemins.
La pente est assez sévère, parfois à plus de 15%. La forêt est mixte ici, au milieu des châtaigniers, des hêtres, des érables, des chênes et de la charmille. Le sol est souvent recouvert de pommes de pins, très présents
Plus bas, le bois devient plus sombre et le chemin passe au milieu d’énormes Douglas. Il est assez facile de reconnaître ces gigantesques arbres. Ils produisent des pives, mais plus petites que celles des épicéas. Le tronc est souvent plus rouge et crénelé que celui des sapins blancs, qui eux ne font pas de pives.
Plus bas encore, le chemin quitte les arbres pour les clairières. Le pays s’ouvre alors à nouveau sur un grand cirque de forêts qui s’épanouissent au loin.
En sortant du bois, vous avez une idée assez précise de ce qui vous attend pour la suite. Au fond du vallon, le village des Nonières vous attend. Par la suite, il vous faudra affronter la terrible colline au-dessus du village, puis passer vers les éoliennes que vous voyez s’agiter très haut sur la montagne, à votre droite.
Alors le chemin descend dans les prés pour rejoindre une petite route goudronnée qui sillonne le long des bois.
La pente reste constante et marquée sur la route qui fait de grands virages entre prés et sous-bois.
La route se rapproche progressivement du village. Vous voyez aussi devant vous la route départementale qui descend vers le village et que vous auriez suivie si vous aviez raté la bifurcation de la forêt plus haut.
La route arrive bientôt au bas de la descente près des maisons de pierre isolées de Leyrol à la limite des bois.
Rapidement, la petite route de campagne rejoint la route départementale.
La route arrive alors au centre du village. C’est un petit village de 200 habitants. Mais, on peut se restaurer et loger dans le village. Les possibilités de logement ne sont pas nombreuses, il n’y en effet qu’une possibiité. Alors, certains pèlerins iront jusqu’à St Agrève, une quinzaine de kilomètres plus loin. Il est bon de rappeler que sur toute cette variante du Chemin de Compostelle, les logements ne sont pas légion, comme sur la Via Podiensis. Mais, il faut dire aussi que beaucoup plus rares sont les usagers de ce chemin. Cependant, il faut aussi tenir compte des randonneurs du GR420 qui peuvent aussi s’arrêter ici.
Ici, les protestants ont détruit l’ancienne église. Celle-ci est du XIXème siècle. L’intérieur est sombre, propice à la prière. Une belle croix de fer touche le ciel.

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