05 : Roche-de-Glun au Col de Pensoye/Cerisier

Ici, il ne faut pas se perdre en chemin

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-roche-de-glun-au-Ponsoye-de-ponsoye-cerisier-par-la-via-gebennensis-adresca-32870312

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Le département de l’Ardèche doit son nom à la rivière qui le traverse. L’Ardèche, c’est l’ancienne province du Vivarais. Pour de nombreux touristes, l’Ardèche se résume à des villages de caractère perdus dans la garrigue, au milieu des buis, du thym et de la bruyère, près des magnifiques gorges de l’Ardèche. Tout cela c’est le Bas Vivarais, au sud du département. Ce n’est pas cette partie de l’Ardèche que nous visiterons. Nul ne peut nier qu’il existe une différence flagrante entre l’Ardèche du nord et celle du sud, dont la ligne de partage passe près du Gerbier du Jonc et du Mont Mezenc, les volcans ardéchois que nous verrons ces jours prochains se dessiner à l’horizon au-dessus des collines. Un GR, le GR420, parcourt ici tout le Haut Vivarais. Aujourd’hui, nous ne ferons que l’effleurer en fin d’étape.

 

Nous allons donc rester dans le Haut Vivarais, près des montagnes ardéchoises, dans des terres de silence et de solitude. C’est le pays des châtaigniers, même si ici, la production est en perte de vitesse, du fait de l’exode massif des paysans. Dans de nombreuses régions, les épicéas et les hêtres ont pris le dessus sur les châtaigniers, ou vont le faire avec le temps. C’est apparemment couru d’avance.

La Via Gebennensis/Adresca remonte alors progressivement de la plaine sur le haut plateau ardéchois. Aujourd’hui, l’étape se termine apparemment sur un cul-de-sac, près d’un Ponsoye de moyenne altitude, sans grandes localités dans les alentours. Il faut parfois “faire avec”, comme on dit. Mais, on peut tout de même y loger.

 

Difficulté du parcours: Les dénivelés du jour (+713 mètres/-232 mètres) sont importants, surtout en montée. Ils sont d’autant plus marqués qu’ils ne considèrent que la deuxième partie de l’étape, la première n’étant qu’une promenade de santé le long du Rhône. A partir de St Péray, la pente se fait assez rude et continue jusqu’à la fin de l’étape. Parfois, le parcours fait des pauses, même redescend un peu. La plupart du temps, la pente ne dépasse pas 15%, mais il existe de nombreux tronçons où la pente est encore plus prononcée.

Aujourd’hui, les parcours sont au détriment des chemins :

  • Goudron: 16.5 km
  • Chemins: 8.3 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

 

Section 1: Le long du Vieux Rhône.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Nous l’avons dit dans l’étape précédente. La Via Adresca ne va pas au centre de La Roche-de-Glun, mais il faut bien trouver à loger quelque part. Alors, elle sort du village en direction du barrage.

Le barrage ici est en activité depuis 1968, permettant la production d’électricité, et l’amélioration de la navigation, qui se passe maintenant sur le Canal. Le jeu est réglé par un système de 6 vannes qui permettent de réguler les niveaux d’eau, de contrôler les crues et la navigation sur le Canal.

Sur sa gauche, on voit le cours du vieux Rhône qui descend vers le sud.
Sur sa droite s’étend le lac fermé par le canal du Rhône dans lequel trempe Roche-de-Glun. Ici, l’eau bouillonne littéralement dans les vannes, signe de la force de l’eau. Les cormorans guettent avec envie les poissons qui y passent.
A la sortie du barrage, nous quittons la Drôme pour l’Ardèche.
La Via Adresca quitte alors la route pour la longer sur un large chemin sablonneux qui se dirige au bord de l’eau vers le village de Glun.
Glun, c’est 700 habitants ente le Rhône et sa petite église. C’est la ville de naissance et de la petite enfance de Frédéric Dard, le père de San Antonio. En face se dessine nettement la Roche-de-Glun, son église et ses tourelles.
Depuis l’église, la Via Adresca fait quelques virages autour du village et ressort en périphérie sur la D222A qui contourne le village et vient du barrage. C’est l’axe qui permet de rejoindre la célèbre D86, la route des vins des Côtes-du-Rhône, de Cornas à Vienne.
Elle traverse alors un pont jeté sur le ruisseau du Rioutard, complètement à sec lors de notre passage, et se dirige dans les arbres fruitiers vers la voie de chemin de fer, qui court parallèle à la départementale D86.

Bientôt, un choix s’impose, soit passer par St Péray, soit choisir la variante de St Romain de Lerps. Cette dernière monte directement sur les collines d’Ardèche, l’autre variante suit d’abord le Rhône jusqu’à St Péray, avant de grimper à son tour sur les collines d’Ardèche. Les deux chemins se rejoignent près d’Alboussière. Pour notre part, nous avons opté pour la variante de St Péray.

Sur la variante de St Péray, un large chemin s’en va alors dans le sous-bois, le long du Rhône.
La végétation ici est débordante de vigueur, au milieu des chênes rouvres, des chênes verts, des érables, des frênes et des châtaigniers.
Partout, des écriteaux alertent à ne pas trop se rapprocher de la rivière. Car, le vieux Rhône qui sort du barrage peut être tantôt tumultueux, tantôt paisible. De nombreux bras du fleuve passent par ici. Mais, parfois, on le voit presque misérable, amputé qu’il a été d’une grande part de son eau pour gonfler le Canal.
Le chemin est fort agréable, si ce n’est le bruit des moteurs sur la grande route départementale à deux pas d’ici. Le train, vous ne l’entendrez guère. Ce n’est plus qu’une voie de transport de marchandises. Ici, les grands aulnes et les robiniers jouent avec les autres feuillus à qui sera le plus haut.
Sous la dense végétation, la fraicheur est de mise. Parfois, quelques trouées permettent de gagner la rivière, tantôt sage comme une image, parfois un peu plus tumultueuse, mais jamais sévère.
Puis, le tapis de sable s’estompe et les cailloux reviennent en force. En amont, on voit encore d’ici le barrage de la Roche-de-Glun.
Mais oui, ils sont toujours là, nos beaux galets, tout doux, tout ronds, quand le chemin se rapproche un peu plus de la voie de chemin de fer.

Section 2: Le long de la Voie Bleue.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

Quand le chemin sort de la forêt et que les galets s’évanouissent comme par miracle, en se retournant, on voit encore le barrage de La Roche-sur-Glun. Ici, le vieux Rhône court, paisible, dans la lande.
Encore quelques vallonnements d’aucune magnitude entre sous-bois, lande rase, grands frênes et chênes verts…
… et le chemin sort dans les arbres fruitiers. Sur les collines de l’Ardèche apparaissent déjà les premières vignes, agrippées à la pente pour ne pas tomber dans le vide, appartenant sans doute déjà à l’appellation Cornas. Parmi les cultures, il n’y a que les vignes et les oliviers qui ouvrent des horizons de rêve si mystérieux.
Puis, le goudron revient et devant soi apparaît le château fantasmagorique de Chateaubourg.
Le village est magnifique, tout en pierres, avec des venelles tortueuses montant vers l’église et le château. Le château date du XIème siècle, appartenant à une trilogie de châteaux d’un dénommé Rogier, bandit de grand chemin. Louis IX, de passage ici, assiégea le château de la Roche-de-Glun, trucida le bonhomme, et aurait passé la nuit à Châteaubourg. Le château resta de nombreuses années aux mains de potentats locaux, puis, au XVIème siècle, lors des Guerres de Religion, il passa aux mains des protestants. Le château fut restauré au XXème siècle.
La Via Adresca quitte le village sur les hauts, en direction du cimetière, sous le château.

Le passage par St Péray n’est pas nettement précisé. Et c’est déjà ici que le doute va s’installer dans votre esprit au sujet de la direction à prendre. Il y a deux coquilles avec deux directions différentes !!!! Laquelle choisir ? Et pour compliquer le tout, il y a la Voie Bleue. Il faut suivre celui qui va en direction de Guilherand-Granges, mais qui passe aussi à La Mûre. C’est pour l’instant celui-ci qu’il faut emprunter et qui est commun avec la Voie Bleue. Il faut bien comprendre qu’il y a aussi deux chemins de Compostelle: la variante de Gillonay qui va au Puy-en-Velay et la vraie Via Adresca, qui n’ y va pas, mais va vers Arles. C’est peu avant St Péray que les deux chemins se séparent.

La Voie Bleue est un chemin utilisé spécialement par les cyclistes, qui court le long du Rhône. Il passe près de Guilherand-Granges, et descend encore plus bas que Valence. Vous voyez bien le trajet de cette voie, et vous comprenez bien qu’il vous faudra remonter depuis le Rhône en passant par Guilherand-Granges, si vous devez aller à St Péray, ce qui est notre cas. Par contre, si vous vous décidez pour le Chemin de Compostelle vers Arles, vous pouvez aussi emprunter une partie de la Voie Bleue, car la Voie d’Arles passe par Guilherand-Granges en quittant St Péray. Evident, mon Cher Watson!

A la sortie du village, après le cimetière, la route s’en va à plat sur la Voie Bleue, dans les vergers. Ici, on n’encourage pas la maraude.
On y cultive un peu la vigne, un peu le maïs, mais surtout l’abricotier.
Plus loin, la route se rapproche alors un peu plus de la voie de chemin de fer et de la RN86 qui suit, parallèle au train. Cette ligne est fermée au trafic des voyageurs depuis 1972, et seuls passent par ici les trains de marchandises, et encore pas tous. Alors, voilà que cette partie de l’Ardèche est privée de tout train pour les voyageurs. Mais comment se déplace-t-on sans voiture personnelle? A pieds, sans doute. Comme nous.
La route se rapproche alors progressivement entre arbres fruitiers et maïs d’un sous-bois et de quelque chose qui a dû un jour être une petite gare.
Vous marchez toujours sur la Voie Bleue et un chemin de terre lisse comme un sous neuf va traverser alors assez longtemps un sous-bois de feuillus, assez dense.
La route se rapproche alors progressivement entre arbres fruitiers et maïs d’un sous-bois et de quelque chose qui a dû un jour être une petite gare.
Puis, la route se rapproche du Rhône. Ici, un instrument de mesure des niveaux de la rivière.

Quand vous arriverez ici, sur une place de parc avec un endroit de pique-nique placé sous les arbres, prêtez une attention soutenue. La Voie Bleue continue tout droit à travers le parc, la Via Adresca qui va à St Péray, absolument pas.

Le problème ici ne tient pas seulement aux organisateurs du Chemin de Compostelle, mais au panneau de signalisation des offices de tourisme, car le panneau n’est pas visible, mais caché derrière un bouquet d’arbres. Alors, spontanément vous irez tout droit, et traverserez le parking, ce qu’il ne faut pas faire. Pourquoi? Car ici, il y a deux chemins de Compostelle, celui qui suit la Voie Bleue le long du Rhône et passe à Guilherand-Granges, pour continuer sur le chemin qui mène à Arles. L’autre, le nôtre va vers Cornas, en passant par le hameau de la Mure.

Et en fait, pour faire encore plus simple, il y a même deux chemins flanqués de la coquille pour St Péray, un de 3.1 km, l’autre de 1.6 km, tous les deux passant par le Chemin des Mulets !!!!! Abondance de biens nuit. On ne peut que remercier chaleureusement tous les volontaires des Amis de Compostelle qui tracent les chemins. Mais avouez ici qu’on aurait pu faire plus clair, non?

Nous avons opté pour le chemin de 1.4 km, direction Cornas. Mais était-ce vraiment une bonne idée? Vous voyez ici le panneau caché derrière les arbres. La Via Adresca pour St Péray via Cornas quitte l’endroit juste avant la voie de chemin de fer.
Une petite chapelle est située à la Mure, juste au-dessus du chemin de fer. La Via Adresca suit le Chemin des Mulets, et va le faire jusqu’à St Péray.

Section 3: En passant par St Péray.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

La route progresse entre les vergers et la ligne de chemin de fer. Devant vous se dresse sur la colline le château de Crussol qui domine St Péray. Ce château, c’est votre boussole pour aller à St Péray.
La route passe une région potentiellement inondable et se dirige vers Cornas.
Nous sommes maintenant à l’entrée de Cornas, ou du moins de sa banlieue, car Cornas est un bourg très étendu, un des fleurons des appellations des Côtes du Rhône Nord. Mais voilà que le panneau de signalisation indique que la Via Adresca ne continue pas tout droit sur le Chemin des Mulets. Mais, alors où va-t-elle ? Nous avons exploré toutes les possibilités alentour. Plus aucun signe du Chemin de Compostelle. Alors erreur ou pas, on ne le saura jamais avant que les organisateurs des Chemins de Compostelle en Rhône-Alpes résolvent cette énigme pour nous. Car voici ce qu’ils disent: “A La Mure, quitter la Voie Bleue pour prendre la direction de Cornas, par une petite route plein sud, le Chemin des Molets”, ce que nous avons fait, en précisant ici que le Chemin des Molets n’existe pas. Il faut lire Chemin des Mulets. Puis, ils ajoutent encore: “Au croisement des rues allant au village, prendre toujours tout droit”. Oui, mais où, puisque le signe de Compostelle est barré d’une croix? En lisant les cartes Wikilocs disponibles sur le Web, tous les tracés montrent qu’il faut suivre le Chemin des Mulets jusqu’au bout. Peut-être que nous aurions dû prendre l’autre chenin pour St Péray. Qui sait?
Mais, au fait, cela n’a pas d’importance, si ce n’est jeter le doute dans votre esprit. D’ailleurs, il n’y a aucun risque de se perdre. Le Chemin des Mulets longe la banlieue de Cornas. La boussole est toujours dirigée vers le sud, vers le château de Crussol, devant vous.
Ici, les organisateurs précisent: “ Carrefour du chemin vers Arles. Prendre à droite, contourner le stade. Traverser les voies ferrées et par la Rue de la République rejoindre la mairie de St Péray ”. Oui, d’accord, mais il n’y a pas plus de signes du Chemin de Compostelle ici, que ce soit la voie vers le Puy ou celle vers Arles. D’une manière, la signalisation du Chemin de Compostelle sur la Via Adresca est bonne, mais ici elle semble légèrement déficiente. Quoiqu’il en soit, ici il n’y a aucun risque de se perdre, avec ces informations. On prend donc à droite au bout du stade.
Au bout de la route, c’est la gare désaffectée pour les voyageurs, et vous pénétrez alors dans le bourg.
La Via Adresca longe le Mialan, un affluent du Rhône et arrive au centre-ville.
St Péray est une petite ville comptant 7’500 habitants. Le château de Crussol, une forteresse du début du XIIème siècle domine la ville. Depuis cette partie de la ville, on ne voit que qu’une ruine et quelques vestiges de remparts. Mais sur l’arrière, il y a une tour et presque un village, au milieu des remparts. D’ailleurs, jusqu’au XVème siècle, les gens vivaient là-haut, 200 mètres plus haut, avant de déménager dans la plaine. En juin, une fête médiévale a lieu sur le site avec des concerts, des animations et des reconstitutions historiques. En juillet, un festival de musique moderne attire de nombreux visiteurs. St Péray, c’est aussi la fête des vins. Le St Péray est un vin blanc mousseux, composé de Marsanne et Roussanne, comme tous les vins blancs de la région. Mais on le boit aussi comme vin blanc tranquille. St Péray est l’appellation la plus au sud des Côtes-du-Rhône Nord.
La route arrive alors sur la place de l’Hôtel de Ville, près du temple protestant. Ici, aussi, il faut être très attentif, car c’est souvent dans les villes qu’on se perd. On ne peut glisser des signes du chemin au milieu de la route, uniquement pour faire plaisir aux pèlerins et aux marcheurs. N’allez surtout pas tout droit sur la route…
…car la Via Adresca monte sur des escaliers, derrière le temple, à l’angle de la place. Jusqu’ici, au niveau de l’effort, cela plutôt été les vacances, Depuis ici, il faut songer à suer un peu plus. Déjà des escaliers, c’est raide, tout le monde le sait.
Les escaliers aboutissent à un lotissement de maisons assez récentes au-dessus du bourg.

Section 4: En montée constante sur le haut plateau sur le Chemin de Gachet.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours tout en montée, avec 320 mètres de dénivelé et quelques pentes se baladant entre 15% et 25%.

La route part alors visiter en partie le beau vignoble, qui s’étend tout autour du bourg sur les collines.
Au bout de la petite route, c’est la départementale D533, la grande route qui relie Valence au Puy-en-Velay, une route très fréquentée. Allez encore un petit coup de gueule, juste pour le déplaisir. Vous devez savoir qu’en vous engageant sur ce parcours, quand vous serez au Puy et que vous voulez revenir, mieux vaut le faire en taxi (180 Euros) ou à pied. Les cars Macron ne circulent pas sur des parcours pas rentables, nous a dit le chauffeur de taxi. Ils ne sont présents en fait que pour faire concurrence aux trains. Mais, il n’y a aucun train entre les deux villes. Alors, pour revenir, comptez environ 8 heures pour un trajet de 100 kilomètres à vol d’oiseau. Il vous faudra remonter à Lyon, trouver une correspondance qui redescend sur Valence, puis encore trouver un véhicule pour revenir à St Péray. Comment les français s’accommodent-ils d’un tel bourbier?
La Via Adresca monte alors en suivant la départementale très chargée. On sait pourquoi. C’est le seul moyen d’aller de Valence au Puy-en-Velay. Il y a même ici quelques réminiscences de passages de train, remontant sans doute au haut Moyen-âge.
La route monte jusqu’à trouver le Chemin de Gachet.
Le Chemin de Gachet se mérite. On va tout de même prendre 300 mètres d’altitude en peu de temps. Les pentes se baladent le plus souvent entre 10% et 15%, rarement plus. Au début, la route fait des épingles dans le quartier de la Tour.
De belles demeures habitent ces lieux. On se dirait parfois presque dans le midi, à cause de la végétation. Il ne manque que les grillons. Sur le coteau, les vignes grimpent presque jusqu’au sommet de la colline.
Un peu plus haut, la route passe par les lieudits Ferraton et Dusserre. Ici, le service de bus doit passer à l’occasion.
En dessous s’étale la grande plaine de l’Isère. Depuis la plaine, nous sommes déjà montés de plus de 150 mètres.
La route monte toujours, mais de manière plus douce. On voit apparaître des genévriers. C’est vraiment le Midi ici.

La route atteint alors le lieudit Grand Gachet. La direction est Alboussière, à 9.5 km d’ici. Aujourd’hui, nous ne marchons pas sur le GR42/GR420, mais sur des parcours de pays, où passe aussi la Via Adresca.

Plus haut, les maisons se raréfient au milieu des genévriers.

La route passe bientôt au sommet du vignoble de St Péray, sous la forêt. Nous sommes aux environs de 350 mètres d’altitude.

La route monte encore un peu et se termine en impasse.
Un chemin étroit et très caillouteux monte encore plus haut, dans une sorte de maquis dominé par le houx et les genévriers, sous les chênes verts rabougris.
Il est étonnant de voir quelle taille peut atteindre le houx ici. Ce sont de vrais arbres de plusieurs mètres de hauteur. Le houx commun peut aller jusqu’à 20 mètres de hauteur. On est loin de l’arbuste de jardin.
Des pierres, il y en a aussi en Ardèche, même si ce ne sont plus les galets de l’Isère. Ici, ce sont des schistes lustrés, compacts. Les châtaigniers, si présents dans le reste du pays, ont presque disparu de la forêt ici. C’est aussi que les châtaigniers n’aiment guère l’altitude.

Un peu plus haut, le chemin passe au lieudit Petit Gachet.

Le chemin monte encore un peu dans la forêt de houx, mais le sous-bois se raréfie.
Plus haut, le chemin sort dans la clairière, mais la montée n’est pas encore achevée.
Le chemin passe alors dans une sorte de lande herbeuse au milieu des buissons. Le houx est toujours là, mais ici on voit même des lentisques, comme on peut en trouver dans le maquis méditerranéen. Tout autour des prés, des cultures, avec même des vignes.
Mais, le chemin continue à monter dans la lande, évitant les cultures, préférant les buissons du maquis, les genévriers, les chênes verts et les genêts.

Plus haut, le chemin sort du maquis. Le paysage devient bientôt plus classique, entre prairies et champs de blé, car on approche de hameaux.
Le chemin arrive bientôt sur une petite route goudronnée vers le sommet de la colline.

Section 5: De grandes ondulations du chemin sous la départementale.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours casse-pattes, avec parfois des pentes très marquées, en montée comme en descente.

Dans les frênes et les chênes verts, la Via Adresca va alors suivre assez longtemps une route qui mène à des hameaux isolés dans la campagne, mais la Via Adresca les ignore.
Apparemment, par bonheur, dans cette région d’Ardèche, les frênes ne sont pas malades, atteints de chalarose, ce champignon originaire du Japon qui s’est propagé à vive allure dans toute l’Europe et causé des dégâts considérables. A l’heure actuelle, il n’y a aucune mesure pour traiter les arbres malades, mais on entend dire que certains arbres développeraient eux-mêmes des moyens de résister. Au-dessus, on aperçoit le plateau du Pin.
La route monte alors en pente douce vers le carrefour du Pin. Ici, on trouve presque toutes les espèces principales de feuillus, un peu de genêts aussi. Même les châtaigniers tentent un timide retour.
Peu après, la route rejoint alors la départementale D533 et sa dense circulation.
La départementale passe ici au lieudit Le Pin. Ici, nous sommes à 6 kilomètres d’Alboussière.

Comme la circulation sur l’axe est assez dense, la Via Adresca trouve rapidement une alternative. On comprend fort bien qu’ici, il aurait été hasardeux de laisser se balader des marcheurs au milieu du trafic. Alors, un petit chemin étroit qui s’en va dans la forêt sous la départementale.
Un chemin assez pierreux va onduler alors assez longtemps dans le sous-bois de houx et de chênes verts.

Ici, la nature est sauvage à souhait. De petits vallons s’encastrent les uns dans les autres dans la chlorophylle. Un ruisseau que l’on ne voit jamais par temps sec, le Sorbier, étend ses méandres, d’un vallon à l’autre. Cela monte et descend sans cesse, d’un méandre à l’autre du ruisseau invisible.

Le houx domine longtemps le paysage, mais on voit progressivement réapparaître les érables, les chênes et les petits châtaigniers.
Puis, le chemin remonte un peu plus. Alors, les pins et les épicéas se font plus présents au milieu des genêts. C’est aussi que nous avons atteint une altitude plus élevée, mais, nous sommes toujours à moins de 500 mètres d’altitude.
Ici, on a parfois le sentiment de fouler les forêts denses du Canada sauvage. C’est un sentiment incroyable de sauvagerie, voire d’inquiétude. Pour le bonheur des inquiets, le chemin va bientôt sortir de la forêt.
Le chemin sort de la forêt au lieudit Pierre Blanche, où il rejoint une petite route.

Section 6: D’un col à l’autre.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours plus facile ici, mais parfois encore avec quelques pentes marquées.

La route rejoint, sous les épicéas, les quelques maisons de la Combe des Rioux, où passe à nouveau la départementale D533.
Ici, la Via Adresca suit la départementale jusqu’à Le Fringuet. Une bande herbeuse permet d’éviter les véhicules très présents sur cet axe obligatoire.
Au Fringuet, un pèlerin fait du stop pour aller au Puy. Pour lui, le Chemin de Compostelle ne commence qu’au Puy. Que penser d’Internet et des généralités souvent limitées que l’on raconte sur le chemin?

Au Fringuet, on trouve à se restaurer. Les routiers s’arrêtent souvent ici sur la grande place.

La Via Adresca trouve alors un petit chemin sous la route pour éviter la départementale.
Le chemin traverse alors le sous-bois, en dessous de la route…
… avant de trouver une petite route qui remonte vers la départementale.
La Via Adresca arrive alors au Col de Leyrisse, à près de 600 mètres d’altitude. Ici, on quitte l’axe de la grande départementale D533, qui mène au Puy, à 100 kilomètres d’ici. On se dirige maintenant sur l’axe de la D14, qui se dirige vers Vernoux-en-Vivarais, où nous passerons demain. C’est aussi ici que vous arriverez, si vous avez pris le chemin qui évite St Péray et passe par St Romain-de-Lerps.

Le GR43/420, qui est le chemin où passe la variante de St Romain-de-Lerps et la Via Adresca prennent alors une petite route en direction de Rosières. La route monte assez sévèrement dans les prés et quelques vagues cultures de céréales.
Plus haut, la pente s’atténue un peu dans les prés et les petits bosquets de chênes verts. La route bascule au sommet de la colline et redescend sur le flanc de l’autre côté.
La route arrive alors à la bifurcation de Rosières. Ici, passent de nombreux chemins et il faut choisir le bon. La meilleure solution est de continuer sur la Via Adresca, direction Boffres/Le Cerisier ou le GR42/420, qui est le même chemin, là où on peut se loger. Ce chemin mène directement au Col de Pensoye.

 

Pour vous aider, voici un résumé des chemins qui passent dans la région. Le GR42A va à Alboussière, mais il n’y a aucune raison de prendre cette voie. A Alboussière, seul est disponible le camping, et encore pas toujours ouvert, près de la rivière, mais on peut aussi se restaurer dans le village. Depuis Alboussière, on peut aussi continuer sur le GR42A qui conduit aussi au Col de Pensoye, où vous retrouvez le chemin.

 

Un chemin caillouteux monte alors, très sèchement mais brièvement, dans les prés vers un petit plateau, où les protestants ont eu maille à partir avec les catholiques. L’Ardèche, cela été pendant très longtemps une grande Guerre de Religion et des protestants sont encore présents ici.
Un chemin agréable, où on peut marcher sur l’herbe ou la terre battue va alors onduler assez longtemps sur le haut plateau.
Dans un paysage agréable et reposant, le chemin alterne entre pairies et céréales avant de se rapprocher d’une forêt d’épicéas.
Puis, le chemin s’enfonce à nouveau dans un sous-bois au milieu des frênes, des houx, des sorbiers, des chênes verts, de petits châtaigniers et d’épicéas.
Un peu plus loin, le chemin, devenu un peu plus caillouteux, amorce la descente vers le Col de Pensoye. Tout autour, les collines sont couvertes de forêts. Dans toute cette région, les chênes verts dominent nettement les autres espèces de chênes.
Le chemin rejoint la départementale D42 au lieudit Bouchard. La circulation est nettement moins trépidante sur cette route qui va à Boffres, puis à Vernoux. Ce n’est pas le grand axe routier du Puy, qui passe, lui, à Alboussière.
Quelques centaines de mètres plus haut la route atteint le Col de Pensoye.

Aujourd’hui, l’étape se termine apparemment sur un cul-de-sac, sans localité dans les alentours. Vernoux-en-Vivarais est encore éloigné d’ici. Alors, ici, vous devez impérativement quitter le Chemin de Compostelle/GR420 qui monte au-dessus de la route, si vous désirez vous arrêter ici aujourd’hui. En suivant la route depuis le col, vous trouverez, à moins d’un kilomètre, deux maisons d’hôtes juste en dessous de la route en un lieudit Cerisier. Ces logements sont fort sympathiques et agréables. Il va sans dire, réservez si vous ne voulez pas passer la nuit à la belle étoile.

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