04 : Mours-St Eusèbe à Roche-de-Glun

Dans les cultures et les vignes de la plaine de l’Isère

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/mours-saint-eusebe-auvergne-rhone-alpes-france-32845854

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

L’étape du jour fait partie de ces étapes de transition que l’on trouve parfois sur le Chemin de Compostelle, quand le chemin passe d’une région à l’autre. Ici, il faut passer des collines du Chambaran aux collines de l’Ardèche, de l’autre côté du Rhône et de l’Isère. Et tout ceci se passe dans la plaine. Cependant, le paysage n’est pas toujours uniforme, et si vous aimez les vignes, on va vous gâter. C’est ici que s’étend le grand vignoble du Crozes-Ermitage. Et puis, au bout de l’étape, on retrouve le majestueux Rhône, ce qui n’est pas rien. C’est aussi aujourd’hui que le chemin va aller jusqu’au bout du département de la Drôme, pour gagner le lendemain l’Ardèche et ses collines.

Difficulté du parcours: Les dénivelés (+23 mètres/-74 mètres) sont totalement dérisoires. C’est à plat, sans aucune difficulté.

C’est plat oui, mais presque tout le parcours se fait sur la route goudronnée :

  • Goudron: 19.4 km
  • Chemins: 1.0 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/mours-saint-eusebe-auvergne-rhone-alpes-france-32845854

Section 1: Dans les vergers et la campagne de l’Isère.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: à plat, sans aucune difficulté.

Si vous avez passé la nuit à Romans-sur-Isère, il faudra revenir à Mours-St-Eusèbe pour poursuivre le chemin. La Via Adresca quitte le village au rond-point de la route qui descend sur Romans.
Elle s’en va plein ouest, direction Les Balmes.
Elle quitte rapidement le village. Ici, on peut marcher sur le bas-côté d’une route secondaire, peu passante, surtout au petit matin.
La route longe les arbres fruitiers de la plaine. Ici l’abricotier est le roi. Vous allez en voir des milliers sur le chemin. Dans toute la région, en saison, les étals sont disposés le long des routes pour la vente des fruits, les abricots en particulier.
A un rond-point, la Via Adresca quitte l’axe pour une petite route qui part en direction des Balmes. Ici, on croise à nouveau la Savasse, qui se jette un peu plus bas dans l’Isère. Elle charrie maintenant moins de galets, mais ici l’eau est présente. On a tout de même un peu de mal à imaginer que cette rivière peut devenir une véritable furie.
Une plus petite route traverse alors les champs. Ici, on trouve encore des maisons en pisé.
La route se traîne en longueurs, au milieu des céréales. Ici, les arbres fruitiers sont encore discrets et les petits bosquets sont présents de temps à autre, descendant des collines voisines.
La route se rapproche des Balmes. La route traverse une zone potentiellement inondable. Sans doute, la Savasse se déverse parfois ici. Attention tout de même à la signalisation. De nombreux chemins de randonnée passent dans le pays. Suivez toujours les coquilles de St Jacques, même si cette route paraît un faux chemin, ce qui n’est pas pour vous. Vous devez vous rendre compte que la Via Adresca n’est pas signalée par les marques d’un GR. C’est un pseudo-GR, créé par les Amis du Chemin de Compostelle en Bourgogne Rhône-Alpes, même si, un peu plus loin, il est commun avec le GR420 sur de petits tronçons.
Ici, les haras fleurissent sur la terre ocre.
Sur la route, un accueil jacquaire. Il faut toujours se renseigner à l’avance dans une région difficile pour les logements. Le pays est plat, complètement plat, et les champs et les arbres fruitiers se succèdent au loin dans la plaine de l’Isère, dans la périphérie de Romans-sur-Isère, avec comme toile de fond le Vercors.
La route passe alors au village des Balmes. Étymologiquement, une balme désigne un abri sous roche ou une grotte.
On trouve à se loger ou à se restaurer ici.
A l’église, de construction assez récente, il n’y a plus de culte, mais depuis de nombreuses années, à Noël, les locaux créent une crèche géante, qui attire une foule de visiteurs.
A la sortie du village, la route continue sa marche en avant dans la campagne, avec de ci de là un bouquet d’arbres, des chênes principalement.

Section 2: Dans la campagne et les lotissements modernes de l’Isère.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: à plat, sans aucune difficulté.

Ici, les haras et les maraîchers occupent surtout l’espace…
…avant de retrouver les arbres fruitiers quand la route rejoint la départementale D574.
Ici, il faut marcher au bord de la départementale en direction de Condillac, mais la circulation est loin d’être exubérante.
Un peu plus loin, à une bifurcation, la Via Adresca laisse la départementale pour la Route des Collines. Collines, c’est une manière de dire quand tout est plat.
A Condillac, de petits lotissements modernes sont rangés le long de la route. Les chiens aboient ici à qui mieux mieux. Il est toujours assez étonnant de constater que lorsqu’un propriétaire prend un chien pour garder son bien, les autres alentour en font de même. Chacun veut avoir un chien plus grand, plus féroce que celui du voisin. Alors, ces animaux qui ne savent pas faire grand-chose autre chose qu’aboyer, entament un concert ininterrompu. Les facteurs vous diront que tous les chiens aboient, même s’ils les fréquentent depuis des années. Par bonheur, la plupart du temps, ces braves toutous sont derrière les grilles. Par bonheur, dirons-nous, à voir les crocs de certains d’entre eux.
La route se dirige alors vers un petit sous-bois.

C’est ici que coule le Chalon. Enfin couler n’est peut-être pas le mot adapté en ces jours. Le ruisseau est à sec, comme la Savasse. On a cimenté les galets de la rivière pour laisser passer les véhicules. Mais, par forte intempérie, le passage n‘est sans doute plus permis, voire délicat, par ici.

Plus loin, la route passe au lotissement moderne des Sables. On entend la symphonie canine, tous azimuts.
Puis, on retrouve les vergers, quand le Chemin des Collines croise la départementale D114.

Cette dernière rejoint juste à côté, la Rue du Tram, la grande départementale qui va à Romans-sur-Isère. Rue du Tram, de la nostalgie, quoi, pour un moyen de locomotion qui depuis longtemps a fait ses bagages ici, comme partout ailleurs dans le pays. Une petite route traverse alors la zone industrielle des Bouviers, qui n’attend que de nouveaux clients pour se développer, sans doute rares à se déclarer à voir l’espace vacant.

 

Puis, elle repart entre vignes et abricotiers.

Section 3: Dans les maïs, les blés et les vignes.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: à plat, sans aucune difficulté.

Puis, le tonnerre gronde. Car si le tram a disparu d’ici, le TGV non. C’est la ligne du LGV Rhône-Alpes (LN4) qui transite ici. Cette ligne, on l’a déjà rencontrée plus avant dans les étapes, près de Revel-Tourdan. Elle prolonge la ligne LGV Sud-Est (LN1), assurant le contournement de Lyon et gagne Valence, où elle se poursuit par le LGV Méditerranée (LN5), jusqu’à Marseille et Nîmes.

Sitôt le chemin de fer passé, la route passe le long des maraîchers. On y voit aussi les premières vignes.
On annonce déjà les caves et la route tourne vers l’Herbasse.
L’Herbasse, que voilà une gentille rivière, douce et tranquille. Mais quand elle se met en colère, elle cause, elle aussi, comme toutes les rivières de la région de petits tsunamis. En 2008 et 2013, à la suite de violents et exceptionnels orages, toutes les rivières du coin ont pris les dimensions du Rhône et causé de gros dégâts. Il faut bien comprendre que sur une plaine, l’eau n’a guère la possibilité de s’écouler, et que le Rhône plus loin ou l’Isère sont déjà des pots de chambre assez remplis.

A l’Herbasse, c’est un grand carrefour de routes.
La Via Adresca reste un moment sur la grande départementale D532 qui relie Romans-sur-Isère à Tain l’Ermitage au nord, puis quitte cette dernière pour la D153 qui descend vers Pont-sur l’Isère au sud.
Ici nous entrons dans les premières vignes du grand domaine viticole de l’appellation Crozes-Ermitage. Il n’y a pas que des vignes et on trouve aussi des maraîchers. Une large bande passante permet de marcher le long de la route, mais on a beau dire, une route, ce n’est tout de même pas un chemin bucolique.
Quand on marche dans ces grands espaces, on a tendance à être moins attentif à la signalisation. Ici, près d’un grand champ de tournesols, ce qui est rarissime dans la région, la Via Adresca quitte l’axe pour le Chemin de la Traverse qui s’en va direction Les Blaches.
La petite route longe d’un côté le vignoble de Cros de Mourier, de l’autre de grands champs de blé.
Dans la région, les maisons des vignerons sont souvent regroupées dans de petits lotissements et l’espace est libre pour les cultures.
La route de campagne rejoint un peu plus loin la petite départementale D67.
Un petit moment sur la petite départementale, qui doit plus être une voie de passage pour les paysans et les vignerons de la région que pour les touristes…
…avant de trouver le ruisseau de la Veaune.
Ici, la Via Adresca quitte la départementale et repart alors sur le Chemin de Compostelle, entre champs et petits vignobles, en direction des fermes de Colombier. Ici, c’est toujours du goudron, les tracteurs s’embourbent moins.
Elle traverse alors une région où les cultures de céréales et de maïs prennent le dessus sur les vignes.
Dans toute cette région de cultures intensives, il n’y a pas de villages, mais des maisons ou des fermes isolées, dans un paysage que zèbrent les lignes à haute tension.

Section 4: Au milieu des maraîchers, des fruitiers et des vignes.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: à plat, sans aucune difficulté.

A un carrefour des routes, la Via Adresca traverse toute cette région dite Grands Champs, où maïs et blés disputent leur place aux vignes.
Les routes ici sont presque rectilignes, sans surprise.
Au bout du Chemin de Compostelle, la route tourne à angle aigu sur la Route des Vignes. A cette période de l’année, nous sommes en été, les tracteurs ne sont plus de sortie. Pas âme qui vive dans les vignobles, dans les champs ou devant les rares maisons.
Quand on jette un coup d’œil a vignoble, on voit que le sol est calcaire, avec les nombreux galets charriés par les glaciers. C’est en fort contraste avec la région de la Côte Rôtie, à deux pas, où les vignes sont plantées dans du sol granitique, ce qui donne des vins supérieurs, plus structurés. Enfin, question de goût, mais surtout de porte-monnaie!
Puis, nouvel angle aigu et on repart sur le Chemin de Gabelou.
Ce sont toujours les maïs et les vignes que l’on rencontre en premier, mais le domaine viticole n’est pas encore compact, comme il le sera plus loin. On voit aussi ici quelques pommiers.
Puis la Via Adresca tourne à nouveau à angle droit sur la Route du Syrah, un vocable prédestiné ici, ce cépage représentant l’essence même de l’Hermitage et du Crozes-Ermitage.
La route conduit aux quelques maisons de Combe Tourtes et alors, elle repart encore à angle droit sur la Route des Chênes. On a baptisé les routes ici de noms d’arbres, juste pour vous donner l’illusion qu’il y en a encore, alors qu’on les a rasés sans scrupule.
Les chênes verts, il en reste encore quelques spécimens ici, pour faire un peu d’ombre dans un paysage, dirons-nous, souvent aride, propice à la culture de la vigne.
Nous arrivons alors au lieudit Chasselière, à l’entrée proprement dite du domaine de Crozes-Ermitage.
La via Adresca part alors sur le Chemin des Bosquets.

Ici, le vignoble commence sérieusement à s’étendre dans les gros galets de calcaire. La géométrie de base des vignes est le palissage, la technique qui consiste à guider la vigne en la liant par ses branches à des fils de fer. À l’extrémité du rang, on met une amarre qui maintient l’ensemble en place.

Sur le Chemin des Bosquets, on trouve encore des abricotiers plantés au milieu du vignoble.

Le Crozes-Hermitage, ou Crozes-Ermitage, une appellation AOC, est produit sur 11 communes de la Drôme. Ces vignobles font partie des vignobles des Côtes-du-Rhône Nord, et s’étendent d’avant Tain-L’Hermitage jusqu’à Glun, au nord de Valence. La célébrissime appellation Hermitage est restreinte à une petite zone pentue de Tain-L’Hermitage. De l’autre côté du Rhône, du nord au sud, descendent des collines vertigineuses les vignobles de Condrieu, des Côtes Rôties, de St Joseph, jusqu’à Tournon, en face de Tain-L’Hermitage, de l’autre côté du Rhône. Demain, nous passerons aussi de l’autre côté du Rhône, au sud des appellations Côte-du-Rhône Nord, à Cornas et St Péray.
Dans l’appellation, les cépages autorisés sont la syrah, la marsanne et la roussanne pour les vins rouges, la marsanne et la roussanne pour les vins blancs. Comme pour les grands Hermitage et les côtes Rôties, on utilise parfois les deux cépages blancs, à faible dose, pour stabiliser les vins rouges. Mais, la syrah reste le cépage roi. Ce n’est sans doute pas faire injure aux propriétaires des vignes que nous traversons aujourd’hui, pur dire que les meilleurs Crozes-Ermitage sont produits dans le nord. Il y a deux raisons à cela. La première est qu’au nord, le sol est souvent assez granitique, ce qui convient mieux à la syrah, et que les vignobles sont en pente, ce qui est presque toujours un bonus pour la vigne. Cela ne veut en rien dire qu’ici on peut aussi dénicher quelques petites merveilles.

Ici, les vignes sont des terrasses de galets roulés mélangés à du loess. Vous connaissez bien maintenant ces structures géologiques que nous avons arpentées durant des jours. Le limon est le produit de l’érosion des roches du bassin versant des rivières, propagés par le vent ou l’eau. Ce sont ainsi des débris, consolidés ou non de quartz, de mica, de feldspath, provenant de roches granitiques ou des carbonates et des argiles, si les roches d’origine sont calcaires ou sédimentaires. Et tous ces éléments s’additionnent pour donner du loess, qui est donc une « roche » meuble limoneuse, homogène, de couleur jaunâtre à brunâtre due à la grande présence de calcaires. La composition d’un lœss typique est de 10% de sable fin, de 75 % de limon grossier et de 15 % d’argile. A cela s’ajoutent bien sûr en masse les galets roulés du Chambaran et de la Bièvre.

Section 5: Du domaine de Crozes-Ermitage au Rhône.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: à plat, sans aucune difficulté.

Le Chemin des Bosquets débouche sur la petite départementale 101 qui sillonne le vignoble.
La Via Adresca remonte quelque peu la route vers le nord, avant de bifurquer pour la première et dernière fois de la journée sur un chemin de terre. Des cailloux, certes, il en reste ici, mais vignerons et paysans ont sans doute consciencieusement épierré les lieux pour faire disparaître galets de l’Isère.
Certes, les vignes dominent toujours les lieux, mais on y trouve aussi des arbres fruitiers, surtout des abricotiers, et quelques pommiers, poiriers ou cerisiers. C’est ici que passait la Via Magna des romains d’Agrippa qui avaient choisi Lyon comme siège, une vingtaine d’années avant notre ère.
Le chemin passe bientôt au lieudit Les Hautes Blaches. Le mot blache désigne une terre gagnée sur un bois ou un taillis de chênes.
Et des chênes, on en a conservé quelques-uns, car le chemin empierré débouche sur le goudron au lieudit le Chêne Vert.
Ici, la Via Adresca rejoint la D529, la route des Chênes Verts, qui se dirige vers Glun. Nous marchons toujours dans le vignoble en nous nous rapprochant à pas comptés de la Vallée du Rhône. Devant nous se pointent les montagnes de l’Ardèche, où nous irons demain.
Les bruits sourds et lancinants des moteurs s’amplifient soudain. Comme d’usage, une autoroute pointe son nez. Ici, c’est l’A7, l’autoroute du Soleil, étrangement dépeuplée aujourd’hui. Pourtant, nous sommes en été, oui, mais en semaine. Ici, nous sommes très proches de Pont-de l’Isère.
La départementale continue sa course en direction de deux châteaux d’eau.
Là, elle traverse la route nationale 7 (N7), le grand axe routier qui part de la Porte d’Italie à Paris et qui va jusqu’à Menton, sur la Méditerranée. Comme l’autoroute est fluide aujourd’hui, la N7 l’est aussi. Mais quand l’A7 est engorgée, la N7 aussi.
La D529, qui entre temps a pris le nom de Rue des Alpes, retourne alors dans les vignes, mais les maisons se font de plus en plus présentes. Glun est le lieu le plus au sud de l’appellation Crozes-Ermitage.
La Via Adresca se dirige alors vers le Rhône près de la voie de chemin de fer.

La D529 longe un instant la voie de chemin de fer qui va de Lyon à Valence. Aucun train de voyageurs ne circule plus sur la rive droite du Rhône, et il n’y a donc plus qu’une gare désaffectée à la Roche-sur Glun pour les voyageurs. Quel pays! Et dire que les cheminots font la grève, en croyant que des voyageurs qui prennent le train, il n’y en a qu’à Paris et dans quelques grandes villes. Ne prenez pas ce genre de discours comme une attaque généralisée des étrangers contre la France. Il y a raison à cela. La France est un beau pays pour les randonneurs. Mais mettez-vous un peu à la place des randonneurs qui font quelques étapes sur le chemin et se demandent comment ils vont rentrer… autrement qu’à pied ou en taxi. Car, les autocars ne sont non plus présents sur tous les axes des chemins.

Plus loin, la route passe sur la voie, avant de se diriger vers le Rhône.

Ici, le Rhône joue avec l’Isère de plusieurs manières. Peu avant la Roche-sur-Glun, le Rhône se divise en deux, le vieux Rhône et le Canal du Rhône. On a déjà vu ce type d’organisation plus haut sur la Via Gebennensis, où le Vieux Rhône et les canaux du Rhône sont déviés pour l’usage d’ouvrages hydroélectriques. Les deux bras se rejoignent plus bas dans la région de Pont-sur l’Isère, quand l’Isère rejoint le Rhône.

Alors ici, la Via Adresca traverse d’abord le Canal du Rhône, très large, beaucoup plus large que n’est le Rhône en réalité. Au nord, on aperçoit les vignobles sur les coteaux de la rive droite. Au sud, la pente est plus douce, le long des pistes cyclables qui suivent le canal. Le Rhône est tout de même un magnifique fleuve.
Depuis la construction du barrage sur le Rhône, la Roche-de-Glun est entourée par le fleuve et le canal. C’est devenu presque une île. La route entre alors à La Roche-sur-Glun mais, en fait, la Via Adresca ne fait qu’effleurer le centre du bourg. La région n’est pas, à vrai dire, touristique. Dès lors, les logements sont portion réduite à Roche-de-Glun puis à Glun, de l’autre côté du plan d’eau.
Roche-de-Glun est une petite cité de 3’200 habitants. On y pénètre par la porte crénelée du Roussillon, une porte remontant au XIIème siècle.
La Tour de Diane de Poitiers date de la même époque. Celle-ci, originaire de la région, a probablement passé ici. La tour est un monument historique, récemment restauré, et qui accueille la bibliothèque municipale. Une autre petite tour carrée se trouve près de la rivière.

Le sculpteur Gaston Dindrat a vécu ici au siècle dernier.

A Roche-de-Glun, nous sommes dans le département de la Drôme. De l‘autre côté du plan d’eau, c’est Glun, en Ardèche.