03 : St Antoine-L’Abbaye à Mours-St Eusèbe

Une côte d’enfer, un vrai canyon et une rivière de galets

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-st-antoine-labbaye-a-mours-st-eusebe-par-la-via-gebennensis-adresca-32829624

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Vous allez passer par tous les états d’âme dans une étape décoiffante. On quitte aujourd’hui le Chambaran pour redescendre dans la plaine de l’Isère, mais voilà c’est loin d’être une descente directe, car le chemin joue les montagnes russes avec délice. En fait, le parcours épouse le trajet de la Savasse, une rivière capricieuse, que nous avons rencontrée complètement à sec lors de notre passage, un lit de galets du Chambaran en quelque sorte. Mais lors de gros orages, elle peut se montrer menaçante. Et des galets, il n’y en a pas que dans la rivière. Vous allez sans doute goûter au charme indescriptible de la Grande Combe et de la Combe du Ravi. Une vraie et grande étape pour tous les amoureux de l’imprévisible.

Difficulté du parcours: Les dénivelés aujourd’hui (+489 mètres/-669 mètres) ne paraissent pas à priori monstrueux pour une étape de 26 kilomètres. Mais, ne vous y fiez pas. Il y a beaucoup de trajets à plat. Mais, quand le chemin monte et descend sur les galets, ce n’est pas une sinécure. Le chemin débute par une longue montée au-dessus de St Antoine-l’Abbaye pour rejoindre les forêts. Il y a quelques belles pentes sur le parcours. Puis la descente dans la forêt jusqu’à Montmirail ne pose aucun problème. Les montagnes russes sont assez prononcées pour rejoindre St Michel-sur-Savasse. C’est surtout ici que part la terrible montée de la Grande Combe. Une fois là-haut, tout se passe sur des roulettes jusqu’à retrouver le canyon de la combe du Ravi. Un vrai plaisir! Puis, tout se calme pour rejoindre Mours-St Eusèbe, presque dans les fourrés.

L’étape du jour se passe à égalité sur les routes et les chemins :

  • Goudron: 13.1 km
  • Chemins: 13.1 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Section 1: Dans les bois et les prés au-dessus de St Antoine-l’Abbaye.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: montée longue, de près de 4 kilomètres, régulière, avec des pentes n’excédant pas les 15%, mais il y a tout de même 200 mètres de dénivelé à avaler.

La Via Adresca repart de St Antoine-de-Abbaye, au bout des rues étroites, au bas de bourg.
Au bas de la cité, le ruisseau du Furand coule dans un vallon encaissé.
La Via Adresca part sur la route de Romans en traversant le beau pont de pierre. C’est aussi ici la direction des cabanes de Fontfroide, si vous voulez passer la nuit, perché dans les châtaigniers.
Rapidement, une bifurcation. Ici il faut quitter la route de Romans et prendre la route de gauche. Il en va de même si vous allez à pied vers les cabanes de Fontfroide (en voiture, c’est tout droit).
Un peu plus haut, la route passe au hameau de Montmartel.
D’ici, la vue est belle sur le bourg et l’abbaye. C’est vraiment un magnifique monument, dans toute sa splendeur gothique. Et de trouver toute cette magnificence au fond d’un cuvette encaissée ajoute encore au charme.
Si vous voulez aller vers les cabanes de Fontfroide, il faut quitter la Via Adresca. ici, traverser le hameau. Le parcours est fléché. Il vous faudra plus d’un kilomètre pour y aller. Mais tout au long de la colline, il y a toujours des indications pour retrouver les cabanes, une véritable institution ici, à première vue. Quant à la Via Adresca, elle quitte la route pour un large chemin de terre qui monte d’abord assez sèchement dans la campagne.
Elle rejoint rapidement un plateau où se plaisent le blé et le maïs.
Puis, le chemin se tortille dans les prés. Ici, la pente est douce.
Il n’y a plus que des prés ici. Plus haut, le chemin gagne un sous-bois où poussent les frênes et les châtaigniers.
Le chemin passe par des bancs de marne. On retrouve les galets du Chambaran, mais en quantité discrète. Dans ces petits vallons coule le ruisseau de Font Froide et ses nombreux affluents.
A la sortie du bois, le chemin monte encore un peu avant de redescendre sur le flanc de la colline.
Il retrouve un peu plus loin la route de Romans, la petite départementale D27C, en passant par le lieudit La Bergère, au pied d’une croix de fer fichée dans le rocher.
La route monte sur le haut de la colline en direction de la forêt. C’est aussi ici que passent les voitures pour les cabanes de Fontfroide.
La route monte jusqu’à rejoindre la départementale D20B. Le bétail vous accompagne ici, comme ces belles Banches d’Aquitaine.
La Via Adresca suit quelques centaines de mètres la départementale avant de trouver l’impasse des Reynauds, où une petite route grimpe vers la forêt.
Au bout de l’impasse, le chemin part en forêt. Alors que revivent les galets du Chambaran, que l’on pensait avoir soigneusement rangés dans un coin de notre mémoire! Le chemin grimpe alors consciencieusement dans les châtaigniers, mais pendant peu de temps.

Le chemin monte jusqu’au lieudit Forêt de Thivolet. Au sommet de la colline, les galets ont disparu et la pente est moins sévère. D’ici, aussi on peut rejoindre les cabanes dans les arbres, hors de la Via Adresca.

Section 2: Dans la forêt de Thivolet.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: descente sans problème.

Alors le chemin redescend dans la forêt. Au début, la forêt est dense, sombre, formée presque exclusivement de bouquets de châtaigniers sauvages.
Le chemin est bien fléché. Il y a intérêt, car de nombreux chemins sillonnent la forêt. Pour les gens qui auraient raté le chemin pour aller dormir aux cabanes de Font Froide en dehors du chemin, il y a encore des directions ici.
La grande forêt de Thivolet, où la Savasse, que l’on rencontra plus bas, prend source n’est apparemment pas la plus belle forêt du Chambaran, du moins là où passe le chemin. Avec le nombre de châtaigniers présents, les sangliers doivent proliférer ici. On dit que c’était une forêt fréquentée par François Ier, qui passait son temps à la chasse.
Plus bas, dans l’obscurité, les châtaigniers paraissent ternes sur la terre grise. Alors apparaissent progressivement les ronces, les fougères herbes folles qui dominent, signe d’humidité fréquente. On voit aussi apparaitre ci et là de petits chênes verts, assez rares sur le Chemin de Compostelle.
Il est des forêts qui ne déclenchent aucun plaisir. Celle-ci en fait partie. Même les clairières paraissent fades dans leur grisaille et les buissons cachent le soleil. Est-ce parce qu’on a perdu de l’altitude depuis hier, dans les si belles forêts du Chambaran?

Plus que 700 mètres pour gagner le lieudit Les Paladrus, à la sortie du bois. Tant mieux!

Dans les herbes folles et les ornières, bien évidemment.
Au lieudit Les Paladrus, le chemin rejoint la départementale D52 qui court dans la vallée jusqu’à St Michel-sur-Savasse, et même plus loin vers Mours-St Eusèbe. Ici, nous sommes à près de 2 kilomètres de Montmirail.
La Via Adresca traverse alors la départementale et se dirige vers une douce colline.
Nous arrivons au lieudit Le Penon et la route va vers le sous-bois. Nous avons quitté le département de l’Isère pour celui de la Drôme, la Drôme des collines. Globalement, dans cette partie de la Drôme, c’est la même géographie que dans l’Isère, à savoir une vallée, avec des hauts plateaux, appelés aussi “feytas ”. Attendez-vous donc à trouver aussi des galets sur les moraines. Et vous n’allez pas être déçu!
Dans le sous-bois, un chemin prend le relais de la route.
Il traverse les sous-bois puis un peu de campagne avant que la route ne se profile à nouveau près des premières maisons de Montmirail.

Section 3: De ruine en ruine près de St Michel-sur-Savasse.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: pente un peu plus prononcée à la hauteur de la Tour de Montmirail, puis parcours très casse-pattes pour redescendre sur St Michel-sur-Savasse.

Montmirail s’est dépeuplé au cours des années et ne compte maintenant que 600 habitants. L’église St Christophe possède un clocher et une abside qui remonteraient au XIIème siècle.
Montmirail s’est dépeuplé au cours des années et ne compte maintenant que 600 habitants. L’église St Christophe possède un clocher et une abside qui remonteraient au XIIème siècle.
Quand vous arriverez ici, après l’église, faites attention aux panneaux de signalisation de la Via Adresca. Pour notre part, n’ayant pas vu de changement de direction, nous avons d’abord quitté le village et fait près d’un kilomètre sur la route de St Michel-sur-Savasse. Ne voyant pas de coquille, nous avons rebroussé chemin, ce qu’il faut toujours faire et cherché les coquilles de direction près de l’église. Et une coquille, il y a en a une en effet, mais si discrètement posée à l’angle de la Salle des Fêtes, qu’on ne la voit guère.
Une petite route quitte le village en montant vers la tour de Montmirail.

Presque au sommet de la colline, la route arrive au lieudit Tour de Montmirail. En dessous, Montmirail s’étale sous la forêt de Thivolet et ses éoliennes.

Alors un chemin de terre très graveleux contourne la colline, sans gagner la tour, qui n’est plus qu’une ruine.
Le chemin atteint le sommet de la colline. Ici, la vue est belle sur les collines de la Drôme dominant la vallée de l’Isère. A l’horizon se dessinent les crêtes du Vercors et les montagnes de l’Isère.
Un chemin fort caillouteux descend alors de l’autre côté de la colline. Les paysans n’ont même pas pris soin d’épierrer leurs champs, tant la tâche doit être impossible.
Le chemin descend à la limite des sous-bois de chênes et de châtaigniers jusqu’au lieudit Pontiou. Ici, les galets ronds vous caressent les chevilles. Hereusement5, la pente est encore raisonnable. Elle deviendra plus sévère plus bas.
Plus bas, le chemin se promène alors doucement dans le sous-bois. Ici, par magie, les pierres se sont évanouies et l’ombre des feuillus est généreuse.
C’est alors qu’apparaissent de profonds sillons dessinés par les tracteurs dans la terre presque glaise.
Dans une clairière, St Michel-sur-Savasse apparaît en dessous du chemin. Le chemin continue de descendre dans les cailloux et les ornières.
Ici le chemin devient détestable, on le dira ainsi, dans les buissons, les herbes folles, les galets et les ornières, avec des pentes dépassant les 15%.
Au bas de la descente, le chemin rejoint une petite route. Vous serez très satisfait de la chose.
La route passe rapidement devant une vielle église. Il ne reste que quelques ruines du prieuré bénédictin de Saint-Pierre-de-Sérans datant du XIIème siècle. L’église fut détruite par les Autrichiens qui occupaient la région au début du XIXème siècle. Le cimetière qui l’entourait fut abandonné en 1905. Le site reste magnifique, bien qu’on ait accolé à l’église une maison, manifestement aussi abandonnée.

Section 4: En route pour la Guerre et bien plus…

 

Aperçu général des difficultés du parcours: terrible côte sur près de 1 kilomètre, sur les galets qui roulent, à parfois plus de 20% d’inclinaison; puis repos bien mérité dans la forêt.

La route descend alors depuis la Vielle Église dans les noyers et les arbres fruitiers.

 

Là, elle traverse la Savasse, où ne coule qu’un maigre filet d’eau, et remonte vers le centre du village.
La Via Adresca passe alors à St-Michel-sur-Savasse (600 habitants). L’église est de construction récente. Ici. Nous sommes à la moitié de cette longue étape.
A la sortie du village, une route quitte la départementale D52 pour la Guerre, en montant le Chemin de la Grande Combe. Vous avez dit La Guerre, et la seule chose que vous ne verrez pas dans la Combe, ce sont les ennemis et les coups de feu. Au départ, ce n’est que du goudron au milieu des noyers et des arbres fruitiers.
La côte est déjà très prononcée et on devine rapidement, à voir les galets sur les bas-côtés qu’on a jeté seulement du goudron pour laisser passer les tracteurs des producteurs de noix.

Puis soudain, sur une rupture de pente apparaît un magnifique éboulis de galets. Ici, on déguste des inclinaisons de plus de 15% sur un sol qui glisse à mesure qu’on monte. Un vrai combat, assurément. La guerre, quoi! On cherche parfois désespérément un passage dépourvu de cailloux sur les bas-côtés, mais ils ne sont pas si nombreux que cela.

Passer par ici par temps de pluie, on préfère ne pas y penser. Que du bonheur, sans doute. La belle ruine rend encore le paysage plus minéral. C’est raide, mais tellement beau et étonnant ce couloir de pierres.

Pour ceux qui sont aguerris à la marche sur les pierriers dans les Alpes, ce genre de chemin ne pose pas de problème. Mais pour les nombreux retraités du Chemin de Compostelle, un peu moins sportifs, c’est toute une autre histoire. Parfois, la pente se fait moins rude…
…mais pour repartir aussitôt.

La délivrance, c’est le lieudit La côte Velay. Nous sommes montés 1,4 km, passant de 337 mètres à 470 mètres d’altitude. De la broutille, quoi!

Nous avons atteint la “feytas” et les cailloux ont disparu comme par enchantement ou alors que la nature s’en est chargée. On n’a certainement pas épierré le chemin. Nous savons aussi que sur les “feytas” les parcours sont reposants sur ces hauts plateaux. Le chemin traverse alors une vraie châtaigneraie sur un sol gris et pauvre.
Un peu plus loin, au lieudit Bellefont, la forêt est devenue plus mixte et le sol plus accueillant sous les châtaigniers, les chênes verts, les pins et les érables.
Même s’il n’y a ici qu’une seule et unique forêt, on aime à baptiser certaines parties. Le chemin se dirige alors vers le Bois Brûlé. Ici, le sol est très imperméable et les flaques s’amoncellent dans les ornières, même par temps sec. Il y a parfois de véritables lacs, que l’on évite. Les châtaigniers semblent s’y complaire de cet état de choses.
Lorsque le chemin atteint le lieudit Bois Brûlé, nous avons encore deux kilomètres de promenade pour arriver à la Croix Cornu, au-delà de la forêt.

Section 5: En route pour un joli canyon.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: descente sans problème jusqu’à la combe du Ravi. Là, c’est un peu plus particulier. Ici, ce n’est pas vraiment la pente qui est la majeure difficulté, c’est l’état du terrain.

Dans la forêt, toujours les mêmes rétentions d’eau, la terre grise, les alignées de châtaigniers, avec ci et là un grand chêne, un chine vert ou un érable.
Et puis juste un petit passage dans les galets, pour se rappeler que la géologie a toujours raison. C’est souvent ainsi quand la pente s’accentue, mais ici c’est un jeu d’enfant.
Quand le chemin sort de la forêt sous les grands chênes, on a devant soi les collines de la Drôme qui descendent sur la plaine de l’Isère et à l’horizon le Vercors.
Le chemin folâtre quelque peu le long des champs de blé, mais il ne s’y attarde pas. Aussitôt le chemin remonte dans les broussailles. Ici, la terre est presque du sable, mais les galets vous guettent aussi.
La montée n’est pas longue et peu après, le chemin atteint la Croix Cornu, dans la campagne.
Ici, la Via Adresca prend la direction de l’église Ste Ange. C’est un trajet de 1.6 kilomètre sur une route goudronnée où ne passe aucun véhicule.
La route oscille entre des bois plutôt ouverts ou la forêt plus sombre où les frênes serrés et les chênes tentent vainement de rivaliser avec les châtaigniers.
L’espace s’ouvre à l’approche du hameau de St Ange.
Cette colline qui domine la plaine de l’Isère, en face du Vercors, est un ancien site gallo-romain. L’église, construite en pierres, a presque un air de forteresse. On la date du XIIème siècle, en art romain avec quelques petites adjonctions par la suite. La façade, sans ornements, est d’une sobriété absolue. Le monument est, avec raison classé, au patrimoine historique. On n’y pénètre pas, comme c’est souvent le cas dans la campagne le long du Chemin de Compostelle. Ces églises, on les ouvre de temps à autre, pour un dimanche…et encore.

Le hameau possède de magnifiques maisons de pierre accrochées au coteau. Il n’y a plus grand monde ici. Tout a disparu, la mairie, la cure. L’église n’est plus paroisse de Peyrins, village d’à côté, depuis un siècle, mais on aime se faire baptiser, marier ou même enterrer ici. D’ailleurs les mariages ont la côte ici. La grange du hameau est devenue salle de mariages organisés.

La route descend sous St Ange sous les chênes. Ici, les oléagineux dominent, dont le colza.
La route descend jusqu’à rejoindre un carrefour de chemins et de routes. En temps normal, vous vous dites que le chemin caillouteux qui monte vers la colline est pour vous? Non, celui-ci est barré, car les gentils organisateurs de la Via Adresca ont choisi ici une variante qui va sans doute vous ravir encore plus. Salivez d’avance.
La route prend alors la route de Pianières et descend vers les rares maisons dans les arbres fruitiers.
Plus bas, un nouveau carrefour, avec un chemin caillouteux qui monte. Le nôtre? Pas du tout. Le nôtre c’est l’impasse, tout droit.

On trouve alors un étroit chemin, un vrai couloir de galets qui descend dans la Combe du Ravi, qui porte bien son nom.

Aurait-on imaginé qu’à une dizaine de kilomètres de la région de Valence et Romans, qui regroupe plus de 150’000 habitants on eût déniché une telle merveille? L’étroitesse du chemin, la pente, un régal sans pareil. Énorme est le terme. On s’attend à chaque mètre à voir les ennemis, ou les sangliers ou les loups se ruer sur vous.

Section 6: La Savasse, une rivière ou un canyon?

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans difficulté.

Au fond du ravin, le sable remplace les galets. Incroyable région où les traces laissées par les vététistes sont plus nombreuses que les empreintes de chaussures.
Le chemin remonte alors un peu, toujours dans le sable, pour rejoindre une petite route asphaltée.
La route traverse alors une sorte de plaine dans la forêt.
Au bout de la plaine, la route trouve des arbres fruitiers et arrive sur la route principale, près de la Savasse.
La route longe la rivière, mais on n’entend aucun murmure d’eau.

Et pour cause. Voici la rivière. Vous n’aurez sans doute jamais croisé de votre vie une telle rivière, du moins c’est notre cas: pas la moindre goutte d’eau, qu’un grand lit de gros galets. Et pourtant la Savasse est un vrai fléau à cause de ses crues violentes, causant des dégâts notoires dans la plaine de Romans-sur-Isère. Regardez sur Internet quelques vidéos de la crue de la rivière, pour vous faire une idée de la fureur qui peut régner ici. Lors de notre passage, la région n’avait pas vu la pluie depuis 15 jours.

Un peu plus bas, un pont est jeté sur la rivière. Ici, on voit tout de même un filet d’eau. L’eau circulerait-elle, à notre insu, sous le lit de galets?
Depuis le pont, la Via Adresca s’en va à plat sur le Chemin des Blaches. Le nom, on l’a dit plus haut, implique des anciennes chênaies. Ici, la terre est presque du sable. Le nombre de vététistes et de joggeurs est important, si vous y passez le week-end.
Puis, le Chemin du Bateau prend le relais. Ici, le sable entre en compétition avec le gros gravier.

Au bout du chemin, la Via Adresca part à angle droit sur la rue de Sallmard.

Une petite route part alors dans la forêt.
Enfin rue c’est trop dire, car la route se termine en impasse dans la terre battue. Alors, un vrai chemin de terre part dans les prés, dans un charmant vallon.

Section 7: Dans les canyons exotiques de Mours-St Eusèbe.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: : parcours sans difficulté, avec des montagnes russes légères jusqu’à la fin de l’étape.

Au bout du petit vallon, le chemin remonte sur les cailloux pour trouver le Chemin des Grottes.
Alors, ici, on repart dans un univers sauvage à l’extrême. La colline est trouée de grottes et de cavernes que l’on dit remonter, pour certaines, à l’époque paléolithique.
A quelques encablures de la civilisation, c’est la traversée d’un canyon, sur un sentier souvent très étroit qui descend entre les broussailles et les herbes folles.
Ici, les galets du Chambaran ont cédé la place au sable. Quand vous passerez par ici, laissez passer les vététistes fous qui descendent à cœur joie et les joggeurs des week-ends. Il peut y avoir un monde fou, au propre comme au figuré. Sur le fond du vallon, le chemin s’élargit.
Au bas du Chemin des Grottes, nous arrivons à la périphérie de Mours-St Eusèbe.
La route suit lors le Chemin des Marronniers…
…pour arriver au centre du bourg.
Il n’y a pas grand-chose à faire ou à voir à Mours-St Eusèbe (3’000 habitants). Mours contient l’idée de marais, autrefois présents, quand la Savasse grondait jusqu’à Romans. Le passage du canyon montre bien ce que pouvait être le paysage ici autrefois. La légende dit aussi que la colline était le rendez-vous des sorciers et des païens primitifs. L’église conserve un clocher roman, classé comme monument historique. L’église a été modifiée au XIXème siècle, conservant certaines parties romanes intégrées dans une architecture de style néo-classique. Il y a un musée d’art sacré ici.

Les logements ne sont pas présents ici. Mours est un peu une banlieue. Aussi, la meilleure solution pour se loger est de gagner Romans sur Isère, à deux kilomètres d’ici, une ville de plus de 30’000 habitants.

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