01: Genève au Col du Mont-Sion

Du Lac Léman aux contreforts du Salève

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-geneve-gare-au-col-du-mont-sion-par-la-via-gebennensis-33318901

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Sur le Chemin de Compostelle français, la traversée des grandes villes n’est pas monnaie courante. Il n’y en a pas, c’est simple. La Suisse, c’est différent. C’est un si petit pays, qu’il est difficile de trouver des endroits de passage pour éviter les villes. Et à Genève, c’est encore pire. Genève est une sorte de grand cul-de-sac, coincé entre le Léman et la montagne du Salève. Il faudra donc traverser tout Genève, Carouge en particulier pour sortir de Suisse. Mais, à Genève, il n’y a pas que des banques. La vielle ville est restreinte, mais charmante. Carouge est un joli bourg.

Une fois hors de la ville, la frontière franco-suisse est toute proche. Pour le reste, le chemin est une longue randonnée dans la campagne, sous les contreforts du Salève, qui surplombe Genève. Vous vous apercevrez rapidement comment on passe de la ville à la campagne, même si autour de Genève, des villages satellites se sont développés.

Le cap des 100’000 personnes étrangères titulaires d’un permis frontalier a été dépassé pour la première fois dans le canton de Genève en juillet 2016, selon l’Office cantonal de la statistique. La plupart de ces personnes vivent en Haute-Savoie (74%), les autres dans les départements voisins. Alors, dans les villages que nous traverserons, la majorité des gens, qu’ils soient français, ou suisses résidant en Haute Savoie, travaillent à Genève.

Difficulté du parcours: Les dénivelés (+567 mètres/-163 mètres) ne sont pas si importants globalement, si on considère que l’on va jusqu’à un col. Mais, c’est un col de basse altitude. Jusqu’à la frontière franco-suisse, après Compesières, c’est une balade à plat ou en légère montée. Mais, dès la frontière, le chemin monte et montera, presque sans discontinuer jusqu’au col du Mont Sion. Sur tout le trajet, les pentes ne dépasseront pas les 15% d’inclinaison. Mais, rassurez-vous, il y a tout de même quelques belles rampes à passer, mais elles sont généralement brèves, surtout du côté de Verrières.

Dans cette étape, une grande partie du trajet se passe sur des routes goudronnées. Que voulez-vous? Nous marchons près d’une grande ville:

  • Goudron: 15.3 km
  • Chemins: 7.9 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Section 1: La traversée de Genève et de Carouge.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

De la place de Cornavin, devant la gare, la meilleure solution est de descendre la Rue du Mont Blanc en direction du lac, jusqu’à trouver le Pont du Mont Blanc et le quai des Bergues. Le Pont du Mont Blanc est le grand pont qui traverse la rade, reliant les deux rives. C’est un axe de passage fort encombré, tout au long de la journée.
On peut passer sur le pont, mais le mieux est de remonter à droite le Quai des Bergues et prendre un des deux premiers ponts qui traversent le Rhône, à savoir le Pont des Bergues ou le Pont de la Machine. Genève rêve aujourd’hui d’une rade idéale, rendant les quais aux promeneurs. Ce ne sont pas les idées qui manquent, c’est l’argent.
A droite du Pont de la Machine se situe le Quai de l’Ile, où un pont traverse aussi le Rhône. Dans les premiers pas de l’humanité, un banc de sable séparait le Rhône en deux bras. Ce banc fut consolidé au cours des siècles, en construisant des ponts. Le pont, mentionné par Jules César, fut coupé pour empêcher le passage des Helvètes. Reconstruit en pierre sous l’empire romain, il subsista jusqu’au XVIe siècle. On y construisit progressivement des moulins et des maisons. Le pont bâti fut complètement détruit par un incendie en 1670. Dès le milieu du XVIe siècle, un second pont fut établi. Puis, on remania les ponts pour n’en faire qu’un seul en 1886.

Si vous avez traversé sur le premier pont, le pont des Bergues, vous vous trouvez alors rive gauche, dans les rues commerçantes de la ville et près des banques, les rues Basses.

Suivez les directions de la Vielle Ville et de la Cathédrale. Vous arriverez alors devant les galeries de Confédération Centre.
A l’angle de l’édifice, vous entrez dans la Vielle Ville, très restreinte à Genève. Elle occupe la petite colline où se dressent la cathédrale et l’hôtel de ville. C’est le centre historique de Genève. Vous pouvez imaginer comment ces pavés ont vu défiler Rousseau et tous les réformateurs.

La route passe devant l’Ancien Arsenal, à deux pas de l’Hôtel de Ville. Sous ses arcades et au pied des fresques rappelant Genève de Jules César à la Réforme, cinq canons d’époque, pareils à ceux qui défendaient les remparts de la ville, occupent le sol pavé de galets. Le bâtiment aujourd’hui abrite les archives de l’état.

 

La présence d’une église sur la colline est attestée depuis le quatrième siècle de notre ère. Dédiée à Saint-Pierre, la cathédrale d’aujourd’hui, date du XIIème siècle, naviguant entre styles roman et gothique. Au fil des guerres et des incendies, elle subit de nombreuses modifications. A partir d’août 1535, la messe fut abolie à Genève et la cathédrale est affectée au culte protestant. La cathédrale prit alors le nom de Temple de Saint-Pierre, qui reste son nom officiel aujourd’hui encore. Après la séparation de l’Église et de l’État en 1907, le bâtiment devient propriété de l’Église Protestante de Genève. Le temple remplit encore aujourd’hui des fonctions civiles, accueillant la prestation de serment du gouvernement de la République.

Sous la cathédrale se cachent les vestiges de l’église paléochrétienne.

Depuis la cathédrale, le parcours descend sur la Place du Bourg-de-Four, à la sortie de la Vielle Ville. Ici, c’est le cœur de l’ancien marché de la ville autrefois. Tout cela a hélas bien disparu. Ici, apparaissent les signes de la Via Jacobi 4, encadrée de bleu, la dernière étape du Chemin de Compostelle en Suisse qui deviendra le GR65 après la frontière. Ces panneaux vous seront bien utiles pour ne pas vous perdre en ville.
La Via Jacobi suit alors la Rue de Saint-Léger et va longer le parc des Bastions. Il faut entrer dans le parc pour voir un mur qui relate l’histoire de la Réforme à Genève et son rayonnement international. C’est le célèbre Mur des Réformateurs, monument inauguré en 1909 en l’honneur du 400ème anniversaire de Jean Calvin, montrant Guillaume Farel, Jean Calvin, Théodore de Bèze et John Knox, grands apôtres prédicateurs du protestantisme, portant la robe de Genève.
La Rue St Léger débouche sur le Boulevard des Philosophes. On ne saurait oublier que Jean-Jacques Rousseau est né ici dans la vielle ville d’une famille calviniste, mais d’origine française. Il passa sa petite enfance dans l’atelier d’horlogerie de son père, avant de quitter le pays. Certains historiens prétendent que l’écrivain s’est inspiré du mouvement contestataire du XVIIIe siècle genevois pour écrire son Contrat social.
Ici, c’est peut-être le seul endroit de Genève où il faut faire attention pour ne pas se perdre! Il faut traverser le boulevard, prendre légèrement à gauche pour trouver le signe de la Via Jacobi qui vous dirige vers la Rue Prévost-Martin.
La Rue Prévost-Martin, rectiligne et peu passante, va d’abord couper le Boulevard du Pont d’Arve.
Ce sont de grands boulevards qui ne vous livreront en rien leur histoire et leurs secrets si vous ne connaissez pas l’histoire du pays. Peu vous importe en fait! lls vous permettront de passer de la ville de Genève à celle de Carouge.
La Via Jacobi suit la Rue Pévost-Martin jusqu’à la Place des Augustins, où elle s’engage alors sur la Rue de la Ferme.
Au bout de la Rue de la Ferme, elle part quelques instants à droite sur la Rue de la Colline.
L’Arve est à deux pas, dans ses eaux toujours boueuses. Elle descend du massif du Mont Blanc en France et se jette dans le bleu Rhône à la sortie de la ville, direction ouest. Passé le pont, on se retrouve à Carouge. Carouge (22’000 habitants) est une commune à part entière. Elle est surtout réputée pour le quartier du Vieux Carouge avec ses places, ses terrasses et ses maisons pittoresques, que nous traverserons en grande partie.
De l’autre côté de l’Arve, c’est la belle Place de l’Octroi. C’est aussi ici qu’arrive la ligne de tram 18, célèbre à Genève, qui visite les vieux quartiers de Carouge.

La rivalité entre Genève et Carouge est un fait historique. Carouge a été entièrement reconstruite au XVIIIème siècle pour concurrencer Genève. Alors, des architectes italiens ont taillé la ville pour en faire une ville quadrillée, méditerranéenne. Et tous les Carougeois vous diront, sans doute avec raison mais avec un petit soupçon de chauvinisme, comment il est bon d’habiter ici et de flâner dans les rues.

La Via Jacobi ne suit pas tout de suite le tram. Elle fait le tour de la place, passe près de l’oratoire catholique de St Joseph, avant de trouver la Rue Vautier.
La Rue Vautier passe près de la Place du Marché. Carouge ne possède pas vraiment un vrai centre, mais des centres dispersés. Disons que c’est à partir d’ici vers la Rue Ancienne que bat le cœur proprement dit du Vieux Carouge.
Au bout de la Rue Vautier, le parcours continue sur Rue Ancienne.
C’est sans doute la plus belle rue de la région, où on retrouve le tram, les belles maisons, les petits commerces, les cafés, les restaurants, bref le charme d’une rue à taille humaine. On comprend l’amour et l’enthousiasme des Carougeois pour leur ville.
Au bout de la Rue Ancienne, on rejoint la Place du Rondeau, où la Via Jacobi quitte définitivement la ville pour la banlieue. Il a donc fallu près de 4 kilomètres pour traverser la ville. En musardant un peu en chemin, ce n’est pas loin de deux heures. Avec le tram, vous seriez arrivé bien plus tôt!

Section 2: Dans la campagne genevoise, ou du moins ce qu’il en reste.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

A la Place du Rondeau, la Via Jacobi prend la Route de Drize, passe devant le parc de l’institut de recherche Battelle. Ici, autrefois, on taquinait le gène, maintenant on se tourne plutôt vers l’informatique et la gestion.
La route sillonne une banlieue peu peuplée, ce qui est assez rare à Genève, il faut le dire.
Puis, la Via Jacobi quitte les axes routiers et part vers le sous-bois.
Ici, le pèlerin reprend du goût à la vie, retrouve la terre battue, les arbres, les petits cailloux sur le chemin, son univers, quoi!
La petite route traverse alors le gros ruisseau de la Drize.

Un chemin remonte de la rivière dans le sous-bois, pour trouver une route. Là, la via Jacobi prend la direction de Saconnex d’Arve.

 

La route monte alors, en pente très légère, entre banlieue très dispersée et campagne jusqu’à Saconnex d’Arve Dessous.
Les paysans n’ont pas encore tout vendu. Mais cela viendra, bien sûr. Il y a raison à cette évolution. Genève, c’est 500’000 habitants dans un espace restreint. Genève est le canton qui compte le plus d’étrangers. Ils représentent 42% de la population. 61% des résidents sont issus de l’immigration. Mais, ce n’est pas le 93 de la région parisienne.
Peu après, le petit village de Saconnex d’Arve Dessous respire le calme et le propre.
Derrière les grands chênes, la Via Jacobi sort du village et s’engage sur le sentier de l’Etang de Paradis. Tout un programme!
On ne saura jamais si le paradis ou simplement l’étang sont présents ici. Du moins, la Via Jacobi n’y va pas et ressort rapidement du bois pour trouver le goudron.
En ressortant du bois, la route traverse un peu les champs. Mais, oui, il y a encore un peu de campagne dans le canton de Genève!
La route arrive alors à Saconnex d’Arve Dessus. Ces petits villages de la campagne genevoise paraissent tous très neufs, comme s’ils avaient été construits ces dernières années. Ce qui n’est pas le cas, bien sûr!

Section 3: De la Suisse à la France dans la campagne.

 

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans aucune difficulté.

 

 

A la sortie du village de Sacconex, on aperçoit rapidement Compesières au-dessus, au milieu des blés. En tout cas, Compesières n’est pas un perdreau de la dernière couvée.
Compesières est à deux pas de la frontière entre la Suisse et la France. La population est maigre (une vingtaine d’habitants), mais le site est très connu des genevois. C’est aujourd’hui le centre administratif, religieux et scolaire de la commune de Bardonnex. Le site est classé d’importance nationale.

Un établissement romain a été avéré par des fouilles. A l’époque féodale, il y avait peut-être un vrai village. L’ordre des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem avait une commanderie ici, agrandissant le domaine de remparts et de tours au XVIIème siècle. Puis, la commanderie passa à l’Ordre de Malte jusqu’en qu’en 1793, devenant par la suite une fabrique de salpêtre. Depuis 1822, le hameau comprend l’église, la commanderie, une ferme et des dépendances.

La Via Jacobi part alors d’abord sur le goudron puis sur la terre battue vers le petit hameau de Charrot, de l’autre côté de la route. Ici, on a définitivement laissé le Grand Genève derrière soi.
La Via Jacobi quitte le village en prenant la direction de Lathoy, d’abord sur une petite route goudronnée, puis sur la terre battue, au milieu des vignes et des maraîchers.
Elle se dirige vers un petit sous-bois, où, devant soi, on voit pointer les édifices du Technopole d’Archamps. Elle passe devant un gros mur, dont on se demande si ce n’est pas une fortification. Nous sommes à deux pas de la frontière.
En longeant le sous-bois, la petite route de terre battue va traverser le ruisseau de l’Arcande.
La Via Jacobi arrive à son terme aux Combes, juste à deux pas du Technopole et de la frontière. Ici, vous ne serez pas dérangé par les douaniers.

Vous êtes désormais en Haute Savoie, sur le GR65, le Chemin de Compostelle du Puy-en-Velay. Attention! Il vous faudra changer d’habitude. Après avoir traversé la Suisse, vous avez vu briller les petits panneaux jaunes de direction, comme de grosses chanterelles sortant de la mousse. Ici, la couleur des panneaux est plus discrète, et plus complexe, du moins dans les premières étapes. C’est un mélange de signes du GR 65 (rouge et blanc), du Chemin de Compostelle (coquilles) et de signalisations locales, avec une foule de détails sur les temps de marche. Mais cela ne durera pas sur toutes les étapes ultérieures.

Depuis Les Combes, un large chemin, d’abord goudronné, puis de terre battue, monte vers le Technopole, franchissant une petite ligne de chemin de fer, puis sillonnant la campagne.
En pleine campagne, créé en 1989, le Technopole d’Archamps est qualifié de “première technopole euro-suisse”. Il abrite environ 230 unités travaillant dans les domaines des sciences du vivant (“biotech”), de l’électronique, des micro-technologies ou des activités de transfert de connaissance. Ici se croisent des scientifiques français, européens et suisses, en relation avec les universités voisines.
Une petite route goudronnée sort du technopôle et gagne le hameau de Lathoy.
Puis, le GR65 (on appellera désormais le chemin ainsi; d’ailleurs, on voit apparaître les signes rouge et blanc des GR) suit un petite route de terre battue, traverse le petit ruisseau de Nant de Barthoux et se dirige en pleine campagne vers l’autoroute.
Le GR65 traverse alors l’autoroute A40, “Autoroute Blanche” qui va de Macon à Chamonix, puis en Italie par le tunnel du Mont Blanc, transitant par la frontière franco-suisse, à St Julien-de-Genevoix.
Depuis l’autoroute, une large route de terre battue va traverser la large plaine, direction Neydens, au milieu des prés et des céréales.

Section 4: En montant sous le Salève.

 

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours: quelques pentes plus raides entre La Forge et Verrières.

 

 

Devant soi, on voit pointer le clocher du village de Neydens. Dans toute cette région, par temps pluvieux, les chemins peuvent être très inondés.
Jusqu’ici, nous avons marché presque toujours à plat depuis Genève. Mais voilà, le col du Mont Sion est en altitude et il faudra bien y monter. Alors, à l’approche du village, la route, qui devient de plus en plus caillouteuse, commence son ascension. Mais, ici, la pente est encore légère et le regard se porte toujours en avant vers le Salève, la montagne qui domine Genève.
Le chemin passe alors à Neydens, dont il est difficile de discerner les nombreux hameaux qui s’égrènent sur les contreforts du Salève. La croix de pierre, dite Croix de Verrières, au centre du village, est splendide. A voir les maisons, Neydens paraît très résidentielle. Seule peut-être l’église et l’école St-Laurent et la vielle école paraissent un peu plus âgées. La grande partie de la population doit travailler à Genève.
Le GR65 suit alors le trottoir pour monter à La Forge, passant devant le camping-auberge de la Colombière.
La Forge est à deux pas et le GR65 rejoint une route plus passante qui transite sous le Salève.
A partir d’ici, la pente se fait sentir, jusqu’à 15%, pour atteindre Verrières, puis Beaumont. Une petite route monte le long de résidences cossues, cachées dans des parcs. Les statistiques ne disent pas combien de ces gens travaillent à Genève. La majorité, sans doute.
Puis, les villas se raréfient. On recommande même les chaînes en hiver et on comprend pourquoi. Alors la route monte encore en direction de Verrières, le long des prairies où dominent les chênes, les hêtres et autres feuillus. A l’horizon, on touche presque le Salève.
A l’entrée de Verrières se dresse sur la colline un bijou de petite chapelle, assez récente et très sobre.
Du promontoire, la vue est étendue sur Neydens et la Forge en dessous, et plus loin vers Genève, bien qu’ici on ne voie plus le lac.
Ici, la pente se fait moins sévère et la route monte dans le village très étendu de Verrières. Si le bas du village n’est qu’une collection de lotissements de villas neuves, le village lui-même montre tout de même une certaine unité. Il y a encore quelques paysans à Verrières.

A Verrières, nous sommes à 700 mètres d’altitude, à environ 2 heures de marche du col du Mont Sion. Nous sommes montés de 300 mètres depuis le lac, et il ne reste plus de 175 mètres d’ascension jusqu’au faîte de l’étape. Pour les personnes qui débutent le Chemin à Genève, c’est dur. Mais pour les autres, ce n’est qu’une partie de plaisir.

 

Le GR65 quitte Verrières sur la route, direction Beaumont. Rapidement, il abandonne la route pour un chemin de terre battue qui monte dans la campagne vers les sous-bois.
Le chemin est caillouteux, au milieu des prés et des feuillus, mais la pente n’est pas sévère.

Dans la région, par temps sec, c’est un vrai plaisir. Mais par temps de pluie, ce peut être plus pénible, car les petits ruisseaux, invisibles pour la plupart, dévalent de la montagne et se transforment en vrais torrents. Alors, il faut repérer les plus gros cailloux pour ne pas s’enliser, d’autant si le bétail est présent et crée de véritables bourbiers.

Section 5: Sur le chemin, il y a la belle ancienne Abbaye de Pomier.

 

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours: quelques belles rampes entre 10% et 15%, mais c’est loin d’être insurmontable.

 

 

A la sortie du bois, le GR65 suit la crête dans les prés.

Le chemin descend alors doucement sur Beaumont. A l’horizon se dessine le col du Mont Sion sur le flanc du Salève.

 

Le chemin se dirige vers le village, traverse le ruisseau de Nant de Chozal, perdu dans les broussailles, sauf en cas de pluie. Par mauvais temps, le passage ici est presque une épreuve.
Le chemin de terre longe une grosse ferme, passe près du petit ruisseau du Nant de Beaumont et rejoint le village sur le goudron.
Beaumont (2’600 habitants) est fait de deux parties. La partie du haut, celle que nous traversons, c’est le vieux Beaumont et son église. Mais, le bourg est en dessous, au Chable, où sont regroupés les activités et les commerces.
Un magnifique St Jacques en pierre monte la garde devant l’église St Etienne de Beaumont, une église romane très ancienne, mais entièrement rénovée dans un style sobre et dépouillé. Ici, on est à 1 heure et demie de marche de la fin de l’étape.
La route sort à plat du village, passe devant l’ancienne école. Un petit ruisseau coule sur le bas-côté.
Bientôt la route arrive à Jussy, qui appartient aussi à la commune de Beaumont, en traversant le Nant de Bellot.
La route traverse un village qui a encore préservé un peu son cachet d’antan, puis monte en pente régulière, parfois assez sévère, entre sous-bois et campagne.
Ici, un troupeau de vaches Montbéliardes, sous les falaises boisées du Salève. Servent-elles à fabriquer du Reblochon? Peut-être. Voici l’origine du vocable. Ici, autrefois, les paysans rétribuaient leur propriétaire sur la quantité de lait produite en une journée. Alors, ils ont trouvé une astuce: pratiquer une traite incomplète pour payer moins de location. Puis, dès le départ du contrôleur, ils faisaient une seconde traite. Le deuxième lait n’était pas très abondant, mais riche en crème. Reblochon vient donc du patois “Reblocher” qui signifie “pincer les pis de la vache une deuxième fois”.

Le berceau d’origine du Reblochon est Thônes, en Savoie, dans le Val d’Arly, une vallée près de Chamonix, de l’autre côté du Salève. Mais la zone de protection AOP comprend le Val d’Arly en Savoie et toutes les montagnes de Haute Savoie. En conséquence, on fabrique, ici aussi, du Reblochon, ce délicieux fromage au lait cru, non pasteurisé. L’alimentation du bétail est régularisée ainsi que les races utilisées pour la fabrication du fromage. Seules les races Abondance, Montbéliarde et Tarine sont autorisées. Si la Tarine montre une robe brun clair, l’Abondance est d’un brun plus soutenu, avec une tête blanche tachetée de brun. La Montbéliarde, un mélange de brun et de blanc, vous allez la rencontrer très souvent sur le parcours. Mais la favorite pour le Reblochon reste l’Abondance.

La route s’achève en cul-de-sac sur un petit replat, au pied de la Chartreuse de Pomier.
Le domaine de Pomier est remarquable en tous points, non seulement car il laisse accès libre aux promeneurs, mais parce que le site est exceptionnel. Ici, la forêt est dégagée, composée essentiellement de feuillus, dont des hêtres et de quelques chênes centenaires. Les conifères, malgré l’altitude grandissante, sont rares ici.
Le chemin monte en pente douce, et on a presque la tentation de voir si poussent les morilles au printemps ou les bolets en automne.

Un pèlerin s’est peut-être égaré un jour par ici….

Quand il sort du bois, le GR65 se retrouve devant les dépendances de la Chartreuse. Le site est remarquable.
La Chartreuse Notre-Dame de Pomier remonte au XIIème siècle. Il y avait ici une église, des chapelles, un cloître et des chartreux. A la révolution, en 1793, le domaine fut pillé, les bibliothèques brûlées et une grande partie des bâtiments démolis. La Chartreuse resta alors abandonnée pendant plus de 100 ans. En 1894, un baron racheta le domaine, sauva le reste de la ruine et reconstruisit le domaine pour en faire un hôtel-restaurant, ce qu’il est encore aujourd’hui, avec un autre propriétaire, une propriété privée qui organise des séminaires et des mariages. On arrive ici en voiture, par la route qui monte au col du Mont Sion depuis Genève.

Depuis ici, la vue est étendue sur Genève et la plaine du Rhône.

Peu après, le GR65 quitte la Chartreuse par les hauts.

Section 6: Sous le Salève jusqu’au col.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: quelques belles rampes entre 10% et 15%, mais c’est loin d’être insurmontable.

 

Encore un petit effort avant d’arriver sur les hauts du col. Au début, la montée est légère, dans les pâturages. On sent presque l’air pur de la montagne.
Le chemin de terre caillouteux passe rapidement au lieudit Les Hauts de Mikerne, où une direction est donnée pour la Maison du Salève, un site culturel avec ateliers, animations, pauses gourmandes, randonnées pour découvrir la région.
La pente est régulière, peu sévère, le long des haies ou dans les sous-bois de feuillus.
La montée s’achève lorsque le chemin forestier débouche sur une sorte de haut plateau au lieudit Sur Les Fours, à près de 875 mètres d’altitude.
Le GR65 ne passe pas à St Blaise, à deux pas. D’ici, par temps clair, en allant au fond du plateau, vous verrez Genève et même le lac Léman.
St Blaise est plus haut que le col du Mont Sion, qui est situé environ 100 mètres en dessous. La descente est courte, mais parfois exigeante.
Le chemin rejoint la route qui monte à St Blaise à l’entrée de Mont Sion.
La route rejoint la grande départementale D1201, l’axe routier qui relie Genève à Annecy. Autrefois, avant la jonction totale des autoroutes de Genève à Annecy, cet axe était surchargé jusqu’à Cruseilles, en dessous, où arrivait l’autoroute. Aujourd’hui, la circulation ici a diminué, car l’autoroute passe sous la montagne en tunnel. Mais, la circulation reste conséquente. Les autoroutes sont hors de prix en France!
Le Mont-Sion fait partie de la commune de St Blaise. Ici, les habitations ont poussé comme des champignons, ces dernières années. On est à deux pas de Genève par la route. Mais, il n’y a pas de village et qu’une seule possibilité de logement. C’est aussi ici que règne le Père Noël en hiver dans son village.

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