11: St Julien-Molin-Molette aux Sétoux

De la Loire à la Haute Loire dans les sapinières

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct. Pour ce chemin, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-st-julien-molin-molette-aux-setoux-par-le-gr65-39842606

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Aujourd’hui, c’est une montée progressive du Département de la Loire au Département de Haute-Loire, où le chemin arrive en fin d’étape. C’est une région couverte de forêts, où les feuillus son très présents en début d’étape, remplacés plus haut par les conifères.N’allez surtout pas imaginer que les essences d’arbres présentes actuellement sont présentes ici depuis la nuit des temps. Vous ne voyez aujourd’hui que d’immenses sapinières, mais autrefois, ces montagnes étaient couvertes de pins, que l’on utilisait dans les industries de St Etienne. Quand l’agriculture cesse d’être présente, le pin, le bouleau et le charme s’installent spontanément, car ce sont des essences colonisatrices. Rien de tout cela pour les sapins, les épicéas et les hêtres. Il faut les planter, et à l’ombre, car ils ne poussent guère isolés dans les clairières. Ce sont des espèces d’ombre, qui aiment vivre serrés. Ces arbres profitent du couvert pour y déposer leurs germes et de développer. Et quand la forêt de pins se meurt, car ils n’ont pas une longue existence, les hêtres, les épicéas et les sapins prennent le dessus. Alors, à partir de là, tout est de la stratégie et du hasard, si l’homme n’intervient pas. Alors ici, on a planté des sapins blancs, des Douglas, des épicéas et des hêtres. Mais ce sont les sapins blancs et parfois les Douglas qui ont pris le dessus. Pour combien de temps encore?

La légende prétend que les druides de la Gaule romaine avaient fait de la forêt du Taillard un lieu de rassemblement. Puis, on a puisé sans cesse dans ses ressources au cours des temps. il y a un peu de Taillard dans toutes les constructions anciennes des Monts du Pilat. Le nom de la forêt pourrait être une déformation de  fayard, le nom local du hêtre. La forêt fut d’abord une hêtraie avant d’être une sapinière. Vous guetterez peut-être encore les druides en montant dans ce poumon vert, dans les sapinières, où les grands sapins blancs et les Douglas atteignent des hauteurs vertigineuses.

Dans cette étape souvent pénible, mais magnifique, vous aurez aussi le loisir de passer près des ouvrages d’art d’une ancienne voie de chemin de fer, qui reliait autrefois St Etienne à Annonay, une ligne qui est morte de sa belle mort depuis le milieu du siècle passé.

 

Difficulté du parcours: Les dénivelés du jour (+914 mètres/-369 mètres) sont marqués pour une étape de 25 kilomètres. C’est une étape difficile, car il y a deux petits cols à franchir, et sur ces montées, les pentes sont le plus souvent à près de 15%. La première ascension est celle du Col du Banchet, suivie d’une descente assez rude sur les cailloux ver Bourg-Argental. Depuis Bourg-Argental, le GR65 remonte en paliers, dans les forêts le plus souvent, jusqu’au Col de Tracol, puis redescend un peu vers Les Sétoux, terme de l’étape, en Haute-Loire.

 

Dans l’étape du jour, les chemins prennent légèrement l’ascendant sur les routes goudronnées:

  • Goudron: 10.9 km
  • Chemins: 13.1 km

Parfois, pour des raisons de logistique ou de possibilités de logement, ces étapes mélangent des parcours opérés des jours différents, ayant passé plusieurs fois sur ces parcours. Dès lors, les ciels, la pluie, ou les saisons peuvent varier. Mais, généralement ce n’est pas le cas, et en fait cela ne change rien à la description du parcours.

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les “vrais dénivelés”, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

Section 1: Il faudra passer le col du Banchet.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: pentes difficiles pour sortir de St Julien-Molin-Molette; puis après le replat du Col du Banchet, la descente est parfois pénible sur les cailloux.

Le GR65 quitte St Julien-Molin-Molette par la montée du Calvaire. Pour un départ, c’est pénible, raide, à plus de 15% de pente.
Rapidement, on se trouve au-dessus du village.
Le GR65 route longe alors le mur du Calvaire.
Le Calvaire est constitué de trois grottes artificielles et renferme les quatorze stations d’un Chemin de croix, disposées en arc de cercle autour de la grotte principale. On y trouve aussi les mystères du Rosaire accrochés au mur d’enceinte, ainsi qu’un grand nombre de statues sur la pelouse. Ce calvaire, très mystérieux il faut le dire, a été élaboré au cours du siècle dernier.
Le GR65 quitte alors les petits anges au sommet du Calvaire et s’en va rapidement dans la nature.
Le chemin, parfois rocailleux, monte sèchement dans les prés, qui ressemblent plutôt ici à la steppe. A notre passage, pas un animal dans ces espaces vides, avec parfois par ci par là un érable, un chêne ou un frêne qui n’arrive pas à dissimuler une pente à plus de 15%.
On le dira ainsi. Ce n’est pas le charme qui baigne cette colline, le long des ronces et des églantiers. Plus haut, le paysage s’ouvre un peu, paraît moins rébarbatif. Cependant, la pente diminue mais demeure néanmoins entre 10% et 15%.
Mais, ce n’est qu’illusion, car les ronces le long du chemin se font à nouveau très présentes.
Dans ces prés sans âme, une petite maison donne une petite touche au bord du chemin. Et le chemin monte encore un peu, toujours aussi en pente.
Puis, on aperçoit à l’horizon le sommet de la colline. De nombreux pèlerins seront heureux d’y arriver. Les pèlerins n’ont pas toujours droit à l’exceptionnel. Il y a aussi des paysages où la banalité est la règle. Mais, quand l’espace est vide et que rien ne s’y passe, c’est encore plus long, et encore plus quand la pente est présente. Pourtant ici, le paysage devient plus attrayant.
Le chemin s’en va alors à plat vers les quelques maisons du hameau de la Balme. Et toujours ces belles maisons de pierre si caractéristiques de la Haute Loire ornent ces petits hameaux perdus.
Tout près, le GR65 passe au hameau de Lampony.
Au village, la fontaine est belle, mais l’eau n’y coule guère. C’est presque devenu une habitude dans la région.
Une petite route descend du village, passe le ruisseau de Troncon.
La route est bientôt remplacée par un chemin de terre sous les frênes et les châtaigniers. Ici, des châtaigniers, sans doute multi-centenaires, font la concurrence aux frênes sur le bord du chemin. La région n’est pourtant pas une région riche en de tels arbres, comme l’Ardèche voisine. Plus les châtaigniers montent en âge, plus leur majesté s’amplifie, quand ils sont greffés.
Puis, les arbres disparaissent et les cailloux s’amoncellent sur le chemin, qui va rejoindre la D503, la départementale qui transite dans la vallée et se dirige vers Bourg-Argental.
Nous sommes maintenant au col du Banchet, à 678 mètres d’altitude.

Le regard plonge alors sur Bourg-Argental, de l’autre côté du col, encaissé au fond d’un vallon couvert de denses forêts.

Ici, il faut compter deux kilomètres de descente pour rejoindre le bas du vallon, sur des pentes entre 10% et 15%, sur un chemin souvent fort rocailleux. Ici, ce ne sont plus les galets de l’Isère. Ce sont parfois presque des pierriers, de petits galets anguleux et cassants de granite ou de schistes, érodés par les siècles.
La végétation est mixte dans cette forêt. La plupart des feuillus y sont présents, des érables, des chênes, des charmes et des frênes. Les châtaigniers ont presque disparu.
Et sur le bas de la forêt, les conifères prennent le dessus sur les feuillus et rivalisent d’élégance avec des épicéas, des pins, et même de grands sapins pectinés, que l’on ne rencontre que rarement sur le Chemin de Compostelle.

Section 2: Passage à Bourg-Argental, le gros bourg de la vallée.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: pente toujours très marquée dans la descente vers Bourg-Argental; puis ce sont les vacances dans le fond de la vallée.

Plus bas, à l’extrémité de la forêt, les conifères ont presque disparu, et il ne reste bientôt plus que des charmes et de grands frênes.
Plus bas, le chemin sort des bois.
Le chemin descend alors à travers prés. Devant vous se dresse la montagne avec l’immense forêt de Tallard, sur le flanc de laquelle remonte le GR65. Au bas du vallon apparaît Bourg-Argental.
A la sortie des prés, une petite route gagne la départementale dans la vallée.
Le GR65 fait alors quelques pas sur la départementale.
Mais rapidement, il traverse la route et descend vers le grand camping de Bourg-Argental au bord de la rivière. D’ici, il y a bien deux bons kilomètres pour rejoindre le centre-ville.
Le GR65 traverse la Déôme dans la végétation luxuriante. C’est une assez grosse rivière qui prend sa source au Col du Tracol, où le chemin passe, qui descend la vallée vers Annonay, pour se jeter dans la rivière Ardèche, puis plus loin dans le Rhône.
Un chemin va alterner entre clairières et sous-bois où règnent les feuillus. On y voit des peupliers, des charmes, des frênes, mais surtout des érables qui vont gagner en importance dans les étapes suivantes. Les chênes sont portion congrue dans la région, et les châtaigniers quasi absents ici.
Ici, la promenade est revigorante, paisible, le long de la rivière.
Plus loin, un pont permet de gagner une partie du bourg.
Mais, le GR65 ne traverse pas la rivière. Il emprunte des escaliers de bois pour rejoindre un autre chemin qui passe juste au-dessus.
Ici, dans ce sous-bois accueillant, les frênes et les érables font preuve d’imagination pour créer une alchimie d’ombre et de soleil autour d’eux. Ils rivalisent de magnificence pour savoir qui aura la frondaison la plus haute. Vous ne serez que des petits poucets sous ces géants.
Le chemin longe alors un haut mur. Non, ce n’est pas d’une forteresse dont il s’agit. Ce n’est qu’un mur de soutènement de l’ancienne ligne de chemin de fer. Puis, le chemin quitte le sous-bois.
Une route arrive alors en vue de l’ancienne gare. Paradoxe, ce quartier s’appelle encore La Gare. Mais, il n’y a plus de gare depuis le milieu du siècle passé. Les grands penseurs de l’administration parisienne française ont rasé à cette période près de la moitié des lignes du réseau français. Naïvement, il leur suffisait d’un train pour aller de Paris à Marseille, un autre pour Bordeaux, et cela devait combler tous les Français. Et pourtant passait ici, non pas une petite ligne, comme dans de nombreuses régions du centre de la France où passe le chemin. Le train reliait deux grandes villes, St Etienne (500’000 habitants dans l’aire urbaine) et Annonay (50’000 habitants dans l’aire urbaine). Imaginez aujourd’hui le voyage par les transports publics pour aller de Bourg-Argental à St Etienne. C’est comme aller dans la lune. Mieux vaut y aller à pied ou à cheval. On comprend la misère et la grogne des régions défavorisées de France, où il n’y a plus que la voiture pour se déplacer.
Une route descend alors vers le bourg.

Il reste encore quelques vestiges d’anciennes usines qui ont toutes disparu d’une région autrefois avec une industrie assez florissante, surtout dans le domaine des textiles.

La route traverse alors encore la Déôme pour pénétrer dans les faubourgs de Bourg-Argental.
On arrive assez rapidement au centre du bourg (3’000 habitants). Le village tire son nom d’Argental, d’une rivière qui le traverse.
De l’église St André, il ne reste d’ancien que le portail roman du XIIème siècle.
Le GR65 traverse le bourg et s’en va dans les faubourgs. Ici, le GR65 est commun avec le GR42, un sentier de grande randonnée qui relie Saint-Étienne à l’Ardèche.
A la sortie du bourg, la route traverse l’Argental caché dans les herbes hautes, qui se jette tout près dans la Déôme.

Autrefois, le GR65 suivait la route, une route assez passante, même si ce n’est pas la départementale de la vallée. Maintenant, il part dans l’herbe le long de la Déôme.

Section 3: Dans les sous-bois au-dessus de Bourg-Argental.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: les pentes sont souvent assez rudes pour rejoindre l’ancienne voie de chemin de fer près de Badol; puis trajet sans problème sur l’ancienne voie de chemin de fer.

Après avoir longé brièvement la Déôme, le chemin passe de l’autre côté de la rivière, qui cascade par ici.
La première partie de la montée se fait sur la route entre le sous-bois de feuillus et les clairières.
Près du petit hameau de Mounes, où on n’y va pas, le GR65 quitte la route goudronnée.
Un chemin peu caillouteux va monter sur plus d’un kilomètre dans le sous-bois de feuillus, avec peu de conifères. La pente est variable, mais parfois soutenue, entre 10% et 15%.
La pente n’est pas toujours forte, le chemin montant souvent par paliers.
Pourtant, il y a tout de même un court passage à plus de 15% d’inclinaison.
Plus haut, la pente se calme et le chemin traverse longuement une zone de hautes herbes. On y voit encore un tunnel, vestige de la ligne de chemin de fer. Ce n’était pas un TGV qui passait par ici au siècle passé, la pente étant tout de même assez soutenue pour descendre d’ici vers Bourg-Argental. On s’imagine aussi que le tain devait faire un boucle pour redescendre sur Bourg-Argental, nettement plus bas.
Le chemin rejoint alors une petite route goudronnée, sans doute en grande partie construite sur l’ancienne voie du train au niveau du hameau paysan de Badol.
Le GR65 va suivre lors la route pendant près de deux kilomètres. Tout autour, ce ne sont que des forêts denses.
Ici, les érables rabougris et les grands frênes dominent les autres espèces. Voulez-vous une preuve que nous marchons en fait sur la voie de chemin de fer? Des ouvrages d’art sont encore là, comme reliques d’un passé mort, et qui a peu de chance de ressusciter un jour.
La route passe bientôt au hameau de Board.

Section 4: Prenez-vous pour le train.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours sans problème.

A partir d’ici, la route monte jusqu’au moment où on quitte la ligne avec une pente moyenne de 4%. Cela devait représenter l’inclinaison moyenne de la ligne de St Sauveur-en-Rue plus haut à Bourg-Argental. Est-ce la raison pour laquelle on a supprimé un train qui peut-être ne répondait plus aux normes modernes? De plus, le train était à vapeur. On aurait pu moderniser tout cela, les ouvrages d’art étant déjà présents. On ne l’a pas fait. Dommage!
La route traverse encore les bois de feuillus, mais les conifères se font maintenant plus présents.
Un tunnel ici surgit de l’oubli au bord de la route et on passe bientôt sur le viaduc de la Poulette, un ouvrage de la fin du XIXème siècle, vieux comme le train.
Ici, le regard se perd sur les conifères de la grande forêt du Tallard.
D’un ouvrage d’art à l’autre la route défile ici, sous les arbres. Les châtaigniers sont de nouveau présents en nombre.
Plus loin, la route arrive à la gare de St-Sauveur-en-Rue. St Sauveur-en-Rue, tout le monde descend! Il y a encore la billetterie ici dans une gare fantôme. A l’époque, il fallait faire un trajet à pied pour rejoindre le bourg, situé de l’autre côté du vallon. Est-ce que les gens d’ici on gardé cet triste gare juste pour se faire encore envie?
Le GR65 ne va pas au bourg et continue sur ce que l’on nomme ici la Via Fluvia, en fait une vélo-route, une voie verte, née en 2013, avec le but de relier la Loire au Rhône en passant par le col du Tracol, empruntant d’anciennes voies de chemins de fer, très nombreuses autrefois dans le Massif du Pilat.
La cohorte des feuillus accompagne toujours le marcheur. Il y a peu de chênes, mais les érables prennent parfois ici le pouvoir.
Plus loin, à la sortie de la forêt, la route passe au lieudit Le Sapet. En dessous, de l’autre côté du vallon, s’étalent les toits rouges de St Sauveur-en-Rue.
Nous arrivons bientôt au bout de notre périple sur l’ancienne voie de chemin de fer et de ses ouvrages d’art.

Section 5: Dans la forêt de Taillard.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours casse-pattes, avec le plus souvent de fortes pentes, mais jamais au-dessus de 20% d’inclinaison.

Encore quelques minutes de répit sur l’ancienne voie de chemin de fer pour traverser un des nombreux affluents sans nom qui descendent de la forêt vers la Déôme en contre-bas. Alors le GR65 quitte l’axe, et en même temps le véloroute.
Une petite route part à angle droit et commence à monter sérieusement vers la forêt jusqu’au lieudit La Chaussée, un peu au-dessus.
Ici, le GR65 lâche le goudron pour un chemin très caillouteux.
La pente est rude, à plus de 15%, dans les prés, le long de la haie de feuillus jusqu’à l’entrée de la forêt. Ici, c’est à nouveau du calcaire et les cailloux qui roulent sous le pied, rendent l’effort encore plus soutenu.
Les pentes ne dépasseront jamais 20%, mais la pente reste rude dans la forêt. Les cailloux ne diminuent pas non plus. Et bientôt les feuillus vont disparaître au profit des conifères. Nous sommes à près de 900 mètres, une altitude que n’apprécient guère les feuillus. On voit ci et là quelques épicéas, quelques pins, mais la forêt du Taillard est le domaine préféré des grands sapins blancs pectinés.
La promenade ici est assez exceptionnelle sous les grands arbres droits comme des baguettes, avec leurs branches pesantes qui se couchent parfois jusqu’à terre.
Le large chemin dans la forêt arrive bientôt, après près d’un demi-kilomètre d’effort à l’abri d’Aiguebelle, à 966 mètres d’altitude. Près de l’abri, il y a une place de pique-nique. Nous avons tout de même pris plus de 400 mètres de dénivelé positif dans les jambes depuis Bourg-Argental. Il faudra encore monter jusqu’à 1250 mètres d’altitude pour atteindre le toit de l’étape.

Mais cet abri ne sert pas qu’à se restaurer. Certains pèlerins fort courageux qui s’arrêtent n’importe où sur le chemin y passeront parfois la nuit à l’abri de la pluie, mais peut-être pas des animaux sauvages. Un bel endroit pour faire une petite pause, non?

A partir de l’abri, la pente est légèrement moins sévère, entre 10% et 15% sur près d’un kilomètre et demi. 10% ,15%, 20%, ce sont des chiffres très voisins, mais vos jambes et votre souffle font toujours la différence.
La forêt est magnifique ici, disons-le. Par bonheur, le chemin est devenu moins caillouteux et le sol se teinte de brun, comme on le voit dans toutes les forêts de conifères. Ici, on exploite le sapin à tout-va et les longs fûts sont rangés en masse le long du chemin.
Plus haut, la pente s’efface et le chemin dodeline quasi à plat pour quelques centaines de mètres. La mousse s’insinue le long du chemin. Il doit y avoir de l’humidité souvent par ici. Nous n’aurons pas le temps, malheureusement, d’aller vérifier si s’y nichent des girolles.
Dans ce bois où la magie opère, il n’y a que des sapins pectinés, des sapins blancs. Ils ont étouffé les velléités des autres espèces. Ce sont comme des reines de beauté qui rivalisent de beauté et élégance, qui dressent leurs têtes pour tenter de capter quelques rayons de lumière. Ils s’épanouissent lorsqu’ils ont de la place, mais coincés dans la forêt, ils ne sont parfois que quelques fûts vides, avec un petit toupet de verdure sur le sommet.
Plus loin, sur un court tronçon, le chemin reprend de la pente, à plus de 15%.

Nous arrivons maintenant à 1090 mètres d’altitude, étant montés seulement d’environ 150 mètres d’altitude sur 2,8 kilomètres depuis l’Abri d’Aiguebelle. Raisonnable, non? Ici, nous sommes à 900 mètres de distance du col de Tracol.

Section 6: Une longue bosse entre le Col du Tracol et les Sétoux, pour le plaisir.

 

Aperçu général des difficultés du parcours: parcours casse-pattes, avec le plus souvent de fortes pentes, mais jamais au-dessus de 20% d’inclinaison.

A ce point du parcours, nous sommes un peu au-dessus du col du Tracol, et le chemin redescend en direction du col.

La forêt est presque divine par ici, surtout quand il fait beau comme aujourd’hui.

Le chemin arrive rapidement à une bifurcation où il trouve un autre chemin de randonnée, le GR7, qui lui revient du col et continue conjointement avec le GR65 pour quelques centaines de mètres. Attention ici! Le GR65 ne va pas vers le col. C’est surtout, juste au-dessus, qu’il faut prendre le bon chemin. Le GR7 part à gauche vers les Cévennes. Le GR65, le Chemin de Compostelle s’en va à droite en direction de Montfaucon. On ne peut pas se perdre, le panneau indiquant le gîte des Sétoux, la Riboule.
Vous pensez naïvement qu’étant arrivé au niveau d’un col, le chemin allait redescendre aussitôt. Erreur! Ici, le chemin continue à monter le long des sapins, prenant encore plus de 100 mètres d’altitude. Parfois sur le chemin où affleurent de gros cailloux, à près de 15% de pente.
Plus haut, la pente diminue et le chemin continue sa marche en avant à plat ou en légère montée.
Au lieudit Roc du Tronc, nous sommes presqu’au bout de la montée, et le chemin s’en va à plat ou en montée légère dans la forêt.
Peu après, le chemin sort des bois et amorce la descente sur les Sétoux.
La descente n’est pas longue, mais la pente est soutenue, entre 10% et 15%. On retrouve avec plaisir aussi les prés et la campagne.
Le GR65 gagne le sommet du village sur le goudron.
Les Sétoux, c’est presque une halte obligée, tant les logements sont portion congrue dans la région. Dans ce petit village de pierre, un grand gîte est présent et on peut se restaurer à l’auberge du village.

Sur la place du village, au pied de la chapelle, une stèle est élevée ici en mémoire d’un équipage d’un bombardier américain opérant durant la guerre en 1944. Un moteur en feu, l’appareil s’écrase à proximité du hameau. L’équipage (10 hommes) saute en parachute et se retrouve indemne, à l’exception d’un mitrailleur dont le parachute ne s’est pas ouvert. Le monument de commémoration a été inauguré en 1995 en présence de certains membres de l’équipage. La place porte le nom du sergent disparu.

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